La Conférence de paix internationale qui se tiendra à Paris à la fin du mois ne contiendra aucune idée nouvelle concernant une résolution du conflit au Moyen Orient, mais se propose principalement d’empêcher la dissolution de la question parmi toutes les autres crises traversées par le monde, a expliqué la nouvelle envoyée de la France en Israël lundi.

“Ce que nous proposons n’est rien de nouveau mais nous tentons de maintenir le sujet à l’ordre du jour et de ne pas l’abandonner dans un contexte de crises mondiales qui éclatent partout dans le monde”, a indiqué l’ambassadrice Hélène Le Gal.

« Nous continuons à proposer des choses, toujours dans un esprit très bienveillant envers Israël ».

En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies, la France est « toujours encline à soumettre des solutions aux divers conflits mondiaux », a dit Le Gal au président Reuven Rivlin après lui avoir remis sa lettre de créance en prenant officiellement son poste.

Rivlin a accueilli a nouvelle ambassadrice et salué le soutien de longue date apporté par son pays à Israël, faisant part en même temps des réticences de Jérusalem face au sommet de Paris sur la paix, prévu le 21 décembre.

La nouvelle ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, a remis ce lundi ses lettres de créance au Président Reuven Rivlin à Jérusalem. Il s’agit pour elle de son premier poste en tant qu’ambassadrice, après avoir occupé notamment les fonctions de Consule générale à Québec au Canada et de conseillère Afrique auprès du Président de la République François Hollande.

Lors de cette cérémonie, le Président et l’ambassadrice ont souligné l’importance des valeurs démocratiques qui unissent les deux pays et des liens personnels forts entre les deux peuples. Ils ont également évoqué l’initiative de relance du processus de paix portée par la France, au sujet de laquelle l’ambassadrice a rappelé qu’il « appartenait à la France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, d’aider à trouver des solutions dans un esprit constructif ».

L’Ambassadrice de France en Israël, qui a déjà été en poste à Tel-Aviv de 1994 à 1998, a déclaré que « revenir en Israël était pour elle un grand honneur et une grande joie ».

Israël a annoncé ne pas participer à ce sommet, préférant des négociations directes, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proposé la semaine dernière de rencontrer le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour des négociations à Paris si le Président français François Hollande acceptait de renoncer à la conférence.

Le Président Reuven Rivlin, à droite, rencontre le Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors des funérailles de l'ancien Président Shimon Peres au cimetière du Mont Herzl à Jerusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Le Président Reuven Rivlin, à droite, rencontre le Président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas lors des funérailles de l’ancien Président Shimon Peres au cimetière du Mont Herzl à Jerusalem, le 30 septembre 2016. (Crédit : Mark Neyman/GPO)

Rivlin a indiqué qu’il y avait peu de chances que le conflit israélo-palestinien ne disparaisse de l’agenda mondial, même s’il a admis qu’il était important de conserver certains problèmes au premier plan.

“Malheureusement, tout le monde sait qu’au Moyen-Orient, il n’y a pas de raccourcis disponibles. Il faut construire la confiance”, a expliqué Rivlin.

“La seule manière d’atteindre un seuil de compréhension avec nos cousins, avec nos voisins, avec nos partenaires – les Palestiniens – concernant notre présence ici sur ce petit territoire du monde sur lequel nous nous trouvons assis, ne se fera que par des négociations directes, et par la compréhension du fait que nous devons les accepter et qu’ils doivent aussi nous accepter ».

Rivlin a ajouté que Jérusalem est prêt pour des négociations directes sans négociations préalables mais que la paix reste un objectif éloigné en raison du caractère récalcitrant affiché par les Palestiniens.

“Malheureusement, la majorité des Palestiniens rejettent encore, d’un point de vue national et religieux, l’existence d’un Etat d’Israël juif », a-t-il dit.

« Il faut leur expliquer que nous sommes là, et que c’est dorénavant un fait. Nous sommes déjà la moitié du peuple juif installé ici en Israël, plus de six millions et demi de Juifs vivent en Israël et ils doivent réaliser que nous sommes là ».

“Il n’y a aucun autre moyen que celui de vivre ensemble et de tenter d’atteindre un meilleur avenir qui apportera la prospérité à tous”, a-t-il ajouté.

Reuven Rivlin reçoit les lettres de créances de Hélène le Gal, le 12 décembre 2016 (Crédit : Mark Naiman/GPO

Reuven Rivlin reçoit les lettres de créances de Hélène le Gal, le 12 décembre 2016 (Crédit : Mark Naiman/GPO

Le Gal, diplomate de carrière à la voix douce et posée, proche du président François Hollande, a pris son premier poste au sein de l’Etat juif il y a deux décennies et est considérée comme une amie d’Israël.

“Pour moi, revenir ici c’est vraiment, d’une certaine manière, comme me retrouver chez moi. C’est un plaisir”, a-t-elle commenté.

Première femme à occuper cette fonction, Le Gal remplace Patrick Maisonnave, ambassadeur depuis 2013.

Les Français ont appuyé une initiative dont l’objectif est de redynamiser le processus de paix moribond entre les Palestiniens et les Israéliens. Mais tandis que les Palestiniens ont salué cette démarche, Israël est resté critique, affirmant que seules des négociations directes seraient en mesure d’aboutir à un résultat.

C’est un sommet sur la paix organisé à Paris au mois de juin qui a officiellement motivé l’initiative prise par la France et trois groupes ont été chargés d’examiner les pistes permettant de faire avancer le processus de paix, selon un reportage paru la semaine dernière dans le journal français Le Monde.

L’un des groupes a été chargé de construire les institutions nécessaires à l’établissement d’un Etat palestinien. Un autre a étudié les incitations économiques que la paix serait susceptible d’apporter pour les parties impliquées, en particulier pour l’Union européenne, tandis qu’un troisième a travaillé sur la question du renforcement de la participation de la société civile au cours de ce processus.

Les propositions des trois groupes seront examinées durant le sommet, a expliqué le journal du soir.

Paris étudie également les différentes pistes pour assurer la transmission des conclusions de ces travaux aux leaders israélien et palestinien, que ce soit en marge du sommet du mois de décembre ou en envoyant des représentants à Ramallah ou à Jérusalem.

Dov Lieber a contribué à cet article.