LOS ANGELES – Les étudiants de UCLA ont promis de reprendre leurs protestations contre Gabriel Piterberg, un historien qui a grandi en Israël. Piterberg avait fait l’objet de plusieurs accusations de harcèlement sexuel par deux étudiantes.

Diplômé de l’université de Tel-Aviv, il a effectué son service militaire en Israël. Piterberg est connu pour sa critique virulente d’Israël et de ses fondateurs.

Piterberg s’est présenté lundi pour son cours, pour la première fois depuis qu’il a classé une affaire de harcèlement, avec l’université. Il a été accueilli par une classe qui scandait « Hé ho, hé ho, Piterberg doit s’en aller », selon le journal étudiant Daily Bruin et les membres du groupe Bruins Against Sexual Harassment.

Sur une photo prise en classe, on peut lire sur le tableau noir « Si un enseignant titulaire agresse sexuellement ses propres élèves, c’est un abus de pouvoir ».

Vingt minutes après le début du cours, un élève s’est levé et a quitté la salle. Piterberg a libéré ses autres élèves et annulé son cours de l’après-midi. Les manifestants ont déclaré qu’ils reviendraient et continueraient leurs perturbations pendant les cours de Piterberg.

En 2013, deux étudiantes ont accusé Piterberg, 61 ans, de les avoir harcelées pendant de nombreuses années, en tenant des propos à tendance sexuelle, en plaquant son corps contre le leur, et en mettant de force sa langue dans leur bouche, a rapporté le Los Angeles Times.

Piterberg, qui a refusé toutes les demandes d’interviews, a officiellement rejeté les accusations portées contre lui. Mais en 2014, il a accepté un accord conclu avec l’administration de l’université de Californie. Il a dû payer une amende de 3 000 dollars, une suspension sans solde pour un trimestre et a accepté d’assister à une session de formation contre le harcèlement sexuel.

Il a également été démis de ses fonctions de directeur du Gustav von Grunebaum Center for Near Eastern Studies à UCLA et il lui est désormais interdit de rencontrer individuellement certains étudiants, sauf pendant les heures de bureau, et seulement si la porte reste ouverte.

Cet accord n’a pas exclu le retour de Piterberg à son poste d’enseignant. L’université a été jugée trop indulgente dans cette affaire.

Un groupe de 38 professeurs d’histoire a envoyé une lettre au doyen de l’UCLA, Gene Block, dans laquelle ils déclarent : « Les étudiants, le personnel et les professeurs doivent affronter la présence d’un harceleur officiel ». Ils ont également souligné que Piterberg n’avait exprimé aucun remords pour ses actions ni pour les préjudices causés au département d’Histoire.

Selon son CV, Piterberg a servi dans l’armée israélienne au début des années 1980, et a été témoin d’opérations menées contre les forces de l’OLP dans le sud du Liban.

Il est né à Buenos Aires, en Argentine, mais a grandi en Israël. Après son service militaire, Piterberg a étudié et brillamment obtenu ses diplômes universitaires de l’Université de Tel Aviv en Histoire du Moyen-Orient et sciences politiques, et un doctorat de l’Université d’Oxford, où ses recherches ont porté sur l’histoire de l’Empire ottoman.

Par la suite, il a enseigné à l’université de Durham en Angleterre et à l’université Ben Gurion dans le Néguev. En 1999, il a rejoint la faculté d’Histoire de UCLA, et est devenu professeur titulaire en 2008. En 2009, il a été promu directeur du Centre d’études du Proche-Orient de l’UCLA.

C’est à travers des colloques et des publications spécialisées que Piterberg a acquis une réputation de critique implacable de la création et de l’existence d’Israël. Il se décrit comme « non seulement non-sioniste, mais d’une certaine manière également anti-sioniste ».

Judea Pearl, professeur d’informatique et directeur du Cognitive Systems Laboratory a été l’un des détracteurs les plus virulents à l’égard de Piterberg. Lui et son épouse Ruth, sont les cofondateurs de la Fondation Daniel Pearl, créée à la mémoire de leur fils, journaliste au Wall Street Journal assassiné par des extrémistes islamistes au Pakistan en 2002.

« Piterberg appartient à une catégorie d’historiens d’extrême gauche qui se donnent le droit de réinterpréter l’histoire pour la faire correspondre à leurs opinions politiques », a déclaré Pearl.

Pearl a également affirmé que Piterberg a grandement nui à l’UCLA et à son département d’Histoire en essayant de légitimer les mouvements anti-Israël sur le campus et de « démoraliser les étudiants juifs ».