L’Eglise grecque orthodoxe de Jérusalem a dénoncé une récente décision de la justice israélienne donnant le droit à une organisation juive d’acquérir des biens appartenant à l’Eglise dans la Vieille Ville de Jérusalem.

Le Patriarche de Jérusalem, Théophile III, a ainsi assuré au cours d’une rare conférence de presse à Amman que l’Eglise ferait appel devant la Cour suprême israélienne de ce jugement qu’elle considère « partial » et « politique ».

Dans un jugement prononcé le 1er août, le tribunal de district de Jérusalem a maintenu la validité des baux emphytéotiques conclus entre l’Eglise et l’organisation israélienne Ateret Cohanim, œuvrant pour la présence juive à Jérusalem Est, soulignant qu’il n’y avait pas de preuves de corruption, selon la presse israélienne.

Cette décision de justice « a dépassé toutes les limites […]. Elle ne peut être expliquée que par des motifs politiques », a souligné samedi Théophile III dans la capitale jordanienne.

Il a dénoncé un jugement qui « non seulement affecte le patriarcat mais frappe aussi le cœur du Quartier chrétien de la Vieille Ville […] et aura certainement des effets négatifs sur la présence chrétienne en Terre sainte. »

L'hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)

L’hôtel Petra, dans la Vieille Ville de Jérusalem. (Crédit : Ranbar/CC BY SA/Wikimedia)

L’affaire remonte à 2004. Trois entreprises liées à l’association juive israélienne Ateret Cohanim ont acquis dans le cadre d’un bail emphytéotique trois bâtiments de l’Eglise grecque orthodoxe, dont l’hôtel Petra et l’Imperial Hotel, ainsi qu’un immeuble résidentiel dans la Vieille Ville, dans le secteur de la Porte de Jaffa.

Cette acquisition avait provoqué la colère parmi les Palestiniens et entraîné la destitution en 2005 du patriarche Irénéos Ier, prédécesseur de Théophile III.

L’Eglise avait engagé des poursuites contre Ateret Cohanim, affirmant que ces acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation. La bataille en justice a duré plusieurs années et le jugement rendu le 1er août est le dernier rebondissement de longs démêlés politico-religieux et financiers qu’a connus le Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem.

Le Patriarcat grec orthodoxe a souvent été accusé par les Palestiniens de vendre ou louer ses biens fonciers à Israël.

L’Eglise grecque orthodoxe compte près de 200 millions de membres à travers le monde. Ses fidèles en Israël et en Cisjordanie sont estimés à quelque 90 000, et elle constitue la principale communauté chrétienne en Terre sainte.

Le patriarcat de Jérusalem a été fondé en 451 par le concile de Calcédoine et possède de nombreux biens, en particulier fonciers, en Israël, en Cisjordanie, en Jordanie et dans les pays voisins.