L’Egypte livre du fuel à Gaza et adoucit la crise de l’électricité
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L’Egypte livre du fuel à Gaza et adoucit la crise de l’électricité

Plus de 11 camions transportant un million de litres de carburant, entrent dans Gaza, alors qu’Israël continue de diminuer son approvisionnement à la demande de l'AP

Des camions égyptiens apportent du carburant dans la bande de Gaza par le terminal de Rafah, le 21 juin 2017. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)
Des camions égyptiens apportent du carburant dans la bande de Gaza par le terminal de Rafah, le 21 juin 2017. (Crédit : Saïd Khatib/AFP)

L’Egypte a commencé mercredi à livrer du carburant à la bande de Gaza, a annoncé un responsable palestinien, espérant soulager la crise de l’électricité du territoire palestinien.

Mercredi, 22 camions devaient transiter par le terminal de Rafah, à la frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza. Le million de litres de carburant industriel qu’ils transportent sera directement acheminé vers la centrale électrique et « elle recommencera à fonctionner dans les heures à venir », a indiqué l’Autorité de l’énergie à Gaza.

Il y a trois jours, Israël a commencé à réduire ses livraisons d’électricité à Gaza, après la demande du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Wael Abu Omar, qui dirige la communication du terminal de Rafah, a indiqué que huit livraisons étaient déjà arrivées et que 14 autres étaient encore attendues dans la journée.

« Un million de litres de carburant pour la centrale électrique entreront aujourd’hui », a-t-il dit.

Une telle quantité permet de l’alimenter « à plein régime pendant deux jours, à bas régime pendant trois jours », a déclaré pour sa part à l’AFP le directeur général de la compagnie d’électricité gazaouie, Samir Metir.

Pendant une conférence de presse organisée au terminal de Rafah, Tawfiq Abu Naim, le responsable de la sécurité dans la bande de Gaza et vice-ministre de l’Intérieur dirigé par le Hamas, a déclaré: « nous espérons que ce soutien en carburant de la République arabe [d’Egypte] à la bande de Gaza continuera. »

Ce geste égyptien intervient à quelques jours des célébrations de la fête musulmane de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois de jeûne du Ramadan.

Les livraisons égyptiennes de carburant devraient d’ailleurs se poursuivre jusqu’à cette échéance, a indiqué à l’AFP Wael Abu Omar.

La livraison en urgence de l’Egypte ne permettra cependant pas de résoudre totalement la crise de l’électricité à Gaza.

Des palestiniens se réchauffent autour d'un feu pour pallier le manque d'électricité, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 1er décembre 2016. (Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des palestiniens se réchauffent autour d’un feu pour pallier le manque d’électricité, à Rafah, dans la bande de Gaza, le 1er décembre 2016. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

La PENRA, l’Autorité palestinienne de l’énergie et des ressources naturelles, a annoncé mercredi qu’Israël avait encore réduit de 24 mégawatts/heure l’alimentation électrique, et devrait la réduire de 16 mégawatts/heure pendant les deux prochains jours.

Selon la PENRA, Israël fournit 120 mégawatts/heure, alors que l’armée israélienne indique qu’elle fournit 125 mégawatts/heure.

L’alimentation en électricité de Gaza et de ses deux millions d’habitants est régulièrement un sujet d’inquiétude.

Le territoire est en pénurie chronique faute d’infrastructures : si toutes ses sources d’approvisionnement étaient alimentées normalement, elles ne couvriraient même pas la moitié de ses besoins, estimés entre 450 et 500 mégawatts.

Vient ensuite la question la plus épineuse dans l’enclave tenue depuis 10 ans sans partage par le Hamas, groupe terroriste rival de l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas : qui doit payer ? Jusqu’ici, l’Autorité réglait la facture mensuelle : 40 millions de shekels versés à Israël. Mais, ce mois-ci, l’Autorité a informé Israël qu’elle ne paierait plus.

La question de l’addition se pose également régulièrement pour le carburant qui alimente la centrale électrique de Gaza. C’est parce qu’elle n’a pas été résolue il y a deux mois que la centrale avait été mise à l’arrêt.

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