Chers lecteurs, l’équipe de la version française vous remercie de lui donner l’opportunité de poursuivre l’aventure. Votre fidélité, vos remarques, vos partages, vos tweets, vos posts, vos cliques, vos ‘likes’ et vos courriels nous ont grandement aidés encore à progresser au cours de cette deuxième année écoulée. L’édition française du Times of Israël continue à montrer Israël d’un point de vue impartial, sous tous ses angles avec pour devise de ne pas prendre parti, de ne pas le favoriser et de ne pas le fustiger.

A travers nos différentes rubriques, vous avez été des millions à suivre avec nous, une année remplie par des nouvelles, certaines excellentes d’autres (beaucoup) moins bonnes.

Difficile de vivre en paix dans un pays extrêmement divisé. Difficile de vivre en paix dans ce pays situé au carrefour d’une région si dense et si meurtrie par les conflits interminables. Difficile de vivre en paix dans un monde où le terrorisme se glisse désormais dans nos quotidiens.

Que l’on vive dans la ville sainte ou celle des Lumières, dans la capitale turque, à Damas ou à Copenhague, chacun sait à présent ce que ressentent les victimes, chacun ressent de l’empathie pour l’autre, chacun espère surtout en être épargné.

Reste alors à convaincre certains, – et ils sont malheureusement très nombreux – qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais terrorisme. Qu’il s’agisse d’une enfant qui décède des années plus tard à cause d’un jet de pierre, d’un djihadiste qui décide de se faire exploser devant une terrasse d’un café parisien, ou d’une famille décède asphyxiée dans l’incendie criminel de leur maison en pleine nuit. Au final, le résultat reste le même, – inexorable : des individus innocents meurent, des personnes qui étaient la fille ou le fils de quelqu’un, l’époux ou la femme de quelqu’un, la soeur ou le frère de quelqu’un. Tous ceux-là restent inconsolables – à jamais. Sans oublier les blessés, ces milliers de blessés dont l’existence est à jamais bouleversée. Et être le gardien de son frère.

Adva Bitton à l'enterrement de sa fille de 4 ans, Adèle, le 18 février 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Adva Bitton à l’enterrement de sa fille de 4 ans, Adèle, le 18 février 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Ainsi, si l’on veut établir le bilan (non exhaustif) de cette année, celui-ci ne s’avère guère positif. Au contraire, il m’a été difficile de vous retrouver de bonnes nouvelles. Mais souvenons-nous que dans ce pays, dans cette Terre promise, où la paix semble si impossible, l’espoir, lui, pointe souvent le bout de son nez !

Depuis le 25 février 2015

Durant les douze derniers mois écoulés, aucune tentative tangible visant à relancer les pourparlers de paix entre Palestiniens et Israéliens n’a vu le jour. Encore une fois la paix se fige dans l’impasse. Et les deux peuples, voués à vivre côte à côte, en pâtissent.

Les États-Unis semblent perdre l’espoir d’arriver à la conclusion d’un compromis, en tout cas pas avant la prochaine présidence. Washington a aussi perdu son leadership dans la région, donnant l’opportunité à Moscou de s’y immiscer de plus en plus, essentiellement en Syrie.

L’Union européenne, quant à elle, est trop occupée à étiqueter les produits fabriqués dans les implantations israéliennes situées au-delà de la Ligne verte, quitte à prendre le risque fou de nuire aux employés palestiniens qui y travaillent. Et son manque de cohésion et d’aptitude à parler d’une seule voix l’empêchent inévitablement de peser de manière pertinente.

La communauté internationale était bien trop occupée aussi par le dossier du nucléaire iranien, trop encline à donner la victoire à une flopée d’ayatollah qui, aux cris de mort à Israël et de mort aux États-Unis scandés à chaque rassemblement populaire, se bat aux côtés d’un régime syrien indéfendable et finance entre autres un groupe terroriste libanais inqualifiable, qui menace par la voix de son chef planqué dans un bunker, aussi la sécurité d’Israël.

Le Premier ministre israélien a même préféré risquer des tensions avec la communauté juive américaine et l’administration d’Obama pour délivrer au Congrès un discours onéreux (6 millions de shekels), exhortant à un meilleur accord. En vain. Le « permis pour construire des bombes » a été délivré, clé en mains, et tout le monde se bouscule aux portes de Téhéran, flanqué de délégations de patrons sommés d’écouler les stocks d’Airbus.

L’accord est une « erreur historique » pour reprendre les propos de Yuval Steinitz évoquant déjà en avril « les sourires à Lausanne [qui] sont déconnectés de la réalité, dans laquelle l’Iran refuse de faire des concessions sur la question nucléaire et continue de menacer Israël et le reste du Moyen-Orient ».

Ainsi, pour le secrétaire général adjoint du Hezbollah, Naim Qassem, « l’entente nucléaire de Lausanne est un triomphe du droit, de la stabilité et de la volonté des nations libres ainsi que l’axe de la résistance dirigé par l’Iran islamique, » en référence à l’alliance Iran-Syrie-Hezbollah. Des défis auxquels sont confrontés le nouveau chef du Mossad, Yossi Cohen et le remplaçant du talentueux Ron Prosor, Danny Danon aux Nations unies, réputées hostiles à l’égard de l’État juif, à travers ses rapports plus que biaisés, notamment après l’opération Bordure protectrice.

« Plus vous le lisez, plus ça empire […] La clause sur l’inspection est grotesque, la clause sur les sanctions est incompréhensible, » dénonce le Premier ministre. Toujours en vain, tandis que le silence des pays arabes se fait toujours plus assourdissant.

Certains ont jugé que ce discours au Capitole avait eu des conséquences sur le résultat des élections du 17 mars dernier.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Har Homa, à Jérusalem-Est, le 16 mars 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d’une conférence de presse à Har Homa, à Jérusalem-Est, le 16 mars 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90 )

Benjamin Netanyahu a raflé une incontestable victoire aux dernières élections législatives, remportant à lui tout seul une trentaine de sièges, clouant ainsi le bec à tous les sondeurs qui n’avaient pas une seule fois prédit un pareil résultat.

Néanmoins, ce triomphe électoral s’apparente chaque jour à un casse-tête pour le chef du gouvernement qui dispose d’une majorité étriquée de 61 sièges sur un total de 120. Concrètement, il est dépendant de chaque vote des membres de sa coalition qui sont (très) loin d’être d’accord sur tout. La faute au système ‘impraticable’ de la proportionnelle qui ne permet clairement pas de départager.

Le Premier ministre israélien est aussi accusé de s’accaparer plusieurs portefeuilles stratégiques, dont l’Économie qu’il a obtenu après une démission de son ancien ministre, Aryeh Deri (actuel ministre de l’Intérieur) pour pouvoir faire avancer son accord gazier controversé, source d’une grande méfiance auprès des Israéliens qui craignent que l’accord ne favorise l’émergence d’un monopole sur les ressources gazières du pays, au profit notamment du groupe américain Noble Energy.

Il est aussi en charge du précieux ministère des Affaires étrangères, de la Coopération régionale, de la Communication. Il a aussi été à la tête du ministère de la Santé avant que l’actuel ministre Yaakov Litzman (Yahadout Hatorah) n’en prenne la direction. Il est aussi de facto député à la Knesset et chef du Likud. Rien que ça !

L’épisode des élections a aussi illustré un racisme prégnant en Israël, – Netanyahu mettant en garde ses électeurs que les citoyens arabes israéliens se déplacent « en masse » pour se rendre aux urnes. Ils sont représentés à la Knesset par la Liste arabe unie (13 sièges, 3e force électorale) menée par Ayman Odeh, qui fédère sans parvenir à combler les écarts entre les membres de Balad et les autres plus mesurés. Il n’a surtout pas condamné la récente rencontre de certains membres de son parti avec les proches des terroristes, leur valant une suspension émise par la commission d’Éthique du Parlement et discréditant ses 13 sièges.

Les trois membres de la Liste arabe unie Jamal Zahalka (à gauche), Basel Ghattas (centre) et Hanin Zoabi (à droite) à la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les trois membres de la Liste arabe unie Jamal Zahalka (à gauche), Basel Ghattas (centre) et Hanin Zoabi (à droite) à la Knesset, le 8 février 2016. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

De même, les Israéliens d’origine éthiopienne ont fait la Une en exigeant, à juste titre, d’être enfin considérés des citoyens à part entière, suite au lynchage d’un soldat par des policiers.

Le président israélien, Reuven Rivlin, ira même jusqu’à confesser qu’Israël a échoué avec la communauté éthiopienne. De grandes manifestations ont vu le jour, une enseignante a été suspendue pour avoir dit à ses étudiants d’origine éthiopienne de « retourner en Éthiopie ». Des parents d’élèves de maternelle avaient manifesté devant l’entrée de l’école pour protester contre la présence d’écoliers israéliens éthiopiens dans la classe de leurs enfants.

Prise à Lod chez une famille d'Ethiopiens, parue dans "Les Israéliens" (Crédit : Frédéric Brenner)

Prise à Lod chez une famille d’Ethiopiens, parue dans « Les Israéliens » (Crédit : Frédéric Brenner)

La classe politique israélienne est loin d’être à l’abri des scandales, mêlant corruption et harcèlement. Silvan Shalom a démission après que 13 femmes l’aient accusé de harcèlement sexuel, de même que le député de HaBayit HaYehudi, Yinon Magal ou le maire d’Ashkelon, Itamar Shimoni. Même l’armée est concernée. Selon le procureur en chef de l’armée, le nombre d’inculpations pour des crimes sexuels a presque doublé au cours des deux dernières années.

L’ex-Premier ministre, Ehud Olmert, a été envoyé dans une prison VIP après avoir été jugé coupable dans plusieurs affaires de corruption. Les rabbins ne montrent pas l’exemple non plus, tel Yoshiyahou Pinto.

Et quand ce n’est pas la corruption ou les crimes sexuels, c’est du terrorisme. Le 31 juillet, le pays est choqué par l’incendie criminel à Duma contre les Dawabshe, tuant trois des quatre membres de la famille. Ahmed, 5 ans, est le seul rescapé de ce drame.

Ahmed Dawabsha dans sa chambre de l'hôpital Tel Hashomer, le 23 décembre 2015 (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israel)

Ahmed Dawabsha dans sa chambre de l’hôpital Tel Hashomer, le 23 décembre 2015 (Crédit : Simona Weinglass/Times of Israel)

La veille, un extrémiste juif, qui venait d’être relâché après 10 ans de réclusion, poignarde 6 participants de la gay pride à Jérusalem. En septembre, les Israéliens sont invités à la pose de la pierre tombale de Shira Banki, une adolescente de 16 ans qui avait succombé à ses blessures.

Shira Banki (Crédit : Autorisation de la famille)

Shira Banki (Crédit : Autorisation de la famille)

L’establishment israélien a toujours mal compris et mal intériorisé la menace posée par les extrémistes juifs. « Il semble que nous ayons fait preuve de laxisme dans notre gestion des manifestations du terrorisme juif », avait alors déclaré Rivlin. « Peut-être que nous n’avons pas intériorisé que nous sommes confrontés à un groupe idéologiquement déterminé et dangereux, qui vise à détruire les ponts fragiles que nous travaillons sans relâche pour les bâtir ». Peut-être pas, en effet. En attendant, des Bentzi Gopstein appellent à brûler des églises.

Son homologue palestinien n’a rien à lui envier.

Des terroristes de plus en plus jeunes mènent de cruelles et aveugles attaques, munis de leurs couteaux aiguisés, de leurs voitures qu’ils transforment en bélier, faisant des dizaines de victimes, pas plus tard qu’hier. Longs ou pas, il peut s’agir d’hachoir de boucher, de pneu enflammés, de pierres, de cocktails Molotov improvisés, de grues, de fusils, de pistolets, de ciseaux, de chansons qui font des tubes, de mots, de caricatures, de guides et de conseils pour tuer et finalement se faire tués – à un abri-bus, dans les maisons, dans les lieux de prières, dans les bars, dans les implantations les plus discutées ou bien au coeur de Tel Aviv.

Frénétiques, les groupes terroristes de la bande de Gaza encouragent à une 3e intifada. La crainte des tensions au mont du Temple, favorisées par la branche nord du Mouvement islamique désormais interdit, a fait débuter des violences qui durent depuis le début du mois d’octobre. Le Hamas et le Jihad islamique poursuivent le creusement de leurs tunnels d’attaques, dont les matériaux essentiels sont importés en contrebande dans la bande de Gaza à travers le passage de Kerem Shalom. L’État continue en vain de promettre d’endiguer ce problème aux portes d’Israël, mais sans résultats concrets.

Le Fatah de Mahmoud Abbas, censé apaiser les tensions, se mêle à la bataille. Le résident de la Muqata préfère se consacrer à la construction de son palais, digne d’un sultan, tandis que son peuple manifeste en raison des bas salaires et de la crise économique palestinienne. Enfin, les équipes de football palestiniennes portent les noms de terroristes pris en modèles à suivre et glorifiés en martyres.

Quant à l’État islamique, qui inspire des dizaines de milliers de loups solitaires à travers le monde, il menace de s’attaquer à l’État juif en en faisant un cimetière.

Israël et les autres

La guerre civile syrienne fait rage et a de terribles répercussions pour ses habitants contraints de fuir, à pied, par mer, risquant au péril de leur vie. D’autres en profitent pour perpétrer des attentats en Europe et aux États-Unis, faisant des milliers de victimes. Bashar el Assad se qualifie de sauveur de la Syrie, le Hezbollah est en échec pour notre plus grande joie, et l’Iran continue de dicter les pourparlers, bien que Poutine ait manifestement son mot à dire, ignorant la coalition anti-djihadiste, se brouillant avec Ankara et vendant coûte que coûte ses redoutables S-300 à l’Égypte et à … l’Iran bien avant la levée des dites sanctions (qui fera dire à l’aviation israélienne qu’ils représentent un défi insurmontable). Mais Moscou reste un ami de Jérusalem, de même que Le Caire.

Les Égyptiens et leurs dirigeants se rapprochent des Juifs et d’Israël. Depuis al-Sissi, il y a un changement notable dans les relations avec Jérusalem et une plus grande ouverture sur les questions liées à la communauté juive locale, bien que modeste.

La présence du groupe terroriste palestinien du Hamas à sa frontière a poussé l’Égypte à sévèrement riposter contre les tunnels. Un nouvel ambassadeur égyptien arrive à Tel Aviv, le premier depuis 2012. Le pape copte s’est récemment rendu à Jérusalem. Des partenariats économiques voient le jour, de même qu’avec nos voisins jordaniens en dépit des récentes tensions dues au mont du Temple, qui a tremblé à de multiples reprises.

Nos deux voisins exhortent à la paix, prétextant que la résolution du conflit israélo-palestinien permettrait d’aboutir à la stabilité dans l’ensemble de la région. Comme si le Liban, la Syrie et le Yémen attendaient après nous pour se stabiliser soudainement.

Ce qui aiderait à coup sûr, c’est une couverture médiatique juste, honnête et sans parti-pris dès la première ligne. Sans manipulation, sans détour, sans éclat, les faits, rien que les faits. Et sans commencer par la fin de l’histoire si possible. Les multiples exemples de titres tapageurs sont légion chez nos confrères qui oublient l’éthique et de faire leur travail dans les règles de la profession. Le choix des sujets à couvrir s’acharne à produire un contenu à charge. Enfin, l’omniprésence des médias en Cisjordanie signifie que presque toute confrontation entre Tsahal et les Palestiniens fera potentiellement l’objet d’une vidéo partiale qui deviendra virale. Et lorsqu’ils reconnaissent leur tort – très rarement – ce n’est que du bout des lèvres.

Le rôle des réseaux sociaux est difficile à cerner, dans le sens où ils peuvent être les meilleurs alliés ou nos pires ennemis. Surtout quand ils sont le support d’une apologie du terrorisme, servant au recrutement de djihadistes, à la diffusion de tutoriels sur la meilleure façon de poignarder un Israélien, ou de musiques qui entonnent des refrains exhortant au meurtre, influençant – nécessairement – un public déjà conquis.

Avec tout ça, on en oublie qu’Israël a d’autres problèmes : le coût de la vie est exorbitant, une grande partie de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, dont une quantité honteuse de survivants de la Shoah. Israël se classe 32e au classement du PIB par habitant, un résultat très en deçà de l’objectif fixé en 2005 par Benjamin Netanyahu, alors ministre des Finances. Et les chiffres du gouvernement montrent un ralentissement spectaculaire de l’économie au deuxième trimestre de 2015.

Le boycott à l’encontre d’Israël se poursuit dans les quatre coins du monde. Et la frontière est de plus en plus floue avec la manifestation de l’antisémitisme. En brouillant les pistes, l’effort de boycott s’immisce et voilà apparaître l’impact d’un mouvement qui avait à l’origine laissé de marbre les dirigeants juifs qui haussaient les épaules en supposant que cela passerait vite. On nous promet alors des ‘holocaustes électroniques‘, on nous refuse des jumelages, on nous prive de festival de film… Des stars cèdent aux pressions et annulent leurs performances, telle Lauryn Hill

L’antisémitisme et le néo-nazisme continuent de se propager

Comme l’an dernier, l’on constate hélas que ces fléaux ne sont pas en recul. Les saluts nazis et les croix gammées sont toujours d’actualité, 71 ans plus tard. A des endroits insoupçonnés comme le sol d’un hall d’immeuble du 6e arrondissement de Paris.

Le sol de l'entrée d'un immeuble du 6e arrondissement de Paris contient des dizaines de croix gammées en mosaïque noire qui sont incorporées au sol. (Crédit : JTA / BNVCA)

Le sol de l’entrée d’un immeuble du 6e arrondissement de Paris contient des dizaines de croix gammées en mosaïque noire qui sont incorporées au sol. (Crédit : JTA / BNVCA)

Certes Dieudonné cumule les mauvaises surprises, mais les Juifs de France restent dans une position difficile, entre une France de plus en plus antisémite, dix ans après l’affaire Ilan Halimi, et une alyah rendue souvent difficile en raison du manque de travail.

Des gens dépensent des milliers de dollars pour se procurer l’uniforme de Goering ou des aquarelles du fuhrer, qui dispose désormais de sa propre marque de cornets de glace à son nom en Inde. Sans compter que son livre est aujourd’hui en deuxième place des meilleurs ventes en Allemagne.

Une étude démontre que l’endoctrinement nazi a imprégné durablement les esprits en Allemagne, alors que des lois rédigées par les nazis sont encore en vigueur aujourd’hui.

Des graffitis antisémites sont inscrits, des fans de football appellent à brûler des juifs depuis les tribunes des stades, des programmes télévisés diffusés par des chaînes publiques glorifient le négationnisme et le « satanisme juif ».

Des centaines de personnes originaires d’Iran et du monde entier ont encore présenté leurs œuvres pour le « concours de la bande dessinée de l’Holocauste ».

Des cimetières juifs, des mémoriaux de la Shoah sont violemment profanés et des expositions sur les survivants de la Shoah sont vandalisées. Et les synagogues, vitrines du judaïsme, se comptent aussi parmi les victimes.

Les chiffres de l’antisémitisme dans de nombreux pays européens sont en hausse malgré une vigilance de la part des gouvernements qui ne cessent de dénoncer les actes anti-juifs, dont celui de la France que Washington a félicité pour la façon dont il mène le combat et qui espère que sa communauté juive restera en France en dépit des multiples agressions, dont une récemment à Marseille qui a soulevé un vif débat sur le port de la kippa.

Des personnalités juives marquantes nous ont quitté

Le survivant de la Shoah Samuel Willenberg, le légendaire Capitaine Spock, Leonard Nimoy, Oliver Sacks, célèbre écrivain et penseur, né à Londres dans une famille juive, qui a succombé à la bataille contre le cancer après une vie passée à explorer les mystères de cerveau et les émotions scientifiques.

La grande dame du cinéma israélien, Lia van leer, le témoin de l’Histoire d’Israël, Yehuda Avner, mais aussi Aharon Lichtenstein, talmudiste américano-israélien, lauréat du Prix Israël, qui a su faire dialoguer l’étude juive et la modernité et Robert Wistrich.

John et Alicia Nash qui avaient inspiré le film au réalisateur juif Ron Howard, sont morts dans un accident de la route. Tout en subissant une chimio, Rochelle Shoretz a créé en 2001 Sharsheret, une organisation destinée à aider les femmes juives malades, elle s’est éteinte à 42 ans. Le compositeur James Horner s’est tué dans un accident d’avion.

Le très honorable Sir Nicholas Winton, qui a sauvé des centaines d’enfants de la Shoah, s’est éteint à 106 ans. Lou Lenart, le pilote américain « qui a sauvé Tel Aviv » meurt à 94 ans. Il était le héros de la guerre d’Indépendance qui a dirigé le raid aérien ayant permis de stopper une attaque égyptienne majeure qui ciblait Tel-Aviv.

Sir Nicholas Winton accompagné de quelques enfants sauvés (Crédit : Menemsha Films)

Sir Nicholas Winton accompagné de quelques enfants sauvés (Crédit : Menemsha Films)

De l’ouverture dans le judaïsme et dans la société

L’ONU a reconnu Yom Kippour comme une fête officielle. Le jour du Grand Pardon rejoint Noël, l’Aïd el-Fitr et Thanksgiving grâce aux efforts israélien et américain.

Le gouvernement n’imposera plus d’amendes aux propriétaires de restaurants qui se présentent comme cashers sur la base de certificats privés de casheroute.

Bien qu’elle est loin de faire l’unanimité dans le monde juif et suscite de violentes réactions, une zone de prière mixte a vu le jour au mur Occidental. Nommée Ezrat Yisrael, elle sera située sous l’arche de Robinson, et séparée de la place principale.

Alors que la société devient plus tolérante envers la communauté transsexuelle, les médecins cherchent à sauver les adolescents en les aidant à démarrer leur transition de plus en plus jeunes, tandis qu’un tribunal interdit la discrimination transgenre dans le monde du travail. Ou l’histoire incroyable d’un homme transgenre juif qui a donné naissance et embrasse la vie de père célibataire. “Je ne pensais pas que Dieu faisait des erreurs et j’ai toujours voulu être mère”, a déclaré Rafi Daugherty.

Des fidèles au mur Occidental lors de la prière des Cohanim (Crédit : Hadas Paruch/Flash 90)

Des fidèles au mur Occidental lors de la prière des Cohanim (Crédit : Hadas Paruch/Flash 90)

D’autres bonnes nouvelles !

D’autres histoires incroyables comme le récit de Julius Rosenwald, le juif qui a transformé la vie éducative des Noirs ou celui de Sheyna Gifford, la scientifique juive qui se prépare à vivre sur Mars, ou encore celui de ces chrétiens persécutés par l’Etat islamique qui trouvent refuge en Israël. Sans oublier le touchant récit d’un rappeur noir qui a trouvé un foyer spirituel dans l’orthodoxie et a décidé de faire son alyah.

Un milliard et douze millions de dollars investis dans l’écosystème de la haute technologie d’Israël au deuxième trimestre 2015, battant le record établi au dernier trimestre de 2014.

Avec ses toits solaires, son papier recyclé, ses climatiseurs et son éclairage économe, la Knesset opte pour la durée et peut s’enorgueillir d’être le Parlement le plus vert de la planète.

Les relations avec la Chine et l’Inde continuent de s’intensifier dans divers domaines. Ces deux pays d’Asie offrent à Jérusalem de vastes opportunités commerciales sans les défis politiques que l’Europe représente, bien qu’elle reste son premier partenaire commercial. Singapour veut être la fenêtre d’Israël vers l’Asie, tandis que Taiwan veut aussi faire des affaires avec les Israéliens.

Notre réputation de start-up nation n’est plus à faire. Les succès incroyables, les avancées dans la recherche scientifique et médicale, les innovations en tout genre nous procurent de bonnes surprises. Des start-ups se consacrent à rendre la vie des personnes à handicap plus facile.

Israël continue d’aider ses voisins lors de catastrophes naturelles comme le fatal tremblement de terre au Népal. IsraAid, une ONG israélienne humanitaire des plus actives, a récemment aidé les migrants de la ‘jungle’ de Calais dont personne ne veut.

Cent ans plus tard, Albert Einstein, continue de nous apprendre et de nous surprendre.

La créatrice israélienne d’Exelon prévoit la fin de la maladie d’Alzheimer.

Un centre dédié à l’autisme rassemblera prochainement une recherche de pointe, des services cliniques, une formation et une éducation adaptée pour les professionnels et les parents concernés.

Marta Weinstock-Rosin (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Marta Weinstock-Rosin (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Des découvertes archéologiques époustouflantes continuent chaque jour de confirmer notre présence multi-millénaires. Au grand dam de ceux qui la nient.

67 ans après sa fondation, Israël compte 8,3 millions d’habitants. L’État hébreu apparaît à de bonnes places dans de nombreux classements, comme celle d’être le 11e pays le plus heureux, au 6e rang de l’espérance de vie, à la 3e place des importations d’Hollywood. Jérusalem se classe 10e sur la liste des voyages à faire dans sa vie et l’Institut Weizmann figure parmi le top 10 des institutions de recherche.

La musique continue de jouer son rôle de soft power. Israël a ainsi reçu des stars, comme Michael Douglas, Kim Kardashian ou des légendes de la chanson, comme les crooners Gilberto Gil et Caetano Veloso qui ont réuni des artistes et des militants pour prendre position pour la paix et contre le BDS. Mais aussi Juliette Gréco, Gloria Gaynor, Robbie Williams, Art Garfunkel, Enrique Iglesias, Elton John, Sean Paul, Eroz Ramazzotti, Kanye West les Backstreet Boys et Mariah Carey. Bien d’autres sont attendus cet été, comme Sia, Craig David, Beyoncé..!

La coexistence et le vivre ensemble ont été incarnés lors d’une émouvante visite organisée par Latifa Ibn Ziaten, qui a emmené avec elle une quinzaine d’élèves français en Israël et dans les Territoires. A la fin du voyage, elle nous avait confié qu’elle pensait avoir réussi.

En espérant qu’on réussisse à notre tour…

Patrick Maisonnave et Latifa Ibn Ziaten et l'ensemble des élèves venus en Israël avec l'association Imad - 27 avril 2015 (Crédit : Ambassade française en Israël)

Patrick Maisonnave et Latifa Ibn Ziaten et l’ensemble des élèves venus en Israël avec l’association Imad – 27 avril 2015 (Crédit : Ambassade française en Israël)