WASHINGTON – L’escalade entre le Hamas et Israël n’est pas quelque chose de nouveau. Ce qui manque en ce moment, disent les analystes, peut se définir comme l’alignement des intérêts extérieurs qui a pu résoudre ces combats dans le passé.

Le gouvernement égyptien n’a pas l’influence de ses prédécesseurs sur le Hamas et les États-Unis est en mode « lavage des mains sur le Moyen-Orient », a déclaré Ami Ayalon, l’ancien chef du Shin Bet, le service de sécurité intérieure d’Israël.

« Dans le passé, les Egyptiens pouvaient jouer un rôle majeur et l’Amérique avait un intérêt », en mettant la pression pour le cessez-le feu, a confié Ayalon au JTA.

Maintenant, dit-il, le nouveau président de l’Egypte, Abdel-Fattah el-Sissi, est fortement hostile au Hamas – une posture qu’Israël apprécie mais qui compromet sa capacité à forcer un cessez-le-feu – et les États-Unis ne soutiennent pas activement une trêve.

« Aujourd’hui, de ce qu’on voit d’ici, l’Amérique s’en moque », a déclaré Ayalon.

L’administration Obama a publié un bref communiqué mardi condamnant les tirs de roquettes à partir de Gaza.

« Nous condamnons fermement les tirs de roquettes continus à l’intérieur d’Israël et le ciblage délibéré des civils par les organisations terroristes dans la bande de Gaza », a fait savoir le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest au cours de sa conférence de presse quotidienne.

« Aucun pays ne peut accepter les tirs de roquettes contre des civils, et nous soutenons le droit d’Israël à se défendre contre ces attaques brutales. »

Il a mentionné la volonté du Secrétaire d’Etat américain John Kerry à
« s’engager résolument » à rétablir le cessez-le feu.

Dans le conflit actuel, plusieurs dizaines de missiles sont tombés sur Israël à partir de Gaza. Le Hamas a dévoilé des roquettes à plus longue portée que pour la première fois quand il avait frappé des cibles aussi lointaines que Jérusalem.

Les interventions américaines intensive, en collaboration avec l’Egypte, ont pu mettre fin aux guerres avec Gaza en 2009 et en 2012.

Shlomo Brom, un ancien directeur de la planification stratégique de l’armée israélienne, a déclaré que les États-Unis n’avaient pas d’autre choix que de se retenir en l’absence de l’influence égyptienne sur le Hamas.

« Les Etats-Unis n’ont pas beaucoup de pouvoir parce qu’ils n’ont pas d’influence sur le Hamas », a déclaré Brom, maintenant à la tête du programme sur les relations israélo-palestiniennes à l’Institut d’Israël pour les études de sécurité nationale.

Aaron David Miller, un ancien négociateur en chef des États-Unis au Moyen-Orient, a écrit que la retenue fait sens pour l’instant pour les États-Unis car intervenir et traiter avec le Hamas d’égal à égal casserait leur lien avec leur interlocuteur préféré, Mahmoud Abbas.

L’incendie a été alimenté par une série de faits graves : l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens ; la campagne militaire israélienne en Cisjordanie contre le Hamas, accusé de l’enlèvement ; les représailles des tirs de roquettes des factions palestiniennes à Gaza ; et l’assassinat d’un adolescent palestinien de Jérusalem Est, apparemment par des extrémistes juifs qui veulent venger les meurtres des adolescents israéliens.

« Il s’agit de la pire espèce de guerre », a déclaré Ziad Asali, président de l’American Task Force sur la Palestine, « où rien n’est prévu ou conçu par le leadership mais où peu à peu la logique est entraînée par des forces passionnées. »

Brom estime que des rivaux du Hamas, bien plus extrêmistes que lui, l’ont acculé à l’escalade.

« Si vous revenez en arrière et regardez comment tout a commencé, vous pouvez voir que ceux qui attaquaient Israël depuis Gaza ne faisaient pas partie du Hamas mais étaient membres d’autres groupes militants en opposition au Hamas » a déclaré Brom. « Ces groupes sont intéressés à traîner Israël et le Hamas dans un conflit plus large. »

Jonathan Schanzer, vice-président pour la recherche à la Fondation pour la Défense des Démocraties à Washington, a indiqué que des responsables israéliens lui avaient expliqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait fait preuve de retenue dans la réponse d’Israël aux tirs de roquettes jusqu’à un blitz de 80 roquettes lundi.

« Cela a été le point de basculement », a déclaré Schanzer, parlant de Jérusalem. «Tout le monde nous a fait savoir que Bibi n’était pas du tout intéressé par l’escalade. »

Dans un communiqué mardi soir, Netanyahu a souligné sa réticence à ce que la situation dégénère.

« Ceci vient après que nos efforts répétés pour rétablir le calme aient été accueillis avec une augmentation des tirs de roquettes du Hamas », a-t-il déclaré. « Israël ne recherche pas la guerre, mais la sécurité de nos citoyens demeurera toujours notre préoccupation principale. »