Ce sont les soldats qui sont à l’origine de la mort d’un terroriste de Jérusalem-Est qui avait assassiné quatre soldats lors d’un attentat au camion-bélier perpétré la semaine dernière au sud de la ville, et non le guide touristique comme il l’avait lui-même affirmé, a déclaré lundi matin un haut-responsable militaire au quotidien Yedioth Ahronoth.

S’exprimant à la télévision après l’attaque, le guide touristique Eitan Rund — qui avait ouvert le feu sur le terroriste – avait demandé pourquoi les soldats avaient apparemment hésité avant de faire usage de leurs armes contre Fadi al-Qunbar, conducteur du camion.

“Je dois demander pourquoi c’est un civil âgé de trente ans qui a dû tirer le premier”, avait-il dit, “alors que des officiers bien armés” se trouvaient précisément sur le lieu de l’attaque.

Rund avait insisté sur le fait que le verdict d’homicide prononcé contre le Sergent Elor Azaria – qui avait tué un terroriste palestinien blessé et désarmé – était un des facteurs qui pouvaient expliquer cette hésitation ostensible.

Suite à cette déclaration, de nombreuses personnes avaient déploré que ‘l’effet Azaria’ ait été à l’origine de l’hésitation des militaires.

Après l’attaque, le corps de Qunbar a été emmené pour des examens à l’institut medico-légal Abu Kabir.

Une autopsie initiale a déterminé que l’homme avait été atteint par des balles de 5,56 millimètres provenant d’un M-16 militaire et de neuf balles sorties du pistolet de Rund qui s’étaient logées dans son corps, a révélé le haut-responsable militaire au Yedioth.

Eitan Rod s'adresse aux journalistes depuis l'hôpital Hadassah Ein Kerem après un attentat au camion bélier à Jérusalem, le 8 janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Eitan Rod s’adresse aux journalistes depuis l’hôpital Hadassah Ein Kerem après un attentat au camion bélier à Jérusalem, le 8 janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

L’analyse médico-légale a établi que Qunbar avait été tué par une balle de 5,56 millimètres trouvée dans sa tête et non par l’une des balles de neuf millimètres trouvées dans son corps, ce qui indique que c’est bien l’un des soldats qui a tué le terroriste.

Les conclusions de l’analyse soutiennent celles d’une enquête de l’armée, réalisée vingt-quatre heures après l’attaque. Elles établissent que sept personnes ont ouvert le feu sur Qunbar, dont cinq élèves officiers et le soldat Maya Peled.

L’armée avait également déclaré après l’attentat qu’il n’y avait pas de lien entre la réponse des soldats à l’attaque au camion-bélier et l’affaire récente d’Azaria, une position qu’elle continue à maintenir.

“J’espère que les résultats de l’enquête de police mettront un terme à cette triste affaire”, a expliqué le haut-responsable de l’armée, même si, a-t-il noté, il est nécessaire de faire davantage pour “réfuter l’histoire mensongère et nuisible” que c’est la condamnation d’Azaria qui aurait mené les soldats à ne pas agir.