Un soldat qui a été filmé en train d’insulter et de menacer une photographe palestinienne de l’association de gauche B’Tselem il y a deux mois pourrait faire face à des charges disciplinaires, a indiqué l’armée.

Dans une vidéo publiée la semaine dernière par l’association, des soldats sont vus entrer dans un quartier de Hébron après des jets de pierre semblant provenir de la zone.

Alors que les soldats interrogent les habitants du quartier dans la rue, la photographe de B’Tselem s’approche et commence à filmer les entretiens, notamment quand des soldats pourchassent une Palestinienne qui tient un bébé et tente de les fuir.

Les soldats demandent à la militante de B’Tselem d’arrêter de filmer, mais elle continue, leur disant qu’elle le fait pour l’association.

A ce moment, l’un des soldats est entendu murmurer sharmoutot, une insulte arabe signifiant prostituée. Il dit ensuite, en hébreu et plus clairement, que « [quelqu’un] doit leur casser la tête. »

Le soldat est alors vu en train de sortir son téléphone et de prendre une photographie de la militante palestinienne, lui disant « comme ça ils verront ton visage et viendront t’arrêter ce soir. » Finalement, il fait un doigt d’honneur à la femme et s’éloigne.

Un soldat israélien faisant un doigt d'honneur à une photographe palestinienne de B'Tselem, à Hébron, le 25 mai 2017. (Crédit : capture d'écran)

Un soldat israélien faisant un doigt d’honneur à une photographe palestinienne de B’Tselem, à Hébron, le 25 mai 2017. (Crédit : capture d’écran)

Un autre soldat prend alors son téléphone et commence à filmer la militante de B’Tselem. Quand un soldat plus gradé lui dit d’arrêter, il répond « ils ont dit qu’on avait le droit. »

Selon les directives de l’armée israélienne, les soldats ne doivent pas interagir avec les photographies et les journalistes, notamment pendant leurs opérations en Cisjordanie.

En réponse à l’incident, l’armée a déclaré que les actes des soldats qui ont insulté la photographe palestinienne n’étaient « pas conformes aux valeurs de Tsahal et au comportement attendu des soldats. »

L’armée a ajouté que l’incident était examiné par ses commandants, et que « des actions disciplinaires seront prises conformément » à leurs conclusions.

En décembre 2015, trois soldats avaient été filmés en train de perturber une journaliste palestinienne, Sara al-Azra, alors qu’elle parlait en direct de la « politique raciste de punition collective d’Israël » en étant derrière elle, en faisant des gestes, en criant « Allahu Akbar » et en la traitant de menteuse.

Les soldats avaient été condamnés à 14 jours de détention par leurs commandants.