RIO DE JANEIRO – Un représentant juif brésilien a été accusé par l’un des membres de son parti de comportement nazi, pour avoir recommandé que le président du Brésil soit mis en examen.

« Je ne baisserais jamais la tête, devant quiconque, que l’injure portée contre moi est une atrocité raciste faisant allusion à ma religion, même masquée par un jeu de mots. Je suis le seul Juif élu, ce qui rend la diffamation encore plus sérieuse », a déclaré jeudi Sergio Zveiter.

Zveiter, qui est actuellement le seul élu juif au Congrès brésilien, est l’auteur de l’accusation soumise au Congrès pour dénoncer le président Michel Temer pour corruption passive. Si la plénière accepte cette recommandation, Temer sera jugé par la Cour suprême du pays.

« Nous allons déchirer notre code pénal. C’est une excuse pour le nazisme et le fascisme. Mussolini était le diable. Hitler était le diable avec sa politique. Le comportement du représentant était triste », a déclaré Darcisio Perondi, membre du Congrès, en parlant de l’élu juif pour défendre le président Temer.

Le président brésilien Michel Temer lors d'une cérémonie commémorative à l'occasion de la Journée internationale de commémoration de l'Holocauste, à la synagogue Congregacao Israelita Paulista den Sao Paulo, le 27 janvier 2017. (Crédit: Beto Barata/PR via JTA)

Le président brésilien Michel Temer lors d’une cérémonie commémorative à l’occasion de la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste, à la synagogue Congregacao Israelita Paulista den Sao Paulo, le 27 janvier 2017. (Crédit: Beto Barata/PR via JTA)

Sergio Zveiter appartient à une grande famille d’avocats du Brésil. Son père, Waldemar Zveiter, est l’ancien président de la Cour supérieure de justice du Brésil. Son frère, Luis Zveiter, a présidé la cour de justice de Rio.

« Etre accusé de nazisme entache l’honneur de n’importe qui, et en particulier quand la victime est membre de la communauté qui a vu six millions de ses membres exterminés par le répugnant régime nazi. C’est le préjudice religieux, la seule raison pour s’adresser à un Juif en utilisant les références de ce qui a frappé notre peuple de la manière la plus néfaste et la pus douloureuse dans l’histoire de l’humanité, la Shoah », a ajouté Zveiter.

Plusieurs institutions juives ont soutenu Zveiter, dont la Confédération israélite brésilienne, l’organisation qui représente la communauté juive du pays.

« Il est regrettable que dans le contexte d’un débat politique, ce type d’analogie soit utilisé à tort, et précisément pour atteindre un membre de notre communauté. Nous déplorons et rejetons toute comparaison de la situation politique actuelle au Brésil avec le régime nazi », a dit Fernando Lottenberg, le président de la confédération.

Harry Rozenberg, président de la Fédération juive de Rio, a abondé en ce sens. « La comparaison constante des opposants politiques aux nazis et aux fascistes doit être désavouée par toute la société. Zveiter est un Brésilien de la plus haute stature morale et éthique, et un membre distingué de notre communauté », a-t-il dit.

« La réaction de Sergio Zveiter a rempli de fierté la communauté juive. Il appartient à une grande famille de juristes. Son père, Waldemar Zveiter, était l’auteur de la phrase qui est resté comme son emblème, ‘je suis brésilien, juif et sioniste’ », a dit à JTA le consul honoraire d’Israël Osias Wurman.

Après une importante couverture médiatique, Perondi a publié un communiqué de presse : « s’il y a eu une incompréhension, je m’excuse auprès de toute la communauté juive, que je respecte et avec qui j’ai d’excellentes relations. »