Le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé « les mesures unilatérales » d’Israël à Jérusalem et a appelé à une reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes dans un discours prononcé dimanche au parlement de Jordanie.

Affirmant que Jérusalem a été « arrosée par le sang et les sacrifices de nos martyrs », et qualifiant l’opération israélienne à Gaza
d’ « horrible », Abdallah a fustigé le gouvernement israélien et a déclaré qu’Amman accepterait de collaborer avec les Nations unies pour faire avancer la cause palestinienne.

« La Jordanie continuera à faire face, par tous les moyens disponibles, aux mesures unilatérales israéliennes à Jérusalem afin de préserver les Lieux saints musulmans et chrétiens, jusqu’à ce que la paix soit rétablie » a-t-il déclaré.

Abdallah s’est fait entendre au cours des dernières semaines dans sa critique de la politique israélienne à Jérusalem-Est, ce qui incluait des propos rapportés à des députés jordaniens dans lesquels il semblait assimiler Israël à l’organisation djihadiste Etat islamique.

Il aurait également fait pression, dit-on, pour assurer que la Knesset ne fasse pas passer une loi qui permettrait aux Juifs de prier sur le mont du Temple.

Les tensions sur le site, connu sous le nom de « Haram al-Sharif » pour les musulmans, sont la toile de fond d’émeutes devenues quotidiennes dans certains quartiers de Jérusalem-Est. Elles sont venues en réponse aux décisions israéliennes de poursuivre les constructions dans les quartiers juifs et aux appels lancés par les responsables palestiniens à « défendre » le mont du Temple contre les visites des Juifs israéliens.

L’initiative a entraîné la condamnation de Palestiniens et d’autres, et le site a été ouvert à certains fidèles musulmans vendredi et dimanche ; les visiteurs juifs, qui n’ont pas le droit d’y prier, ont également été autorisés à se rendre sur le site.

Abdallah II a également abordé les efforts lents mais continus pour reconstruire Gaza après la guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas ; celle-ci a laissé une partie de la population sans-abri et sans eau courante.

« Nous allons continuer à mobiliser l’aide internationale pour la reconstruction de Gaza, à la suite de l’ignoble agression israélienne qui a tué des milliers de nos frères palestiniens et détruit leurs moyens de subsistance» a-t-il assuré.

« Pour qu’une telle agression ne se répète pas, les négociations sur le statut final doivent reprendre, conduisant à une paix stable sur la base d’une solution à deux Etats selon le Droit international et l’Initiative de paix arabe, permettant aux Palestiniens de mettre en place leur Etat indépendant sur ​​leur propre terre, avec Jérusalem-Est comme capitale ».

Tournant son attention vers les troubles régionaux, Abdallah a condamné les groupes djihadistes qui assassinent au nom de l’islam, en disant que la Jordanie devait se défendre.

« La guerre contre ces organisations terroristes et leur idéologie radicale est notre guerre parce que nous sommes visés et que nous devons nous-mêmes défendre l’islam et les valeurs de tolérance et de modération ainsi que la lutte contre l’extrémisme et le terrorisme, » a-t-il déclaré. « Quiconque soutient cette idéologie extrémiste ou tente de la justifier est un ennemi de l’islam, de la patrie et des valeurs humaines. »

Alors que l’État islamique et d’autres groupes djihadistes ont pris le contrôle de larges pans de la Syrie et de l’Irak voisines, la Jordanie a sécurisé ses frontières et pris des mesures sévères pour lutter contre l’extrémisme à l’intérieur.

En septembre, la Jordanie avait fait savoir qu’elle avait arrêté 11 membres de l’Etat islamique soupçonnés d’avoir préparé des attentats terroristes à l’intérieur du Royaume hachémite. Une source de sécurité a déclaré que les suspects avaient l’intention de nuire à des intérêts de grande valeur dans le pays et reconnu la réalité des accusations portées contre eux, a rapporté la radio israélienne.

La Jordanie a également apporté son soutien à une coalition sous commandement américain qui a mené des frappes aériennes contre les combattants de l’Etat islamique en Syrie en Irak, même si elle n’a pas contribué à la force de combat.

Pendant ce temps, malgré la rhétorique d’Abdallah contre la politique israélienne à Jérusalem-Est, la Jordanie a également solidifié ses liens avec Israël, avec qui elle a conclu un traité de paix, et a consenti à une offre de 15 milliards de dollars de Delek Group Ltd. et de Nobel Energy Inc. afin de recevoir du gaz naturel à partir d’Israël au cours des 15 prochaines années.

L’accord est intervenu après plusieurs années tumultueuses qui ont vu la livraison de gaz naturel entre l’Egypte et la Jordanie fréquemment interrompue en raison des renversements politiques en Egypte et de sabotages par des groupes militants dans la péninsule du Sinaï.