Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué mardi pour la première fois officiellement un attentat dans un pays occidental, en annonçant sur sa radio avoir perpétré l’attaque contre une organisation islamophobe dimanche au Texas.

Il a menacé les Etats-Unis d’autres attaques encore plus sanglantes, dans son bulletin radiophonique quotidien.

« Deux soldats du califat ont mené une attaque contre une exposition de caricatures contre le prophète à Garland, Texas, Amérique », affirme l’EI qui a proclamé un « califat » sur les territoires qu’il a conquis à cheval entre l’Irak et la Syrie.

L’attaque s’est produite dans la grande banlieue de Dallas, où se déroulait un concours de caricatures de Mahomet organisé par l’association American Freedom Defense Initiative, considérée comme islamophobe.

Un policier a abattu les deux hommes lourdement armés qui ont tiré sur le rassemblement mais n’ont réussi à blesser que légèrement un garde de sécurité.

« Les deux frères ont ouvert le feu sur l’exposition blessant un policier chargé de la protéger avant d’être tués lors de la fusillade », ajoute l’EI.

« Nous disons à l’Amérique: ce qui se prépare sera plus important et plus amer. Vous verrez des choses horribles menées par les soldats de l’EI », menace le groupe djihadiste.

Selon les médias américains, les deux islamistes présumés étaient Elton Simpson, 31 ans, et Nadir Soofi, 34 ans, qui partageaient d’après le Los Angeles Times un appartement à Phoenix, dans l’Arizona (sud-ouest).

C’est la première fois que le groupe extrémiste sunnite, responsable d’atrocités et accusé par l’ONU de crimes contre l’Humanité, revendique officiellement une attaque dans un pays occidental.

L’EI sévit particulièrement en Syrie et en Irak où une coalition dirigée par les Etats-Unis bombarde ses positions depuis 2014. Il a aussi des branches en Libye et dans le Sinaï égyptien.

L’organisation djihadiste a revendiqué en janvier un attentat dans la capitale libyenne contre l’hôtel Corinthia (9 morts dont un Américain et un Français).

Il a par ailleurs revendiqué l’attaque le 18 mars 2015, contre le musée du Bardo à Tunis (20 touristes étrangers et un policier tunisien tués), et des attentats suicide le 20 mars contre des mosquées à Sanaa, la capitale du Yémen (près de 150 morts).

Début janvier, Amédy Coulibaly, qui avait tué une policière municipale puis quatre personnes dans un supermarché casher à Paris avant d’être abattu par les forces de l’ordre, s’était réclamé de l’EI mais le groupe djihadiste n’avait pas repris à son compte les attentats.