Le numéro deux de la diplomatie américaine a ramené mardi à un « désaccord tactique » les tensions entre Washington et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, sur l’Iran, mais reconnu qu’elles risquaient de durer jusqu’à la fin du mandat de Barack Obama.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, « le président Obama a passé plus de temps (en contact) avec le Premier ministre Netanyahu qu’avec n’importe quel autre leader dans le monde », a fait valoir le secrétaire d’Etat adjoint, Antony Blinken, en visite en France.

« Il y a des moments d’accord importants et puis des moments de désaccord tactique », a-t-il relativisé dans une interview à la radio française Europe 1.

« C’est un peu dans la nature des choses et j’imagine que ça continuera pendant les deux dernières années de l’administration Obama », a-t-il ajouté.

Interrogé sur l’impact du discours aux allures de défi au président américain que M. Netanyahu doit prononcer mardi devant le Congrès des Etats-Unis, M. Blinken a estimé que « pour la sécurité d’Israël, ça ne change rien ».

Dans ce domaine, « on n’a jamais vu une relation aussi étroite (entre les deux pays) que depuis les six dernières années (…) L’engagement des Etats-Unis pour la sécurité d’Israël ne changera pas ».

« Par contre, ce qui est dommage », c’est que l’intervention du Premier ministre de l’Etat hébreu, « peut avoir un effet corrosif au niveau de la relation politique » entre les deux pays ». « Ca ne crée pas de confiance », a-t-il souligné.

En campagne pour sa réelection en Israël, M. Netanyahu, dont les relations avec Barack Obama sont notoirement exécrables, entend dénoncer au Capitole mardi l’accord sur le nucléaire iranien que Washington veut conclure avec Téhéran à la fin du mois.

Son intervention, à l’invitation du président républicain de la Chambre des représentants John Boehner et dans le dos de l’administration démocrate, a provoqué la colère de la Maison Blanche. M. Obama a du coup exclu de le rencontrer durant son séjour dans la capitale américaine.