C’est un rabbin populaire qui avait fait une tentative d’entrer à la Knesset l’hiver dernier. Amnon Yitzhak, un rabbin d’origine yéménite, a attaqué verbalement les deux Grands Rabbins David Lau et Yitzhak Yossef pour avoir rencontré le pape François qui est, pour lui, une « idole ».

Yitzhak avait déjà fait les manchettes des journaux au mois de novembre, quand il a déclaré qu’il était « impudique » pour les femmes de conduire, indiquant que dans le passé, seuls les hommes conduisaient des chariots tirés par des chevaux.

Le rabbin, connu pour convaincre des masses d’Israéliens laïcs à embrasser la pratique religieuse – en les avertissant, entre autres, du terrible sort qui les attendrait s’ils persistaient dans leurs errements – a déclaré que serrer la main du chef spirituel des catholiques était un péché.

Pendant un cours de Torah, Yitzhak a affirmé : « Ceux qui vont rencontrer le pape aujourd’hui et lui serrer la main sont la source ultime d’impureté. Est-ce ce qu’ils ont été choisis pour cela ? ».

Il a ajouté que ce n’était pas un « honneur » de « serrer la main de l’idole », et que les actes de ces rabbins ne plairaient sûrement pas à Dieu.

« Dieu est-il heureux aujourd’hui, de voir les grands Rabbins de l’Etat d’Israël en train de serrer la main de l’idole ? »

Il a appelé le Rav Yitzhak Yossef, Grand Rabbin séfarade et fils de feu le Rav Ovadia Yossef [le plus grand décisionnaire séfarade de l’après-guerre, décédé en 2013], à démissionner.

Le Rav Yossef portait un pendentif en or en forme des tablettes de pierre sur lesquelles les Dix Commandements ont été écrits, comme c’était la coutume de son père, pour faire contrepoids à la croix portée par le pape.

« Pourquoi vous abaissez-vous ? », a accusé Amnon Yitzhak s’en prenant au Rav Yossef. « Vous êtes un représentant de l’Etat d’Israël. Vous êtes un rabbin pour quoi ? Pour purifier un sheretz ? », a-t-il poursuivi, en utilisant ce mot hébreu qui signifie à la fois un animal mort et une source d’impureté rituelle qui ne peut être purifiée.