Le vice-chancelier et ministre de l’Economie allemand Sigmar Gabriel, se rend dimanche en Iran où il doit s’entretenir avec le président Hassan Rouhani, devenant ainsi le premier haut responsable occidental à se rendre à Téhéran depuis l’accord sur le nucléaire iranien.

 

La question de la reconnaissance d’Israël par la République islamique sera au menu des discussions, a-t-il annoncé, précisant qu’il ne pouvait y avoir de « relations stables et véritables » entre l’Allemagne et l’Iran sans acceptation de l’existence de l’Etat hébreu.

 

M. Gabriel séjournera en Iran jusqu’à mardi « avec une petite délégation composée de représentants des secteurs allemands de l’économie et de la science », selon un communiqué de son ministère.

 

Outre sa rencontre avec le président Rouhani, il doit s’entretenir avec trois ministres et le responsable de la banque centrale iranienne, selon l’agence allemande DPA. Après Téhéran, il se rendra à Ispahan (centre), selon DPA.

 

Les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) ont conclu mardi à Vienne un accord avec l’Iran sur son programme nucléaire qui doit rester essentiellement civil, permettant de solder un dossier qui a empoisonné les relations internationales durant douze ans.

Il permet « de poser les bases d’une normalisation des liens économiques avec l’Iran à condition que les dispositions (de l’accord) soient respectées », a indiqué M. Gabriel dans le communiqué.

 

Mais la solidité et la durée des relations avec Téhéran dépendront du fait que l’Iran reconnaisse Israël, a insisté M. Gabriel dans l’édition à paraître lundi du quotidien allemand Bild.

 

« Le droit pour Israël d’exister ne doit plus être mis en question. Il ne pourra y avoir des relations stables et véritables avec l’Allemagne que lorsque la politique iranienne l’acceptera », a-t-il martelé.

 

« Je vais répéter cela clairement durant ma visite », a-t-il encore dit à Bild.

 

Le patron de la Chambre allemande du Commerce et de l’Industrie (DIHK), Eric Schweitzer, qui accompagne M. Gabriel, a qualifié ce voyage de « signe encourageant » pour les entreprises qui, en raison des sanctions occidentales, ont perdu du terrain face aux firmes chinoises ou sud-coréennes.

 

L’Iran possède la quatrième plus grande réserve de pétrole au monde et la première de gaz.

 

Berlin et Téhéran entretenaient des relations commerciales traditionnellement fortes jusqu’à la mise en place des sanctions internationales.

 

La perspective de ce voyage avait été saluée mardi par la puissante fédération allemande de l’industrie BDI, qui jugeait « réaliste » un volume d’exportations allemandes vers l’Iran à moyen terme de plus de 10 milliards d’euros, contre 2,4 milliards d’euros en 2014.

 

De « nouvelles chances » se présentent pour l’Allemagne notamment pour les secteurs des machines-outils, dont la fédération allemande a chiffré à 8 milliards d’euros le potentiel du marché iranien, de l’automobile et de la chimie, estimait le BDI.

 

Parallèlement, des voix ont insisté sur la question des droits de l’homme, Christian Mihr, responsable de l’antenne allemande de Reporters Sans frontières jugeant qu’il serait « désastreux » si les « intérêts économiques prenaient le pas sur les droits de l’homme et la liberté de la presse ».

 

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a lui aussi annoncé son intention de se rendre prochainement en Iran.