Cette visite, inscrite à l’agenda présidentiel, n’avait fait l’objet d’aucune communication de l’Elysée vendredi.

L’Agence de presse saoudienne SPA avait pour sa part rendu compte de cette visite, signalant qu’elle avait été l’occasion de cette décoration, la plus haute distinction française.

Le prince héritier, par ailleurs ministre saoudien de l’Intérieur, a reçu cette décoration « au titre de personnalité étrangère, une pratique protocolaire courante », a souligné l’entourage de François Hollande.

Le président de la République avait lui-même été « décoré de l’ordre suprême du Royaume » lors d’une de ses visites en Arabie saoudite, a-t-on rappelé de même source.

La France entretient des relations très suivies avec l’Arabie saoudite, allié important en Syrie dans la lutte contre le groupe Etat islamique (EI) et avec lequel la France a conclu d’importants contrats d’armement.

Cette décoration a suscité de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, alors que depuis le début de l’année, le régime saoudien a procédé à 70 exécutions, la dernière ayant eu lieu ce dimanche avec la décapitation d’un Saoudien condamné à mort pour meurtre.

Le 2 janvier, 47 personnes avaient été mises à mort en une seule journée pour « terrorisme » dans le royaume, notamment le dignitaire et opposant chiite saoudien Nimr al-Nimr, dont l’exécution a provoqué une crise diplomatique entre Ryad et Téhéran.

Nimr al-Nimr (Crédit : capture d’écran MEMRI/YouTube)

Nimr al-Nimr (Crédit : capture d’écran MEMRI/YouTube)

En 2015, 153 personnes ont été exécutées en Arabie saoudite, selon un décompte de l’AFP basé sur des chiffres officiels, un niveau inégalé depuis 20 ans dans ce royaume ultra-conservateur régi par une interprétation rigoriste de la loi islamique.

Les autorités invoquent la dissuasion pour justifier la peine de mort dans des affaires de terrorisme, de meurtre, viol, vol à main armée et trafic de drogue.