Yoav Hattab est Juif, Tunisien, et vivait en France où il faisait ses études. Mais c’est en Israël, à Jérusalem, qu’il a été inhumé avec les autres victimes.

Comme le rapporte Libération, ce choix profondément personnel, suscite cependant divers commentaires en Tunisie, pays dans lequel, le père de Yoav, Batou Hattab occupe la fonction de Grand Rabbin de Tunis.

Sur une page Facebook, créée en la mémoire de Yoav, certains affichent leur déception : « Ils auraient pu l’enterrer à Tunis, dommage ! C’était justement une façon de justifier et de faire vivre encore une diversité du peuple tunisien », voire même une certaine incompréhension, « un grand malaise avec la récupération de Nétanyahou, » comme l’affirme une journaliste tunisienne.

Selon Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités, le choix d’Israël est éminemment politique : « Il est évident que j’aurais voulu qu’il soit enterré en Tunisie, mais c’est le choix de la famille, il faut le respecter, ne pas remettre en cause son patriotisme. C’est un privilège qui ne se refuse pas et un acte religieux, loin de la politique et des conflits. »

Au sein d’un pays, où demeure encore 4 000 juifs et dont les positions tendant vers une normalisation avec l’État hébreu suscitent certaines critiques, Batou Hattab adopte une position ouvertement fédératrice : « Moi je vais en Tunisie, et je vois qu’en Tunisie nous avons notre respect. Même durant la révolution il n’y avait pas de problèmes, nous sommes respectés par l’Etat, par les gens et par les Arabes aussi, toutes les écoles étaient fermées pendant la révolution et mon école était ouverte, les gens me disaient : ‘juif tu n’as pas peur ?’ Moi je dis, les Tunisiens, les arabes, ils sont gentils, on n’a pas de problèmes avec les Arabes, on a vécu ensemble depuis notre jeunesse, il n’y a pas de problèmes. »