Le groupe terroriste Etat islamique (EI) a affirmé mercredi être responsable de l’envoi de deux roquettes lundi depuis la péninsule du Sinaï, visant un point de passage à la frontière entre Israël et l’Egypte. Les deux projectiles ont manqué leur cible et sont retombés sur le territoire égyptien.

La branche égyptienne de l’Etat islamique, connue sous le nom de Province du Sinaï, a publié des photos de l’attaque lancée lundi via l’une de ses nouvelles agences de presse, évoquant le « bombardement par deux roquettes du passage de Nitzana, à la frontière avec la Palestine. »

Lundi, les sirènes d’alerte à la roquette avaient résonné dans le sud d’Israël, en réponse à cette agression lancée depuis le Sinaï.

Le groupe Etat Islamique a affirmé qu’Israël avait répondu par une série d’attaques aériennes le visant dans le nord de la péninsule du Sinaï. L’agence de presse a indiqué qu’Israël avait mené trois frappes aériennes en trois jours dans le secteur de Sheikh Zuweid, au nord de cette région. Les forces israéliennes ont refusé de commenter ces allégations.

Selon l’agence de presse de l’EI, Abdullah Kishta, ancien responsable du Hamas qui a rejoint l’EI, a été tué dans le Sinaï, selon des médias affiliés à l’EI. Les circonstances de sa mort n’ont pas été précisées.

Ces deux dernières années, Kishta aurait travaillé comme intermédiaire entre l’Etat islamique et le Hamas dans la bande de Gaza, aidant au passage de combattants vers et depuis l’enclave côtière.

Le Coordinateur israélien des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), le major-général Yoav Mordechai, a cité le nom de Kishta comme lien entre les deux groupes terroristes l’année dernière, affirmant que l’armée israélienne possédait des « preuves » d’une connexion directe.

En juillet, un ancien responsable israélien avait déclaré à Bloomberg News qu’Israël avait mené ces dernières années des frappes contre des terroristes opérant dans la péninsule du Sinaï avec des drones.

Les frappes aériennes ont été menées avec la connaissance et la bénédiction de l’Eypte, selon l’ancien responsable, qui avait parlé au site d’informations américain sous condition d’anonymat.

Bien que la coopération étroite entre Jérusalem et Le Caire sur la sécurité dans le Sinaï et la bande de Gaza soit devenue un secret de polichinelle, beaucoup des détails de cette relation n’ont eux jamais été dévoilés.

Les islamistes du Sinaï, qui ont depuis plaidé allégeance à l’EI, mènent une insurrection contre les forces égyptiennes depuis l’éviction du président Hosni Moubarak en 2011.

Les combats se sont intensifiés ces dernières années après le coup d’état de l’actuel président, Abdel-Fattah el-Sissi, pour écarter du pouvoir Mohammed Morsi, lié aux Frères musulmans.

Les responsables militaires israéliens pensent que, en dépit de divergences idéologiques, le Hamas dans la bande de Gaza coopère avec des extrémistes affiliés à l’EI et/ou d’autres groupes armés de la région voisine du Sinaï égyptien.

Des Palestiniens examinent les dommages après que les forces égyptiennes ont inondé un tunnel transfrontalier à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 18 septembre 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Des Palestiniens examinent les dommages après que les forces égyptiennes ont inondé un tunnel transfrontalier à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 18 septembre 2015. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Ils ont salué la répression égyptienne contre les tunnels de contrebande transfrontaliers du Hamas, qui ont été une des voies principales d’approvisionnement en armes de la bande de Gaza, et affirment que l’armée égyptienne réalise un travail admirable dans la bataille brutale contre les terroristes de l’EI dans le Sinaï.

Israël a autorisé l’Egypte à déployer dans le Sinaï des armes lourdes comme des tanks, de l’artillerie et des hélicoptères d’attaque pour combattre les extrémistes, passant sur une clause de l’accord de paix signé en 1979 entre les deux pays.

Les deux pays entretiendraient également une coopération étroite dans le domaine des renseignements.

Tous deux sont entrés dans une sorte d’âge d’or de leurs relations depuis que Sissi a pris le pouvoir en Egypte en 2013.

« C’est l’une des meilleures périodes que nous ayons jamais eu » en termes de coopération entre les gouvernements, avait déclaré cette année l’ambassadeur israélien au Caire, Haim Koren. « Il y a une bonne coopération entre les armées, nous avons des accords sur la péninsule du Sinaï, et fondamentalement, nous voyons [du même œil] le développement de la région. »

Des agences ont contribué à cet article.