Le roi Salmane d’Arabie saoudite a reçu mardi le président libanais Michel Aoun, élu en octobre à la tête de l’Etat avec le soutien du Hezbollah, allié du régime syrien et de l’Iran qui est le grand rival régional de Ryad.

La rencontre s’est déroulée autour d’un déjeuner à Ryad, a indiqué l’agence officielle saoudienne SPA sans préciser la teneur des discussions.

Dans une longue interview à la télévision d’Etat saoudienne Al-Ekhbaria, le général Aoun a indiqué que son pays voulait développer les relations avec l’Arabie saoudite.

Il a ajouté que les ministres libanais des Affaires étrangères, des Finances et de l’Information devaient explorer, à l’occasion de cette visite, les possibilités d’une meilleure coopération avec Ryad où le président Aoun était arrivé lundi.

Les relations entre l’Arabie saoudite et le Liban passent par une période de froid.

Après avoir gelé en février 2016 le financement d’un contrat de 3 milliards de dollars pour la fourniture au Liban d’armes françaises, Ryad a déclaré en mars le Hezbollah « organisation terroriste ».

Interrogé sur le gel de ce financement, le président Aoun a déclaré à Al-Ekhbaria que cette question devait être soulevée avec ses hôtes saoudiens.

Outre le soutien du Hezbollah, Michel Aoun a été élu par le Parlement grâce aussi à l’appui de deux de ses adversaires politiques : le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea et l’ancien Premier ministre Saad Hariri, tous deux hostiles au Hezbollah.

L’influence de M. Hariri s’est affaiblie en raison de difficultés financières et d’un désengagement partiel de l’Arabie saoudite, son allié traditionnel.