Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi avoir interdit à des militantes étrangères de se rendre dans la bande de Gaza via sa frontière avec l’enclave palestinienne en raison, selon lui, de la dégradation de la situation sécuritaire dans le Sinaï.

Une centaine de militantes pro-palestiniennes venues d’Europe et des Etats-Unis prévoyait de rejoindre la bande de Gaza via le terminal de Rafah, dans le nord-est de l’Egypte, pour y célébrer la journée de la Femme le 8 mars et dénoncer le blocus de la bande de Gaza.

Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty a indiqué dans un communiqué que Le Caire avait expliqué aux militantes que « le calendrier n’était pas approprié […] compte tenu des conditions de sécurité exceptionnelles dans le Nord-Sinaï et de la difficulté d’assurer [leur] sécurité […] jusqu’à leur arrivée au terminal ».

Depuis que l’armée égyptienne a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en juillet, les attaques meurtrières contre les forces de l’ordre sont devenues quasi-quotidiennes dans la péninsule, malgré un déploiement militaire renforcé pour lutter contre les groupes jihadistes implantés dans le Nord-Sinaï.

Les autorités avaient expulsé cette semaine le Prix Nobel de la paix Mairead Maguire, ainsi que la militante américaine Medea Benjamin, qui avait affirmé à l’AFP que les policiers lui avaient cassé le bras.

Jeudi, 45 militantes, en majorité des Françaises, étaient toujours empêchées d’entrer en Egypte, selon un membre de l’organisation de la délégation.

Les autorités ont proposé d’expulser certaines d’entre elles mais elles ont refusé d’embarquer tant qu’elles ne seraient pas toutes rapatriées ensemble.

Quelque 30 femmes, arrivées quelques jours plus tôt, ont toutefois pu entrer sur le territoire égyptien et essayeront, malgré l’interdiction des autorités, de se rendre à Gaza, de même source.

Rafah est le seul point de passage vers Gaza qui ne soit pas contrôlé par Israël et les autorités égyptiennes sont régulièrement accusées d’aider Israël à maintenir l’embargo sur l’enclave palestinienne dirigé par le mouvement terroriste Hamas, en l’ouvrant de façon chaotique.