L’Union africaine (UA) a levé les suspensions de l’Egypte, écartée il y a près d’un an après le renversement par l’armée du président Mohamed Morsi, et de la Guinée-Bissau, a-t-elle annoncé mercredi.

« L’Egypte est à nouveau admise à participer à toutes les activités de l’Union africaine », a déclaré à l’AFP le commissaire à la Paix et la Sécurité de l’UA, Smail Chergui.

L’organisation panafricaine de 54 Etats membres, qui siège à Addis Abeba, avait suspendu l’Egypte en juillet 2013, après le coup d’Etat contre le président Morsi, démocratiquement élu en juin 2012.

Selon des diplomates, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a décidé lors d’une réunion mardi soir de réintégrer l’Egypte, même si les règles de l’organisation stipulent que les gouvernements des Etats membres doivent être démocratiquement élus.

Alors chef de la puissante armée égyptienne, Abdel Fattah al-Sissi avait destitué et fait emprisonner Mohamed Morsi le 3 juillet 2013, réprimant ensuite ses partisans dans le sang, notamment sa confrérie islamiste des Frères musulmans.

Premier président élu démocratiquement en Egypte, M. Morsi était arrivé au pouvoir après la chute de Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire début 2011. En mai dernier, M. Sissi a été élu président de l’Egypte avec 96,9% des voix, après avoir éliminé toute opposition de la scène politique.

Smail Chergui a précisé que la décision de réintégrer l’Egypte avait été prise à l’unanimité, malgré la controverse entourant la présidentielle.

« Nous pensons tous que l’élection a été régulière et il (M. Sissi) a prêté serment », a dit M. Chergui, ajoutant que l’UA allait soutenir les élections législatives à venir en Egypte et tenter d’y améliorer les droits de l’Homme et la liberté de la presse – des dizaines de journalistes ont été emprisonnés.

L’Union africaine a également réintégré la Guinée-Bissau, qui avait été suspendue après un coup d’Etat militaire en 2012.

L’UA a pour politique de suspendre tout Etat membre où se produit un « changement inconstitutionnel de pouvoir », généralement jusqu’au retour à l’ordre constitutionnel.

Le seul pays africain qui reste suspendu de l’UA est la Centrafrique, en proie à une crise sans précédent depuis début 2013. Les exactions des groupes armés contre les civils et les violences interconfessionnelles y ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.