L’Egypte a fustigé vendredi la « politique de punition collective » d’Israël à Gaza, appelant la communauté internationale à mettre fin rapidement au conflit qui a fait près de 100 morts en quatre jours dans l’enclave palestinienne.

L’offensive israélienne lancée dans la nuit de lundi à mardi en représailles à des tirs de roquettes depuis la bande de Gaza a tué plus de 90 Palestiniens et en a blessé plus de 500.

« L’Egypte refuse l’escalade (de violence) irresponsable d’Israël », a déclaré le ministère des Affaires étrangères égyptien dans un communiqué, critiquant « l’usage excessif et superflu de la force militaire qui conduit à la mort de civils innocents ».

« Cela représente une continuation de la politique oppressive de punition collective » de l’Etat hébreu, ajoute le communiqué.

L’Egypte a pressé la communauté internationale d’intervenir rapidement pour mettre fin au conflit.

Elle a également appelé Israël et le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle Gaza sur le plan sécuritaire, d’adhérer à l’accord de cessez-le-feu conclu en 2012 sous la médiation du Caire et qui avait mis fin à une semaine d’affrontements meurtriers.

L’Egypte, premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël en 1979, a fait cette fois profil bas face aux raids israéliens sur Gaza, le gouvernement s’étant jusqu’à présent contenté d’appeler les deux parties à cesser les violences.

La donne a en effet changé depuis 2012 lorsque le président égyptien était l’islamiste Mohamed Morsi, proche du Hamas. C’est aujourd’hui l’ancien chef de l’armée et artisan de l’éviction de M. Morsi en juin 2013, Abdel Fattah al-Sissi, qui est au pouvoir. Et le Hamas, comme les Frères musulmans dont est issu M. Morsi, ont été interdits dans le pays.

L’escalade de violence, si elle se poursuivait, ne « créerait (pas) le climat approprié pour des négociations futures pour régler (le conflit) de manière pacifique », relève encore le ministère des Affaires étrangères.