Le groupe Etat islamique (EI) a « exécuté au moins 116 civils » dans une ville du centre de la Syrie, avant d’en être chassé samedi par les troupes de Damas, a rapporté lundi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

« Durant les 20 jours où il a contrôlé al-Qaryatayne, l’EI a exécuté au moins 116 civils en représailles, après les avoir accusés de collaboration avec les troupes du régime » de Bachar al-Assad, a indiqué à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de cette ONG qui dispose d’un vaste réseau de correspondants en Syrie.

« Après la reprise de cette ville située dans la province de Homs, les habitants ont trouvé des cadavres dans les rues, les maisons et dans d’autres endroits », a précisé M. Abdel Rahmane.

« Certains ont été tués à l’arme blanche, d’autres par balle », a-t-il ajouté.

D’après les sources de l’OSDH, la grande majorité des victimes ont été tuées dans les deux derniers jours avant que l’EI ne soit chassé d’al-Qaryatayne.

Le groupe EI s’était à nouveau emparé, le 1er octobre, de cette ville qui compte une minorité chrétienne et plusieurs églises, dont certaines ont été saccagées par les jihadistes. L’organisation ultraradicale l’avait capturée une première fois en août 2015 avant d’en être chassé moins d’un an plus tard.

D’après l’OSDH, le régime a repris la ville samedi, « après le retrait de plus de 200 membres de l’EI, en direction de la Badiya », le grand désert du centre du pays.

Cible de multiples offensives, l’EI subit depuis des mois revers après revers en Syrie et en Irak voisin. Il vient d’être chassé par une alliance de combattants kurdes et arabes de Raqa, sa « capitale » de facto en Syrie et voit ainsi s’écrouler son « califat » proclamé sur les régions conquises en 2014, à cheval entre les deux pays.

Des combats se poursuivent en Syrie dans la province de Deir Ezzor (est), coupée en deux par le fleuve Euphrate et frontalière de l’Irak, où l’organisation jihadiste est confrontée à deux offensives distinctes.