Ce ne sont pas seulement les liens avec le gouvernement turc actuel qui sont en voie de réparation en Israël. Le sceau du dernier sultan ottoman de la tour de l’horloge de Jaffa a été restauré pour qu’il puisse retrouver son ancienne gloire après des années de négligence, a annoncé l’autorité des Antiquités d’Israël mardi.

La tour de l’horloge a bénéficié d’une vaste opération de restauration au cours de la dernière année. Les conservateurs ont constaté que le tughra, ou le monogramme officiel, du sultan Abdulhamid II, qui a régné entre 1876 à 1909 et qui a érigé des tours d’horloge partout dans tout l’empire, avait perdu sa couleur originale, était craquelé et risquait de tomber.

La facette côté sud de la tour où se situe la signature impériale était le dernier vestige d’origine des quatre facettes de la tour. Les autres facettes de la tour ont été remplacées par des répliques en verre en 2001. La tour a été payée par des dons des Juifs et des Arabes de la ville en l’honneur du jubilé d’argent d’Abdulhamid et sa construction s’est achevée en 1903.

Mettre en place des tours d’horloge dans son empire florissant était un symbole de modernité et une tentative d’instiller la puissance de l’État et du sultan dans les cités lointaines et les villes. Abdulhamid II a supervisé les efforts pour moderniser et occidentaliser l’Etat ottoman, tout en exerçant un contrôle autocratique sur ses sujets.

Six des sept tours d’horloge érigées par Abdulhamid II existent encore : à Jaffa, Acre, Naplouse, Safed, Nazareth et Haifa. La tour d’horloge de Jérusalem, qui était érigée au-dessus de la porte de Jaffa, se trouvait au-dessus de la principale place du marché entre 1908 et 1922, mais fut enlevée par les Britanniques et remontée près des bureaux de poste et de la mairie avant d’être finalement démolie en 1934.

« Le tughra semblait être à première vue le sceau du second sultan ottoman, Orhan (1326-1362), et a depuis représenté les sultans de l’Empire ottoman, ainsi que le royaume lui-même », a déclaré l’archéologue de l’AAI Yoav Arbel dans un communiqué.

« Le tughra est un monogramme qui incorpore le nom du sultan, ses titres, le nom de son père et ses bénédictions, ainsi que les caractéristiques symboliques de l’Empire ottoman ».

La plaque de marbre portant le sceau du sultan avant les travaux de restauration ; le sceau en lui-même ne peut pas être discerné (Crédit : Faina Milstein/ Autorisation de l'Autorité des Antiquités d'Israël)

La plaque de marbre portant le sceau du sultan avant les travaux de restauration ; le sceau en lui-même ne peut pas être discerné (Crédit : Faina Milstein/ Autorisation de l’Autorité des Antiquités d’Israël)

Après une inspection plus approfondie du tughra, l’AAI a retiré la plaque, et le conservateur Mark Avrahami a créé un nouveau support pour le sceau et a accentué ses pigments avant de le renvoyer à Jaffa il y a deux semaines.

Alors que la Turquie s’engage activement dans la restauration des sites patrimoniaux ottomans, l’AAI n’était pas disponible pour commenter si le travail sur l’horloge de Jaffa a été fait avec l’aide d’Ankara.

Les visiteurs avertis à Jérusalem peuvent également voir le tughra d’Abdulhamid II sur l’immeuble qui abrite les bureaux de la Santé de Jérusalem dans la rue de Jaffa, juste en dehors du marché de Mahane Yehuda.

Le tughra de l’empereur apparaît également au Qishle, près de la tour de l’horloge, et au-dessus de l’impressionnante fontaine publique, devant la porte de la ville, récemment restaurée par l’AAI.

Les conservateurs de l'Autorité des Antiquités d'Israël remettent le sceau du sultan à sa place initiale après sa restauration (Crédit : Niki Davidov/Autorisation de l'Autorité israélienne des antiquités)

Les conservateurs de l’Autorité des Antiquités d’Israël remettent le sceau du sultan à sa place initiale après sa restauration (Crédit : Niki Davidov/Autorisation de l’Autorité israélienne des antiquités)