Plusieurs soldats israéliens présents sur la scène d’une attaque terroriste au camion bélier à Jérusalem dimanche ont tiré sur le terroriste quelques secondes après le début de l’attaque, a révélé une enquête préliminaire de l’armée israélienne, qui contredit les accusations d’un guide touristique, qui a lui-même ouvert le feu, et a affirmé que les soldats avaient hésité à répondre ou ne l’avaient pas fait du tout.

L’enquête a également montré qu’un groupe de soldats, principalement composé de cadets, qui est vu en train de s’éloigner de la scène, a reçu l’ordre d’un officier de chercher un abri quand les tirs ont commencé. La vidéo de l’attaque, dans laquelle quatre soldats, trois cadets et un lieutenant, ont été tués et 16 autres ont été blessés, montraient les membres du groupe se précipitant pour s’éloigner, ce qui avait déclenché des critiques car ils n’auraient pas répondu à l’attaque.

Précédemment, le directeur de l’école de formation des officiers de l’armée israélienne avait déclaré qu’ « au moins deux » de ses cadets avaient tiré sur le terroriste.

Le colonel Yaniv Alaluf, qui dirige le cours d’officiers, s’est rendu sur les lieux pour mener une enquête préliminaire sur l’attaque et la réponse des soldats.

Attention, images difficiles

Moti Almoz, le porte-parole de l’armée israélienne, a déclaré à la radio publique israélienne qu’il n’y avait aucun signe indiquant que les soldats auraient hésité à tirer par crainte de ce qui a été surnommé « l’effet Elor Azaria », en référence au soldat jugé coupable d’homicide la semaine dernière. Il avait abattu un terroriste palestinien blessé et neutralisé à Hébron en mars dernier. L’attaquant et un complice avaient précédemment poignardé un autre soldat, le blessant légèrement.

Suite à l’attaque, l’armée a diffusé une vidéo de l’un des deux cadets qui ont ouvert le feu contre le terroriste, qui raconte comment il a répondu à l’attaque au camion bélier. Le soldat, qui sert dans une unité de renseignement, parle dos à la caméra et n’est identifié que par son initiale, T., en raison de la nature sensible de son poste.

« D’abord, nous avons pensé que c’était un accident, mais quand le chauffeur ne s’est pas arrêté, nous avons compris que c’était une attaque terroriste », a-t-il déclaré.

« Nous avons couru vers le camion. J’ai mis un chargeur, j’ai armé et j’ai tiré sur l’attaquant », a déclaré T.

Les conclusions préliminaires d’Alaluf montrent que, en plus de T., au moins un autre soldat a ouvert le feu sur l’attaquant « depuis une faible distance », et qu’il est possible que d’autres soldats aient fait la même chose, a déclaré un porte-parole de l’armée.

Un autre cadet a rejeté les accusations selon lesquelles ses camarades auraient eu peur de répondre, écrivant sur un réseau social qu’il « n’y a absolument aucun lien avec Elor Azaria », selon la Deuxième chaîne.

« Personne ne devrait oser comparer un camion fonçant à 100 km/h et un terroriste à terre neutralisé. Personne n’a eu peur de tirer, les gens ont eu peur de se faire renverser par un terroriste […] avec le meurtre dans les yeux », a-t-elle écrit, ajoutant « cessez d’écouter les sources qui ne vérifient pas et publient n’importe quoi. »

La soldate qui a tué le conducteur du camion a elle aussi réfuté les propos des médias, qui affirment que les cadets n’ont pas neutralisé l’attaque efficacement. Elle a déclaré qu’elle n’était pas la seule à avoir tiré sur le terroriste.

« Nous étions prêts [à tirer] mais nous n’étions pas sûr qu’il s’agisse d’une attaque à la voiture bélier », a déclaré la lieutenante Maya Peled à la presse. « J’avais a peine chargé mon arme qu’il faisait marche arrière, et nous avons compris que c’était effectivement une attaque terroriste. J’ai entendu un tir qui a stoppé le camion et j’ai tiré sur le terroriste, juste à côté. De l’autre côté, deux autres cadets sont venus et ont tiré avec moi. Je n’étais pas seule. »