Un tracteur de remorquage semi-robotique et conduit par un pilote appelé Taxibot qui a été développé par les Industries Aérospatiales d’Israel (IAI) a été déployé jeudi pour être utilisé pour la première fois à l’aéroport de Francfort.

Ses concepteurs espèrent qu’ainsi son utilisation se repande auprès d’autres compagnies aériennes cherchant à réduire les émissions de carburant et les coûts.

Les tracteurs actuellement utilisés dans tous les aéroports du monde ne déplacent les avions qu’à partir du terminal lui-même, les avions doivent ensuite rouler dans les aéroports – une procédure coûteuse et inefficace.

Le Taxibot élimine cet inconvénient en remorquant les avions pleins avec leurs moteurs éteints depuis le terminal jusqu’au seuil de la piste ce qui selon les analystes réduit les coûts de carburant, les émissions de carbone de l’aéroport et peut éliminer les goulets d’étranglement dans la zone d’embarquement.

Selon IAI, un Boeing 747 dépense une moyenne de 1,25 tonnes de kérosène dans les 17 minutes avant le décollage. Taxibot réduit considerablement ce chiffre à 25 à 30 litres par avion.

Un responsable de l’aéroport de Francfort a dit jeudi en plaisantant, « Les avions sont faits pour décoller et voler, pas pour rouler sur le sol [comme une voiture] ».

Dans un premier temps, l’appareil sera utilisé avec les avions de la comagnie allemande Lufthansa.

« Nous voulons réduire d’ici à 2050 nos émissions de carburant de 50 % », a déclaré Kay Kratky, un membre du conseil d’administration de Lufthansa.

« Le Taxibot va nous permettre d’économiser plus de 2 700 tonnes de kérosène par an rien qu’à l’aéroport de Francfort ».

Après une période intensive de tests et d’ajustements, le remorqueur, qui est actuellement utilisé avec seulement les 737, a reçu le feu vert des autorités européennes de l’aviation.

« Taxibot est au monde la seule solution de transport autre que les avions qui ait reçu une licence [pour une utilisation dans les aéroports] », a déclaré Yehoshua (Shuki) Eldar, vice-president des IAI, lors d’une modeste cérémonie à Francfort.

« Nous avons créé une révolution innovante et respectueuse de l’environnement dans le monde de l’aviation commerciale, » dit-il.

IAI envisage l’option d’étendre le projet en signant un contrat avec Air France pour l’aéroport Charles de Gaulle à Paris.