Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a mesuré mardi l’ampleur de la destruction dans la bande de Gaza et annoncé un premier chargement de matériel destiné à la reconstruction, pour laquelle les donateurs ont promis 5,4 milliards de dollars.

Le secrétaire général et sa délégation embarqués dans des jeeps blanches frappées du sigle de l’ONU ont cahoté à travers des blocs entiers écrasés par les bombes dans ce quartier situé à l’est de la ville de Gaza, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec Israël. Ils ont été salués à leur passage par certains des centaines de milliers de Palestiniens déplacés par la guerre.

La désolation est bien plus grande encore que celle qu’il avait déjà constatée en 2009 après l’opération « Plomb durci », a-t-il dit.

« Mon coeur est très, très lourd », a dit le secrétaire général lors de sa première visite dans la bande de Gaza depuis la guerre de juillet et août, « l’ampleur de la destruction que j’ai vue en venant ici dépasse toute description ».

Ban a aussi annoncé que le premier camion transportant du matériel de reconstruction en vertu d’un accord entre l’ONU, Israël et l’Autorité palestinienne arriverait le jour même à Gaza.

L’importation de ce matériel est un enjeu majeur entre Israéliens et Palestiniens. Sans lui, les Palestiniens ne peuvent reconstruire. Mais les Israéliens veulent la garantie que le matériel délivré ne sera pas détourné pour produire des armes ou creuser des tunnels, comme ceux dont s’est servi le Hamas pour attaquer Israël et dont la destruction a été l’un des objectifs capitaux de la dernière opération israélienne.

Le secrétaire général de l’ONU a commencé par aller se rendre compte de l’étendue de la dévastation à Chajaya, l’un des quartiers de Gaza les plus durement éprouvés par la guerre de juillet et août.

De nombreux bâtiments de ce quartier situé à quelques kilomètres seulement de la frontière israélienne ont été écrasés sous les bombardements.

Ban, dont la dernière visite dans le territoire remontait à 2012, avait indiqué dimanche qu’il se rendait dans la bande de Gaza meurtrie « pour écouter directement les gens de Gaza ».

L’ONU, déjà un acteur majeur dans le territoire, l’est encore davantage à l’heure de la reconstruction.

Ban vient aussi signifier son soutien et « partager le chagrin » des personnels de l’ONU, a dit à l’AFP Christopher Gunness, porte-parole de l’UNRWA, l’omniprésente agence onusienne pour l’aide aux réfugiés palestiniens. Cette dernière a perdu 11 de ses 13 000 collaborateurs durant la guerre.

Des établissements de l’UNRWA avaient servi au Hamas pour abriter des roquettes de l’arsenal du groupe terroriste.

Ban a prévu de tenir une conférence de presse à Jabaliya, dans l’une des trois écoles de l’ONU transformées en abri pour les réfugiés et atteintes par les bombardements pendant la guerre.

Des dizaines de personnes y avaient été tuées. Ban avait alors dénoncé « un scandale du point de vue moral et un acte criminel », ainsi qu’une « violation flagrante du droit humanitaire international ».

Ban devait aussi rencontrer des ministres du gouvernement d’unité palestinien, qui vient de reprendre pied dans la bande de Gaza après sept ans de domination quasiment sans partage de l’organisation radicale islamiste Hamas.