KATMANDOU, Népal — Lorsque Shani Sharabi, 24 ans, a emporté son téléphone satellite sur un long trek au sud est de l’Asie, ses amis se sont moqués de sa trop grande prudence. « Pourquoi aurais-tu besoin d’un téléphone satellite ? », ont-ils demandé.

Mais quand le puissant tremblement de terre d’une magnitude de 7,8 a frappé le Népal samedi après-midi, Sharabi se trouvait dans le village éloigné de Bamboo, à trois ou quatre heures du départ du trek Langtang avec son téléphone comme unique porte vers le monde extérieur.

« Dieu merci j’avais ce téléphone satellite », a déclaré jeudi Sharabi.

Le tremblement de terre a frappé à 11h56 du matin lorsque Sharabi était avec ses amis pour déjeuner dans l’un des restaurants locaux.

« Nous ne savions pas quoi faire, et nous avons vu les habitants locaux courir vers ces énormes blocs de roches qui formaient une cave, alors nous avons couru avec eux, explique Sharabi. Les habitants locaux étaient vraiment effrayés. Ils ne voulaient pas quitter la cave, a-t-elle expliqué, assise à la Maison des Habad de Katmandou, jeudi après-midi.

Les répliques qui se sont propagées dans toute la zone ont causé des glissements de terrain, il était donc dangereux de quitter la cave. Il y avait environ 70 personnes, dont 19 habitants locaux, abrités dans la zone.

Heureusement, il y avait assez de nourriture dans les restaurants, mais trouver de l’eau propre était le problème. Certains des Israéliens et deux étudiants en médecine hollandais ont construit un système de purification d’eau avec du matériel trouvés dans la zone.

D’autres touristes ont quitté la cave pour préparer de la nourriture en s’efforçant de le faire entre deux répliques.

« Nous étions avec de nombreux guides et des gens qui avaient beaucoup d’expérience, mais personne [d’autre] n’avait de téléphone », explique Sharabi.

En utilisant son téléphone satellite, Sharabi a pu contacter directement sa famille et a transmis une liste de tous les touristes bloqués à Bamboo à sa mère qui a essayé de prendre contact avec toutes les familles autour du monde.

« Nous avons fait une liste des personnes qui devraient être évacuées en premier, déclara Sharabi. Il y avait certaines personnes avec des blessures comme une main cassée, certaines personnes avaient plus de 70 ans et un Américain était totalement hystérique. »

Le premier hélicoptère à apparaître, mardi, a été envoyé par une compagnie d’assurance israélienne. « L’hélicoptère est arrivé et a dit ‘Seulement les Israéliens’, explique Sharabi.

Après avoir vécu une expérience aussi intense pendant quatre jours avec d’autres personnes, cela a été une décision difficile de monter dans l’hélicoptère.

« Je pense que certaines personnes étaient frustrées, tout particulièrement parce que nous avions dit que cela ne nous dérangeait pas de faire partir d’autres personnes d’abord. En fin de compte, cela ne dépendait pas de nous, c’est une question d’assurance », explique Sharabi.

« Je crois que nous avons fait plus de bien en venant à Katmandou, continue-t-elle. Nous avons avons fait le tour des ambassades et leur avons donné la liste. L’ambassade d’Afrique du Sud a dit : ‘Nous ignorions qu’ils étaient là-bas’. L’ambassade d’Australie essayait également de localiser deux sœurs qui étaient avec nous. Je pense qu’il valait mieux que l’on vienne à Katmandou pour mettre la pression ici plutôt que de rester là-bas simplement pour remonter le moral. »

Sharabi a déclaré qu’elle avait entendu que tous les autres touristes avaient été sauvés mercredi et jeudi matin. Les népalais ont quitté lundi le village pour un autre village en meilleur état.

« Quand j’ai pris le téléphone satellite, des personnes se sont moquées de mois, mais en fin de compte, cela a sauvé 50 vies, a-t-elle expliqué. J’ai eu beaucoup de chance. J’étais en contact avec ma famille tout le temps, ce qui n’était pas le cas de beaucoup de gens. »