Réagissant à la décision d’un tribunal égyptien interdisant une célébration annuelle juive en l’honneur du rabbin marocain Yaakov Abuhatzeira, un de ses descendants a déclaré mardi au Times of Israel que cela fait déjà des années que les Juifs ne peuvent accéder à l’événement dans le nord de l’Egypte pour des questions de sécurité.

Le tribunal administratif d’Alexandrie a interdit lundi dernier les festivités annuelles, jadis fréquentées par des centaines de Juifs sur la tombe de Abou hassira dans la ville de Damanhur dans le Delta du Nil, où le rabbin a été enterré en 1879, alors qu’il était en route vers la Terre d’Israël.

Les résidents locaux à Damanhur s’étaient plaints de la consommation d’alcool, du mélange des hommes et des femmes, et des mesures de sécurité strictes qui perturbent leur vie quotidienne autour du site, qui a été déclaré monument culturel égyptien par le ministère de la Culture en 2001.

Né dans l’oasis du Sahara du Tafilalt en 1805, Abou hassira, connut aussi comme Abir Yaakov, était un kabbaliste de renom et un érudit juif.

Le mausolée de son petit-fils, le rabbin Yisrael Abou hassira – connu sous le nom de Baba Saleh – à Netivot est l’un des lieux saints juifs les plus visités d’Israël.

Mais Yaakov Yehudayoff, un descendant de Abou hassira qui organise des voyages de groupe d’Israéliens sur le site depuis 1989, a déclaré que l’Egypte est devenue trop dangereuse pour les Israéliens et les Juifs à la suite des soulèvements populaires dans le pays, communément appelés le printemps arabe.

« Cette année, l’ambassade égyptienne [à Tel Aviv] a délivré des visas, mais je n’ai pas envisagé d’y aller », a déclaré Yehudayoff. « Le consulat risque de garder les visas jusqu’à la dernière minute, ou de rejeter les demandes pour le pélérinage, prétendant que le Caire n’est pas d’accord. »

« On n’a pas le droit [religieusement] de se rendre sur un endroit dangereux », a-t-il ajouté. « La ville de Damanhur est dominée par les Frères musulmans et est très hostile. Il est inutile d’y aller ».

En décembre 2010, la dernière fois qu’un grand groupe de 550 Israéliens s’était rendu en Egypte, ils ont été accueillis avec des pancartes « mort aux Juifs».

Le parti nassérien de l’Egypte a lancé une campagne intitulée « Vous ne passerez pas sur ma terre », appelant le gouvernement à interdire toute présence « sioniste » en Egypte.

Yehudayoff rappelle que les voyages organisés en Egypte ont toujours été fortement encadrés par la sécurité égyptienne, notant que dans certains cas, il a été demandé aux Israéliens de ne pas visiter certains sites.

Dans les premières années, le consulat égyptien nous demandait juste d’amener nos passeports pour accord. Mais d’année en année, il est devenu de plus en plus difficile de traiter avec eux.

« La dernière fois que nous y sommes allés, il y avait littéralement des bataillons de l’armée et de la police égyptienne, » a-t-il dit.

« Dans les premières années, le consulat égyptien nous demandait juste d’amener nos passeports pour accord. Mais d’année en année, il est devenu de plus en plus difficile de traiter avec eux. Au cours des dernières années, ils nous interrogent, nous demandent la liste des noms, pour ne delivrer les visas qu’un jour ou deux avant le voyage. Ils ont rendu très difficile la visite de la tombe ».

Emanuel Nachschon, un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a déclaré au Times of Israel que ses services « étudient la directive égyptienne, en espérant que l’Egypte continuera de permettre la liberté de culte comme elle l’a fait dans le passé. »

Israël espère que le gouvernement d’Abdel-Fattah el-Sissi, considéré comme plus favorable à l’Etat juif que son prédécesseur des Frères musulmans, va annuler la décision du tribunal administratif local.

Le pélérinage annuel étaient censé avoir lieu le 9 janvier 2015. Mais Yehudayoff dit qu’il a deconseillé aux Juifs interessés de s’y rendre.

«Des gens viennent de m’appeler de Paris, demandant où était la clé [du site]. Je leur ai répondu que je leur conseille de ne pas y aller ».

Yehudayoff dit que c’est frustrant d’être interdit d’accès à un lieu saint, réputé pour les prières des croyants qui ont été exaucées.

« Il est bien connu qu’il est difficile d’accéder aux lieux saints où des miracles se produisent, » a-t-il conclu.