La Jordanie a la capacité militaire de résister à une avancée sur ses frontières de l’État islamique, a affirmé dimanche le roi de Jordanie, après que 11 membres du groupe extrémiste aient été arrêtés pour un complot terroriste présumé dans le Royaume hachémite.

« Nous avons riposté plusieurs fois au cours des derniers mois, contre ceux qui sont venus à nos frontières ou ont tenté de le faire, » a déclaré le roi Abdallah II dans une interview à l’émission « Sixty Minutes » de CBS dimanche. « Donc, nous avons été, d’une certaine manière, agressifs pour s’assurer que nos frontières soient défendues ».

Il a ajouté que les frontières du royaume étaient « extrêmement sûres » et a noté que les pays de la région étaient unis dans leur détermination à endiguer la menace djihadiste en Syrie et en Irak.

« L’EI, je pense, a déclenché une prise de conscience qu’il était temps pour nous tous de choisir notre camp dans la lutte du bien et du mal, » a-t-il déclaré. « Et cela va rassembler toutes les religions au-delà de toutes leurs divisions pour aller combattre ce qui représente un combat juste ».

Le roi de Jordanie a poursuivi en déclarant que la menace posée par l’Etat islamique était unique, en ce sens que le groupe avait réussi lui-même à se financer et ne dépendait pas de facteurs étrangers.

« Ils peuvent produire dans un an, dans un cycle d’un an, jusqu’à près d’un milliard de dollars de produits dérivés du pétrole qu’ils vendront évidemment à bas prix, à environ 30 dollars le baril, » a-t-il fait savoir. « Ce qui signifie qu’ils peuvent payer un grand nombre de combattants étrangers pour qu’ils viennent lutter avec eux. Et qu’ils peuvent acheter des armes ».

Abdallah II a soutenu que la vague phénoménale de l’État islamique aurait pu être évitée, si les États-Unis et la communauté internationale avaient pris des mesures de suivi afin de démanteler les sources de revenus du groupe extrémiste.

« [La montée de l’Etat islamique] aurait pu être évitée si la communauté internationale avait travaillé de concert pour s’assurer que le financement et le soutien aux groupes originels en Syrie ne puissent être autorisés » a-t-il estimé.

« Je pense que nous aurions pu faire un meilleur travail en faisant en sorte que ces groupes soient identifiés plus tôt et que l’action de la communauté internationale ne permette pas que cela se produise ».