L’influent vice-prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est parti lundi pour les Etats-Unis où il doit rencontrer le président Donald Trump à l’occasion d’une « visite de travail » qui commencera jeudi, a annoncé l’agence officielle SPA.

Le prince de 31 ans, également ministre de la Défense, sera le plus haut responsable saoudien à s’entretenir avec Trump depuis que celui-ci a succédé en janvier à Barack Obama.

Mohammed ben Salmane « rencontrera le président Trump et plusieurs responsables pour discuter du renforcement des relations bilatérales et des questions régionales d’intérêt commun », selon SPA.

Second dans l’ordre de succession au trône, le prince Mohammed, fils du roi Salmane, a la réputation d’être un réformateur.

Il a élaboré un vaste chantier de réformes appelé « Vision 2030 » afin de diversifier l’économie saoudienne et réduire sa dépendance au pétrole, dont la chute des prix a conduit à des déficits budgétaires et à l’adoption d’une politique d’austérité.

Devenu l’homme fort du royaume, il accumule les portefeuilles : ministre de la Défense, deuxième vice-Premier ministre, conseiller spécial du souverain. Il préside en outre le Conseil des affaires économiques et de développement, organe qui supervise Saudi Aramco, la première compagnie productrice de pétrole au monde.

Barack Obama, alors président américain, avec le roi Salmane d'Arabie saoudite dans le Bureau ovale à la Maison Blanche à Washington, D.C., le 4 septembre 2015. (Crédit : Yuri Gripas/AFP)

Barack Obama, alors président américain, avec le roi Salmane d’Arabie saoudite dans le Bureau ovale à la Maison Blanche à Washington, D.C., le 4 septembre 2015. (Crédit : Yuri Gripas/AFP)

Les relations entre l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, alliés depuis plus de sept décennies, se sont détériorées sous l’administration Obama, en particulier sur le dossier syrien pour lequel Washington a refusé une intervention militaire d’envergure.

Mais le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir s’est déclaré confiant que l’administration Trump sera plus engagée dans la région, notamment pour contenir l’Iran.

L’Arabie saoudite accuse constamment l’Iran d’ingérences dans les affaires des pays arabes, dont le Yémen où Téhéran soutient les rebelles chiites Houthis contre le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

Les Etats-Unis fournissent des armes et apportent un soutien en ravitaillement et en renseignement à une coalition arabe dirigée par Ryad qui aide militairement le gouvernement yéménite.

La visite du prince Mohammed aux Etats-Unis coïncide avec une tournée de près d’un mois que le souverain saoudien Salmane entreprend en Asie, axée sur le renforcement des relations économiques et la promotion des investissements avec les pays asiatiques.

Un diplomate étranger a déclaré que le roi voyageait avec une grande partie de la famille royale, et que cette tournée était vue par certains comme un moyen de construire une loyauté envers le prince Mohammed.

Des analystes ont indiqué une rivalité entre le prince Mohammed et le prince Mohammed ben Nayef, 56 ans, premier en ligne de succession, qui est également le ministre de l’Intérieur du royaume.