L’émir du Qatar a assuré jeudi lors d’une visite à Washington qu’il voulait la « stabilité » de l’Egypte après des mois de tensions entre les deux pays, notamment ces derniers jours à propos de la lutte contre le groupe Etat islamique.

« Ma politique consiste à faire en sorte que s’il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour aider à stabiliser la situation en Egypte, je le ferai », a déclaré cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, devant des centaines d’étudiants de l’université de Georgetown.

« Il y a dorénavant un gouvernement là-bas (au Caire). Nous avons des désaccords avec lui mais nous sommes tous d’accord pour dire que ce gouvernement doit être stable », a insisté l’émir interrogé sur les relations difficiles entre son pays et l’Egypte et sur la place de l’émirat au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) qui regroupe aussi l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït, Oman et Bahreïn.

La semaine dernière, l’Egypte et le Qatar avaient étalé leurs différends après des frappes militaires égyptiennes contre le groupe EI en Libye où l’organisation djihadiste a renforcé son emprise.

Doha avait dénoncé une « action militaire unilatérale » de l’Egypte qui a agi sans consulter ses partenaires de la Ligue arabe. Le délégué égyptien à la Ligue avait alors accusé le Qatar de soutenir le « terrorisme ».

Doha avait aussitôt rappelé son ambassadeur au Caire.

Les cinq autres monarchies du CCG s’étaient rangées aux côtés du Qatar et avaient critiqué l’Egypte. Avant de faire volte-face et de soutenir Le Caire contre Doha.

« Il y a eu des désaccords entre le Qatar et certains membres du CCG concernant notre approche à l’égard de l’Egypte mais lorsque le gouvernement (au Caire) a été élu, nous nous sommes rangés à ses côtés », a assuré cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani.

La plupart des monarchies du Golfe, dont l’Arabie saoudite, soutiennent l’Egypte du président Abdel Fattah al-Sissi depuis le renversement à l’été 2013 de son prédécesseur Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.

Le Qatar, en revanche, est accusé de soutenir cette confrérie islamiste considérée aujourd’hui comme une « organisation terroriste » par l’Egypte, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Doha avait toutefois fini par apporter son soutien au président égyptien Sissi élu en 2014.

L’émir effectue sa première visite officielle aux Etats-Unis et a été reçu mardi par le président Barack Obama qui a salué le rôle de Doha dans la coalition contre le groupe EI.