Le rabbin Yoshiyahu Pinto s’est présenté au centre médical de la prison de Ramle mardi après-midi pour purger une peine d’emprisonnement d’un an pour avoir versé des pots-de-vin à un agent de police, après une visite de dernière minute à l’hôpital.

Pinto, atteint d’un cancer, s’est rendu mardi en fin de matinée dans un hôpital de Jérusalem, quelques heures avant qu’il ne doive se rendre dans un centre médical pénitentiaire pour commencer à purger une peine d’un an pour avoir corrompu un policier.

Pinto devait suivre un traitement oncologique à l’hôpital Hadassah d’Ein Kerem à 13h – l’horaire qui avait été programmé pour qu’il se rende en prison.

Le service pénitentiaire a déclaré que Pinto pouvait entrer au centre médical de la prison Nitzan de Ramle, dans le centre d’Israël, jusqu’à minuit, selon des médias en hébreu. L’équipe de la police pénitentiaire est prête au cas où le rabbin arriverait avec un grand nombre de partisans.

Il devrait purger sa peine non loin de l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, qui a commencé lundi une peine de 19 mois à la prison Maasiyahu de Ramle.

Le mois dernier, la haute cour avait rejeté un appel de Pinto, un rabbin ultra-orthodoxe et kabbaliste, pour clémence en raison de son état de santé.

Pinto, qui jouit d’une popularité internationale parmi les célébrités et les hommes d’affaires ainsi que de contacts puissants dans le gouvernement israélien et ailleurs, a donné son dernier discours à ses fidèles lundi, leur disant que personne ne pouvait « briser notre esprit ».

« Nous avons traversé des maladies sérieuses et n’avons pas été effrayé un instant », a-t-il déclaré, selon le quotidien Haaretz. Les voies de Dieu seront leur triomphe réel, a-t-il ajouté.

« Nous étions inquiets qu’il y ait des problèmes, à présent ce sont de bonnes choses, a-t-il déclaré. Vous ne savez pas combien de bonnes choses sortiront de cela. »

En mai, le tribunal de première instance de Tel-Aviv a condamné Pinto à un an de prison et à une amende d’un million shekel après que le rabbin ait plaidé coupable aux chefs d’inculpations qui lui étaient reprochés dans le cadre d’une négociation de plaidoyer.

Pinto a accepté de témoigner contre Menashe Arviv, l’ancien chef de l’unité anti-corruption de la police, qui est soupçonné d’avoir accepté des avantages d’hommes d’affaires associés au rabbin.

Les avocats de Pinto ont expliqué au bureau du procureur qu’ Arviv avait accepté des faveurs illégalement et révélé des informations secrètes en échange. Arviv a été interrogé par la police en septembre. Aucune accusation n’a été portée contre lui pour l’instant.

Le scandale a incité Arviv à prendre des vacances prolongées, puis en février, à démissionner après 36 ans de service dans la police mais il a toujours clamé son innocence.

L’affaire est liée au suicide d’Ephraim Bracha de la police, en juillet. Il s’est suicidé quelques jours après qu’un site d’actualité israélien l’a accusé d’avoir accepté des pots-de-vin de Pinto.

Quelques heures après sa mort, le ministère de la Justice a innocenté Bracha.

Depuis 2011, Pinto, 42 ans, qui dirige plusieurs organisations caritatives et des institutions spécialisées dans l’étude de la Torah dans la ville côtière d’Ashdod et aux États-Unis, a fait l’objet d’un certain nombre d’enquêtes menées par la police israélienne et le FBI.

Le rabbin – dont les partisans comprennent Jay Schottenstein, le président de la marque de vêtements American Eagle Outfitters et le magnat israélien de l’immobilier Jacky Ben-Zaken – était soupçonné d’avoir détourné des fonds d’une organisation, il a supervisé. Selon soupçons du FBI, il a également été la cible d’une tentative de chantage.

En avril 2014, les procureurs fédéraux ont déposé une requête contre le républicain Michael Grimm, un membre du Congrès américain, pour avoir reçu des contributions des partisans de Pinto.

Grimm a reconnu avoir reçu 250 000 dollars à 300 000 dollars des disciples du rabbin.