Une frappe israélienne contre une base militaire aérienne proche de Damas la semaine dernière ciblait un convoi d’armes chimiques destinées au groupe terroriste chiite du Hezbollah, a déclaré dimanche une figure de l’opposition syrienne.

Fahed al-Masri a également déclaré à la radio publique israélienne que l’Etat islamique, le Hezbollah et des combattants iraniens continueraient d’avancer sur la frontière israélo-syrienne tant que le président Bashar el-Assad resterait au pouvoir.

Al-Masri, porte-parole du Front de salut national en Syrie, a déclaré à la radio que son parti ne cherchait pas un soutien israélien militaire dans sa bataille pour évincer Assad du pouvoir, revenant sur un appel impopulaire auprès de la population demandant de l’aide à l’armée israélienne la semaine dernière.

En accord avec sa politique de ne pas reconnaître officiellement des frappes en Syrie, l’armée a refusé dimanche de commenter sur la frappe ou sa cible présumée, bien qu’Israël a publiquement affirmé qu’il ne permettrait pas le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah.

Fahed Al-Masri, porte-parole du Front de salut national en Syrie, opposant au régime d'Assad, demande un soutien militaire à Israël le 2 décembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Fahed Al-Masri, porte-parole du Front de salut national en Syrie, opposant au régime d’Assad, demande un soutien militaire à Israël le 2 décembre 2016. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Dans un aveu rare mais non spécifique, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a reconnu mercredi qu’Israël était responsable de « ce qui a été fait en Syrie », déclarant que les frappes récentes avaient pour objectif d’empêcher des « armées sophistiquées, des équipements militaires et des armes de destruction massive » d’atteindre le Hezbollah.

Devant les ambassadeurs de l’Union européenne, le ministre de la Défense avait souligné qu’Israël ne voulait pas s’impliquer dans la guerre civile syrienne, mais agirait pour « défendre la sécurité de nos citoyens et protéger notre souveraineté ».

Les déclarations d’Al-Masri à la radio publique israélienne ont eu lieu quelques jours après qu’il a publiquement exhorté l’armée israélienne à étendre l’aide militaire aux rebelles syriens, affirmant qu’une Syrie libérée d’Assad serait bonne pour Israël.

« Vous devez comprendre que la mise en place d’un état alaouite sur un sol sunnite n’est pas dans votre intérêt. Votre intérêt est une Syrie unifiée », avait-il déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux de son groupe et traduite par la Deuxième chaîne.

Une frappe de missile présumée israélienne sur l'aéroport militaire syrien de Mazzé, près de Damas, le 7 décembre 2016. (Crédit : Twitter)

Une frappe de missile présumée israélienne sur l’aéroport militaire syrien de Mazzé, près de Damas, le 7 décembre 2016. (Crédit : Twitter)

Si Assad est vaincu, a affirmé al-Masri, le nouveau gouvernement syrien naturalisera les réfugiés palestiniens qui vivent en Syrie et reconnaitra en partie l’annexion israélienne du plateau du Golan.

Il a également demandé de l’aide pour les rebelles syriens pour des raisons humanitaires. Al-Masri a déclaré que comme les juifs avaient souffert pendant l’Holocauste, Israël devait comprendre qu’un génocide avait lieu en Syrie.

Selon la Deuxième chaîne, l’appel d’al-Masri à une coopération avec Israël avait déclenché un tollé dans le monde arabe.