Une nouvelle étude publiée dans The Lancet Global Health Journal de ce mois-ci place le régime alimentaire de l’Israélien moyen parmi les plus sains du monde.

L’étude, qui portait sur les habitudes alimentaires, bonnes et mauvaises, des adultes dans 187 pays, place Israël à la neuvième place du classement général.

L’étude, dirigée par le Dr Fumiaki Imamura de l’Université de Cambridge, est la première à évaluer simultanément la qualité de l’alimentation dans un si grand nombre de pays, couvrant ainsi au total 4,5 milliards de personnes.

En Israël, comme dans presque tous les pays du monde, l’alimentation s’améliore avec l’âge, avec des adultes dans leur cinquantaine ou soixantaine mangeant des aliments plus sains, tout en évitant les plus néfastes.

Cependant, les jeunes Israéliens ont tendance à aimer un peu trop la « malbouffe ».

Dans une étude métrique séparée évaluant la consommation des aliments moins sains, les Israéliens sont dans la moyenne, au milieu du tableau et non au sommet, comme ils le sont pour leur consommation d’aliments sains.

Les personnes en bonne santé mangent généralement des aliments tels que les céréales, les haricots et les légumineuses, le lait, les fibres alimentaires, le poisson riche en oméga-3 et les fruits, tout en mangeant moins d’aliments mauvais pour la santé, y compris les viandes transformées, les boissons gazeuses sucrées et les aliments avec des niveaux élevés de sodium et de gras trans (une catégorie qui comprend la plupart des collations industrielles).

Les chercheurs n’ont pas mené leur propre enquête, mais ont utilisé un large éventail de sources de données, y compris les enquêtes alimentaires représentatives au niveau national, des enquêtes locales et des rapports de l’ONU. Ils ont également ajusté leurs données pour prendre en compte l’apport énergétique total et évaluer ainsi la qualité, dans la mesure du possible, indépendamment de la quantité.

Le régime alimentaire sain mesuré par Imamura et son équipe est en fait assez similaire au régime méditerranéen tant vanté, généralement riche en protéines et en acides oméga. D’autres pays méditerranéens – Chypre, la Grèce, la Jordanie et le Liban – ont aussi de bons résultats.

Selon les chercheurs, les Israéliens mangent moins de gras saturés que la plupart des Occidentaux, et ont généralement parmi les plus faibles taux de cholestérol dans le monde.

Le beurre est peu consommé en Israël, au contraire du soja, du maïs et de l’huile de carthame, comme le note le rapport.

Les chercheurs estiment que cela se traduit par un « apport d’acide linoléique d’environ 11 % des calories et un rapport de linoléique en acide alpha-linolénique [oméga-3 d’acide gras de la base de plantes plus facilement disponible] dans le régime israélien d’environ 26 : 1 ».

Selon les chercheurs israéliens Daniel Yam, Abraham Eliraz et Elliot Berry, les Juifs Israéliens peuvent être considérés comme faisant partie d’une expérience alimentaire basée sur les effets d’un régime riche en acide gras et oméga-6 polyinsaturés.

Parmi les pays avec les pires régimes alimentaires, on peut compter les Etats-Unis et le Canada, la plupart des pays de l’Europe centrale et septentrionale, la Russie, l’Inde et la Chine – ce qui, selon les auteurs, n’est pas surprenant, étant donné la prévalence de la « culture fast-food ».

Ce sont les pays d’Afrique centrale qui ont obtenu le meilleur classement – avec le Tchad ayant la plus saine alimentation, suivi par d’autres pays d’Afrique dont le Sierra Leone, le Mali, la Gambie, l’Ouganda, le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

Selon le rapport, cela peut s’expliquer par le fait que les Africains n’ont pas l’argent pour acheter les aliments hautement transformés comme les Occidentaux le font, et s’en tiennent à un régime plus simple, et donc plus sain.

« En 2020, les projections indiquent que les maladies non transmissibles représenteront 75 % du total des décès.

L’amélioration du régime alimentaire a un rôle crucial à jouer dans la réduction de ce fardeau, » affirme Imamura.

« Nos résultats ont des implications pour les gouvernements et les organismes internationaux à travers le monde. Les actions politiques dans plusieurs domaines sont essentielles pour aider les gens à atteindre une alimentation optimale et ainsi contrôler l’épidémie de l’obésité et réduire les maladies non transmissibles dans toutes les régions du monde. »