Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté une cellule de sept citoyens arabes israéliens qui ont porté allégeance à l’Etat islamique, planifiaient activement de rejoindre le groupe djihadiste salafiste en Syrie et complotaient pour mener des attaques en Israël, y compris contre la minorité arabe druze, a annoncé le Shin Bet dimanche dans une déclaration écrite.

Les hommes, tous de la région de la Galilée, ont été inculpés dimanche sur plusieurs chefs d’accusation, y compris l’appartenance à une organisation illégale, l’Etat islamique [EI], déclarée illégale en septembre. La police et le Shin Bet ont mené des arrestations et interrogatoires courant novembre et décembre.

La découverte de la cellule et d’un complot pour acquérir des armes et tirer sur des citoyens druzes d’Israël, considérés comme des infidèles par les adeptes de l’islam sunnite salafiste, « montre une escalade dangereuse parmi les Arabes israéliens », a déclaré le Shin Bet.

Les actes d’accusation ont été émis une semaine après que 17 citoyens français ont été tués dans deux attentats à Paris. Quelques jours plus tard, les autorités belges ont démantelé une cellule de djihadistes à Verviers.

L’Europe, les Etats-Unis, et d’autres pays occidentaux sont confrontés à un nombre croissant d’hommes partis rejoindre le conflit en Syrie et revenus, durcis par la bataille et l’idéologie, dans leur pays d’origine.

L’élément central de la cellule de Galilée serait Adnan Ala a-Din, un avocat de 40 ans, originaire de Nazareth, qui, selon le Shin Bet, s’est présenté aux autres membres du groupe comme un « officier important et officiel de l’EI en Palestine. »

A-Din prêche l’idéologie islamiste aux autres membres du groupe, défend les attaques terroristes contre des civils israéliens, et a demandé aux membres d’abattre des moutons pour se préparer et « préparer leurs âmes » aux rigueurs du djihad.

Une autre figure centrale est Karim Abou Salah, 22 ans, de Sakhnin, arrêté en juillet 2014 à l’aéroport international de Ben Gurion, alors qu’il était en route pour la Syrie. De la prison, soupçonne le Shin Bet, Abu Salah aurait organisé des attaques contre des cibles militaires israéliennes et des citoyens druzes en Israël.

Le groupe se réunissait régulièrement pour des cours de religion, étudiant avec un chef religieux anonyme dans le nord d’Israël, et maintenant des contacts avec des combattants de l’EI en Syrie, dont plusieurs citoyens arabes israéliens.

En outre, le 20 novembre, le Shin Bet et la police israélienne ont arrêté Omar Musa Abu Kush, un médecin récemment diplômé de l’Université jordanienne des sciences et de la Faculté de technologie de médecine.

En garde à vue, Abu Kush, un citoyen israélien du village bédouin de Arara, a admis soutenir l’État islamique et avoir rencontré des militants de l’EI en Jordanie.

Son intention était de se rendre en Syrie pour rejoindre les rangs de l’organisation, qui lutte contre le régime de Bachar al-Assad et brutalise les populations locales, tuant les hommes qui n’adhèrent pas à son interprétation de l’islam et forçant les femmes à l’esclavage.

Abu Kush aurait prévu de suivre les traces de Dr Othman Abu Alkayan, un autre citoyen bédouin israélien, du village voisin de Hura, qui travaillait comme interne à l’hôpital Barzilai d’Ashkelon, avant de rejoindre l’EI en Syrie, où il a été tué au combat en août.

Les deux hommes, Abu Kush et Abu Alkayan, ont été exposés à l’idéologie radicale de l’État islamique sur les campus universitaires en Jordanie. Abu Kush a été inculpé pour contact avec un agent étranger, soutien d’une organisation terroriste, et défense d’une organisation illégale.