Le sénateur américain Lindsey Graham a menacé samedi de suspendre le financement américain de l’ONU, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’en est pris à l’Autorité palestinienne, suite aux déclarations sur la résolution des Palestiniens au Conseil de sécurité de l’ONU appelant à la création de leur Etat d’ici deux ans.

« C’est la même AP qui s’est jointe au Hamas, qui incite constamment à la haine et à la violence contre Israël et qui essaie aujourd’hui de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour imposer une résolution avec des conditions qui mettraient à mal notre sécurité », a lancé le Premier ministre samedi lors d’une conférence de presse à Jérusalem avec le sénateur républicain de Caroline du Sud.

« Nous allons fermement tenir et rejeter un tel diktat », a déclaré Netanyahu.

Graham, un sénateur pro-israélien convaincu, a exprimé son soutien à la position du chef de l’exécutif israélien, déclarant que le Congrès n’allait pas « s’asseoir et permettre aux Nations Unies de prendre en charge le processus de paix. »

Graham est allé jusqu’à dire que « tout effort par les Français, par les Jordaniens ou par n’importe qui d’éviter des négociations directes entre les Israéliens et les Palestiniens sur le processus de paix, toute personne qui essaie de porter cela au Conseil de sécurité de l’ONU » rencontrera « une violente réaction du Congrès qui pourrait aller jusqu’à la suspension de fonds pour l’ONU. Nous n’allons pas rester les bras croisés et permettre aux Nations unies de prendre en charge le processus de paix ».

Il a également déclaré que le Congrès américain « vous soutient, même avec deux partis ; le Parti républicain dirige maintenant la Chambre et le Sénat, et les choses vont être un peu différentes. Mais une chose est constante : il y aura un soutien bipartisan » en faveur d’Israël.

Netanyahu a également évoqué l’Iran et les informations selon lesquelles la République islamique a développé un nouveau type de drone dans leur quête de programme nucléaire : « L’Iran a mené aujourd’hui un exercice avec un drone-suicide. Je n’ai pas à vous convaincre, Monsieur le Sénateur, que la tâche la plus importante qui nous attend est d’empêcher que ce régime dangereux ne détienne des armes nucléaires. Et je crois que ce qui est requis, ce sont plus de sanctions, et des sanctions plus sévères. »

« Si l’Iran s’éloigne de la table des négociations, des sanctions seront imposées de nouveau », a déclaré Graham.

« Si l’Iran triche concernant tout accord que nous mettons en place, des sanctions seront de nouveau imposées. Il est important que les Iraniens soient au courant que, d’un point de vue américain, les sanctions sont bel et bien réelles. Nous allons donc suivre votre conseil », a assuré Netanyahu.

« Vous verrez un Congrès très vigoureux, quand il s’agit de l’Iran, a poursuivi Graham. Vous verrez un Congrès veillant à ce que les sanctions soient réelles et de nouveau imposées s’il le faut. Vous verrez un Congrès qui voudra avoir son mot à dire sur tout accord final. »

Le mois dernier, Lindsey Graham a confié à son auditoire lors de la conférence inaugurale du Conseil israélo-américain que la majorité républicaine au Sénat allait mettre en place un projet de loi qui soumettrait tout accord nucléaire de l’Iran à l’examen du Congrès.