Le Soudan a fermé les centres culturels iraniens pour prosélytisme chiite et a donné à leurs employés iraniens 72 heures pour quitter le pays, a annoncé mardi à l’AFP un responsable gouvernemental.

« Les autorités soudanaises ont convoqué lundi soir le chargé d’affaires iranien à Khartoum et l’ont informé de leur décision de fermer les trois centres culturels et de donner 72 heures aux diplomates qui les dirigent pour quitter le pays », a dit ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

Il a attribué cette décision à « à l’accroissement des activités de ces centres dans la diffusion du chiisme », une branche de l’islam et religion d’Etat en Iran.

Un chercheur soudanais spécialisé dans les questions religieuses n’a pas exclu, sous le couvert de l’anonymat, que des « pressions de pays du Golfe notamment l’Arabie soaudite, chef de file des monarchies sunnites, soient derrière la décision » du Soudan, un pays majoritairement sunnite.

L’Arabie saoudite et l’Iran entretiennent des rapports généralement tendus.

Pour sa part, le Soudan cultive de bonnes relations, notamment militaires, avec l’Iran. Le président soudanais Omar el-Béchir s’était rendu en 2012 à Téhéran, où il avait qualifié de « profondément ancrées » les relations entre les deux pays.

Israël accuse le Soudan de servir de base de transit pour les armes iraniennes à destination du mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza, ce que Khartoum dément.