Le roi Salmane d’Arabie saoudite a émis l’espoir qu’un accord final sur le programme nucléaire iranien renforce la sécurité régionale au Moyen-Orient, lors d’un entretien téléphonique avec le président américain Barack Obama, a rapporté l’agence officielle SPA.

Il s’agit du premier commentaire de l’Arabie saoudite, le rival régional de l’Iran, sur l’accord nucléaire conclu entre la République islamique et les grandes puissances.

Au cours de l’entretien jeudi soir à l’initiative d’Obama, le souverain saoudien a « espéré que l’on parvienne à un accord final contraignant qui conduira au renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région et dans le monde », a précisé l’agence.

Les grandes puissances et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne, en Suisse, un accord d’étape « historique » sur le nucléaire iranien, ouvrant la voie à la possibilité d’un accord final d’ici le 30 juin, sans toutefois lever toutes les inquiétudes et la méfiance réciproque.

En saluant la conclusion de cet accord, Obama a annoncé son intention de réunir au printemps à Camp David, aux Etats-Unis, les dirigeants des monarchies du Golfe pour étudier la façon de renforcer la coopération et essayer de résoudre « les multiples conflits à l’origine de tant de souffrances et d’instabilité à travers le Moyen-Orient ».

L’Arabie saoudite, à l’instar de la plupart des pays du Golfe, est très méfiante à l’égard de l’Iran, son rival régional, redoutant notamment que ce pays n’encourage, par son programme controversé, la course à la prolifération nucléaire dans la région.

Elle accuse en outre Téhéran de soutenir les rebelles chiites Houthis au Yémen contre lesquels elle a lancé une campagne de frappes aériennes le 26 mars.

Pour sa part, le sultan Oman, dont le pays entretient de bonnes relations avec la République islamique, s’est félicité vendredi de l’accord de Lausanne, qualifié d’ « historique ».

Dans un communiqué de son ministère des Affaires étrangères à Mascate, il a ajouté qu’un accord final attendu en juin devrait ouvrir « une nouvelle ère pour davantage de sécurité et stabilité aux plans régional et international ».

Oman avait servi d’intermédiaire dans les négociations entre Washington et Téhéran sur le programme nucléaire iranien, notamment lors du dernier cycle de tractations à Mascate début novembre 2014 et lors de sessions de discussions secrètes en 2011-2012.

Bahreïn, dont les relations sont tendues avec l’Iran, a salué l’accord cadre et souhaité, selon l’agence officielle Bna, que Téhéran « change de politique pour ne pas s’ingérer dans les affaires internes des autres pays du Golfe ».