Le quotidien hébréophone gratuit Israel Hayom a perdu 730 millions de shekels (190 millions de dollars) depuis sa création en 2017 jusqu’en 2014, ce qui représente un total approximatif d’un shekel (26 centimes) par journal imprimé, a rapporté Haaretz mardi matin.

Le journal, qui est celui qui circule le plus largement en Israël et qui est financé par son propriétaire, le magnat du casino américano-juif Sheldon Adelson, soutient ardemment le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son parti du Likud.

Dimanche, la Deuxième chaîne a annoncé que la police israélienne était en possession de l’enregistrement d’une conversation entre Netanyahu et Arnon “Noni” Moses – propriétaire et directeur de la publication du rival d’Israel Hayom, Yedioth Ahronoth — dans lequel Netanyahu suggère qu’il pourrait faire empêcher la publication de l’édition du week-end d’Israel Hayom en échange d’une couverture plus favorable à son égard de la part du Yedioth.

L’existence potentielle d’un tel enregistrement a créé une onde de chocs en Israël alors que Netanyahu a, à de multiples occasions, eu des mots très durs envers Mozes, affirmant que le directeur de la publication voulait le renverser et qualifiant de « nonists » les opposants politiques salués par le journal.

L'éditeur et le propriétaire de Yedioth Ahronoth,  Arnon 'Noni' Mozes à Tel Aviv le 26 mars 2014 (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

L’éditeur et le propriétaire de Yedioth Ahronoth, Arnon ‘Noni’ Mozes à Tel Aviv le 26 mars 2014 (Crédit : Roni Schutzer/Flash90)

De plus, l’annonce de cet enregistrement a mis en lumière l’existence potentielle d’une relation quelque peu troublante entre Netanyahu et le journal gratuit, malgré les démentis répétés au cours des années de Netanyahu sur son éventuelle influence auprès d’Israel Hayom et sur son contenu.

Le journal, qui a commencé à publier cinq fois par semaine et introduit, en 2009, une édition du week-end, a longtemps été discret sur l’origine de ses flux de recettes et, en 2016, Israel Hayom a vivement recommandé que les informations concernant ses ventes restent secrètes dans le cadre d’un conflit qui l’opposait à un ancien employé, selon Haaretz.

Le financement et le contenu d’Israel Hayom a longtemps été source de contestation, les opposants à Netanyahu clamant que le journal constitue un outil de campagne politique en faveur du Premier ministre en place et du Likud, une accusation écartée par le Contrôleur de l’Etat Yossef Shapira au mois d’octobre 2016.

L'homme d'affaires milliardaire américain Sheldon Adelson rencontre Benjamin Netanyahu durant une cérémonie à Jérusalem, le 12 août 2007. (Crédit photo : Flash90)

L’homme d’affaires milliardaire américain Sheldon Adelson rencontre Benjamin Netanyahu durant une cérémonie à Jérusalem, le 12 août 2007. (Crédit photo : Flash90)

Lundi, le leader de l’opposition Isaac Herzog a déclaré que “les rapports faisant état de la conversation entre le Premier ministre et [Arnon] Noni Mozes, directeur de la publication de Yedioth Ahronoth, correspondent aux affirmations selon lesquelles le journal Israel Hayom serait dirigé par et pour Benjamin Netanyahu.”

Il a réclamé l’ouverture d’une enquête sur le lien de proximité qui, a-t-il prétendu, existe entre Netanyahu et Israel Hayom.

Herzog a également demandé au Procureur Général Avichai Mandelblit de démettre immédiatement Netanyahu de ses fonctions à la tête du ministère des Communications, disant que les dernières révélations faites et les enquêtes policières sur les liens entretenus par le Premier ministre et les médias démontrent que Netanyahu a un intérêt significatif avec ce journal, en plus d’un lien direct, ce qui le disqualifie à ce poste ministériel.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.