Philip Roth, considéré comme l’un des plus brillants romanciers américains de sa génération, a confirmé qu’il allait cesser d’écrire et se retirer de la scène publique après une ultime interview à la BBC qui en a diffusé lundi des extraits.

Dans un documentaire en deux parties dont la première sera diffusée mardi, l’écrivain de 80 ans déclare au journaliste Alan Yentob : « Il s’agit de ma dernière apparition à la télévision, vraiment ma dernière apparition publique où que ce soit ».

Philip Roth avait sidéré le monde de la littérature il y a 18 mois en annonçant au magazine français Les Inrockuptibles qu’il cessait d’écrire.

« J’étais arrivé au terminus. Il n’y avait plus rien pour moi sur quoi écrire », a confié l’auteur de 31 livres en une cinquantaine d’années.

Son dernier roman, Némésis, a été publié en 2010 aux Etats-Unis.

« Je me concentre sur la grande tâche qui consiste à ne rien faire. J’ai passé de très bons moments durant les trois ou quatre dernières années. Maintenant que je n’écris plus, je veux juste bavarder », a-t-il confié.

Au cours des 53 ans d’une carrière qui l’a rendu célèbre dans le monde entier, l’écrivain a gagné de multiples récompenses : Pulitzer en 1998 pour « Pastorale américaine », National Book Award en 1960 pour Good bye, Columbus et en 1995 pour le Théâtre de Sabbath.

Petit-fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est né dans le New Jersey près de New York, Philip Roth a écrit quelque 30 romans : récits provocateurs des mœurs de la petite bourgeoisie juive-américaine, satires politiques, réflexions sur le poids de l’Histoire, ou plus récemment sur le vieillissement, ses œuvres sont souvent à la frontière entre autobiographie et fiction.

Il avait été révélé au grand public avec la parution en 1969 de « Portnoy et son complexe », qui avait fait scandale. Son jeune héros y abordait sans détour face à son psychanalyste les affres de la masturbation et son rapport obsessionnel à sa mère, à l’Amérique et à la judéité.