Le roi du Maroc aurait envoyé un ancien négociateur marocain juif pour pousser à une rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, afin de renouveler le processus de paix.

Mohammed VI fait des efforts pour faciliter la rencontre en utilisant Sam Ben Shitrit, a annoncé lundi la Deuxième chaîne.

Ben Shitrit est le fondateur et le président de la fédération mondiale des juifs marocains, et a en plusieurs occasions agit comme intermédiaire entre Israël et le Maroc, qui n’ont pas de relations diplomatiques officielles.

Selon le reportage télévisé, Ben Shitrit a arrangé une rencontre entre plusieurs hauts fonctionnaires de l’Autorité palestinienne et d’Israël qui aura lieu en fin de semaine. Netanyahu et Abbas ont donné leur accord pour la rencontre et aurait même exprimé la volonté de se rencontrer l’un l’autre.

Mohammed VI du Maroc (à gauche) et Abdallah II de Jordanie le 11 mars 2015 au Maroc (Crédit : AFP)

Mohammed VI du Maroc (à gauche) et Abdallah II de Jordanie le 11 mars 2015 au Maroc (Crédit : AFP)

Netanyahu aurait déclaré à Ben Shitrit que le projet du roi était une opportunité de reprendre les discussions entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Pendant une récente rencontre avec Ben Shitrit, Abbas a pour sa port déclaré qu’il serait prêt à rencontrer Netanyahu sans conditions préalables pour reprendre les négociations, a annoncé la Deuxième chaîne.

Après cette rencontre, Ben Shitrit aurait envoyé une lettre à Netanyahu citant Abbas déclarant : « Au début du mois prochain, j’écrirai une lettre personnelle à Netanyahu proposant de le rencontrer. »

Les dirigeants israélien et palestinien n’ont pas encore eu de réunions officielles en cinq ans. Ils ont été pour la dernière fois photographiés ensemble en novembre 2015, se serrant la main en marge de la conférence sur le changement climatique organisée à Paris. Après une photo de groupe de plus de 150 dirigeants mondiaux assistant à la conférence, Netanyahu et Abbas ont pu être vus échangeant quelques mots pendant une rencontre qui n’a pas duré plus de quelques secondes.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de la photo de famille de la COP21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, au Bourget , le 30 novembre 2015.(Crédit : Martin Bureau/Pool/AFP)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors de la photo de famille de la COP21, la conférence des Nations unies sur le changement climatique, au Bourget , le 30 novembre 2015.(Crédit : Martin Bureau/Pool/AFP)

« Il est important que le monde voit que nous sommes prêts à parler », avait plus tard déclaré Netanyahu, soulignant cependant que c’était simplement un acte de « protocole » puisqu’il s’est trouvé qu’ils étaient proches l’un de l’autre. « D’autre part, nous n’avons pas d’illusion sur Abu Mazen [Abbas]. L’incitation [à la violence] joue un rôle central dans [la promotion] du terrorisme, et Abu Mazen doit cesser ses incitations », avait-il ajouté.

Le Premier ministre a accusé Abbas d’inciter [à la violence] contre Israël, mentant ouvertement à propos des projets israéliens de modifier l’accord du mont du Temple, et jouant ainsi un rôle un encourageant la vague actuelle d’attaques terroristes palestiniennes contre des Israéliens.

Les efforts annoncés du roi du Maroc pour faciliter une nouvelle rencontre interviennent alors que nombre d’acteurs internationaux poussent à la reprise des négociations de paix.