Les Palestiniens et les Israéliens ne sont peut-être pas capables de négocier la paix maintenant, mais ils doivent travailler ensemble pour résoudre les problèmes environnementaux qui les affectent tous, a déclaré l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro.

Parlant au Times of Israel, Shapiro a déclaré que quand il s’agissait de gérer les ressources naturelles – énergie solaire, eau propre, air pur – « il est certainement possible pour Israël et l’Autorité palestinienne de travailler ensemble. Les ressources, après tout, ne respectent pas les frontières. »

Les Etats-Unis ont pour but d’aider dans ce domaine, a déclaré Shapiro. « Nous promouvons des projets qui encouragent les deux parties à travailler ensemble, mais la politique se met parfois en travers du chemin, » a-t-il déclaré, ajoutant qu’il restait optimiste.

Peut-être le chemin vers la paix n’est pas politique mais commercial. Selon l’entrepreneur vert Yossi Abramowitz, les Palestiniens sont impatients de coopérer avec les Israéliens sur les projets d’énergie solaire, bien qu’ils soient entravés par la bureaucratie gouvernementale d’Israël et de l’Autorité palestinienne (AP). L’avantage économique pour les deux parties contribuerait grandement à promouvoir la confiance et la coopération, a-t-il déclaré.

Un médecin palestinien montre les panneaux solaires installés sur les toits de l'hôpital des enfants à Gaza, 24 février 2014 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Un médecin palestinien montre les panneaux solaires installés sur les toits de l’hôpital des enfants à Gaza, 24 février 2014 (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

Shapiro et Abramowitz s’exprimaient jeudi dernier en marge d’un symposium célébrant le projet Gaïa (acronyme anglais pour enquête sur la conscience mondiale et action), un projet de recherche environnementale pour les collégiens et les lycéens. Les participants au programme identifient des problèmes environnementaux dans leur communauté, enquêtent et consultent des experts à ce sujet, proposent et défendent conjointement des solutions basées sur leurs recherches.

Shapiro était un orateur invité à l’évènement, appelant les presque 300 élèves du public à « aider à développer des solutions durables d’une manière mondiale pour tous ceux qui partagent le monde ».

« Des individus comme vous peuvent faire la différence, » a déclaré Shapiro.

Le projet Gaïa a été fondé par Stuart Fleischer en 2008 à l’école internationale américaine Walworth Barbour à Even Yehuda (où a eu lieu l’évènement), avec l’objectif de pousser les élèves juifs, arabes et druzes à travailler ensemble sur des projets traitant des problèmes de changement climatique.

Chaque école choisit un problème spécifique et développe une solution proposée, et tente de la mettre en place dans leur communauté ou ailleurs.

En ce moment, avec 10 écoles en Israël et deux en République tchèque, le groupe se concentre sur des projets comme le développement d’un parc écologique pour préserver les plantes en danger, le nettoyage des plages et le développement de meilleurs moyens pour recycler.

Le symposium a été précédé par un défilé de mode « vert », où tous les vêtements avaient été recyclés.

Un des projets Gaïa (autorisation)

Un des projets Gaïa (autorisation)

Dans son discours aux étudiants, Shapiro a déclaré que les Etats-Unis et « mon chef, le président Barack Obama » ont tenté de réaliser la vision mondiale en promouvant un monde sûr environnementalement. L’idée du président, a-t-il dit, a été de responsabiliser les citoyens individuels, les élèves, les parents et les enseignants afin de trouver des solutions à un problème et prendre la responsabilité de leur mise en place, particulièrement quand il s’agit de protéger l’environnement, dont Shapiro dit qu’il a été un élément central de la politique de l’administration Obama.

Tout comme les Etats-Unis essaient d’être un bon « citoyen du monde », en promouvant des projets pour l’environnement dans le monde entier, « nous essayons d’être un bon citoyen ici en Israël, a déclaré Shapiro. Nous sommes partenaires des Amis de la Terre au Moyen Orient et les groupes locaux israélien, palestinien et jordanien travaillent pour restaurer le Jourdain – après tout, nous partageons la même eau. »

Outre ceci, a ajouté Shapiro, les Etats-Unis travaillent activement avec des compagnies israéliennes high-tech, échangent des informations sur les technologies environnementales qui pourraient améliorer les Etats-Unis, Israël, et le monde entier.

Bien sûr, quand il s’agit du Moyen Orient, on ne peut pas ignorer la politique, et malgré ses meilleurs efforts, la coopération environnementale n’est au sommet de la liste ni d’Israël, ni de l’AP – et, en conséquence, « les politiques vont parfois au travers de la coopération » a déclaré Shapiro.

Des projets ont été commencés et abandonnés – les deux parties accusant l’autre de l’échec du projet à démarrer – mais pendant ce temps, des effluents continuent à s’écouler des implantations et des villages dans plusieurs zones, mettant les deux populations en danger.

Yossef Abramowitz (à droite) avec le président du Rwanda Paul Kagame (à gauche) et Saul Singer lors de la signature d'un accord solaire avec le Rwanda. (Crédit : autorisation Energiya Global)

Yossef Abramowitz (à droite) avec le président du Rwanda Paul Kagame (à gauche) et Saul Singer lors de la signature d’un accord solaire avec le Rwanda. (Crédit : autorisation Energiya Global)

Si les gouvernements ne peuvent pas promouvoir la coopération sur le changement environnemental, peut-être que des groupes privés lucratifs le peuvent, comme la technologie d’énergie solaire que le « roi du soleil » israélien depuis longtemps, Yossi Abramowitz, a promu depuis bien plus de 10 ans.

Abramowitz, directeur d’Energiya Global Capital et entrepreneur solaire en Afrique, a déclaré que la production solaire privée pourrait être un levier de coopération avec les Palestiniens.

« J’ai rencontré des entrepreneurs solaires dans l’AP, où nous avons repéré des sites appropriés pour des fermes solaires pour la production électrique […] et nous sommes très impatients de tirer parti de l’intense soleil moyen-oriental, » a-t-il déclaré. Comme en Israël cependant, la bureaucratie – ou peut-être la politique – entrave le changement vers le solaire.

« J’en appelle au président [de l’AP] Mahmoud Abbas à faire quelque chose pour faire avancer le solaire – la proposition est là sur votre bureau, prenant la poussière. »

Comme Shapiro, Abramowitz est aussi un grand croyant dans le pouvoir des technologies – et de l’entrepreneuriat – pour construire des ponts et améliorer la vie des gens.

« J’ai gardé le silence pendant ces dernières années, mais maintenant je pense qu’il est temps de parler. Le modèle que nous avons développé à Arava pour fournir l’électricité devrait inspirer Israël, nos voisins et le reste du monde. Si nous voulons avoir un futur durable, nous devons aller vers le solaire », en dépit de la politique, a ajouté Abramowitz.