Le traité de paix entre Israël et l’Egypte reste incomplet tant qu’un Etat palestinien n’a pas été créé, a déclaré mercredi l’ambassadeur du Caire en Israël, exhortant Jérusalem à réitérer son engagement en faveur d’une solution à deux Etats et à accepter les termes de l’initiative de paix arabe.

Lors d’un événement à la résidence présidentielle marquant le 40e anniversaire du discours historique du président égyptien Anwar Sadat à la Knesset, Hazem Khairat a aussi appelé Israël à soutenir l’accord de réconciliation entre le Fatah et le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« En l’absence d’une solution juste au problème palestinien, il n’y aura jamais de paix durable et juste », a déclaré Khairat, paraphrasant le discours de Sadat du 20 novembre 1977. « Nous ne pouvons pas tenter de parvenir à une paix partielle et exporter le problème dans son intégralité aux générations futures ».

Dans son discours à la Knesset, qui a ouvert la voie à la signature d’un traité de paix israélo-égyptien des mois plus tard, Sadat a déclaré que même si Israël parvenait à la paix avec tous les états arabes, « en l’absence d’une solution juste au problème palestinien, jamais il n’y aura cette paix durable et juste sur laquelle le monde entier insiste aujourd’hui. »

Le président égyptien Anwar Sadat à la Knesset, le 20 novembre 1977. (Crédit : Ya’akov Sa’ar/GPO archive)

Khairat a salué Sadat comme un visionnaire courageux. Il a consacré des passages considérables de son discours à la nécessité pour Israël de faire la paix avec les Palestiniens.

« Nous devons souligner que les Arabes tendent toujours la main vers la paix, ce qui implique d’élargir et d’approfondir la portée de notre coopération régionale mutuellement bénéfique », a-t-il déclaré lors de l’événement organisé par le président Reuven Rivlin.

Tous les États arabes soutiennent l’initiative de paix arabe, qui « constitue toujours l’effort le plus sérieux et l’exemple le plus approprié de ce à quoi l’approche régionale devrait ressembler », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette initiative, proposée pour la première fois par l’Arabie saoudite en 2002 et désormais approuvée par l’ensemble du monde musulman, tous les États arabes et islamiques établiraient des relations diplomatiques normales avec Israël après qu’il est parvenu à la paix avec les Palestiniens.

« Les Israéliens et les Palestiniens doivent s’engager à parvenir à la paix, et la solution à deux Etats reste la seule voie possible pour répondre aux aspirations des Palestiniens et des Israéliens », a déclaré Khairat.

L’ambassadeur égyptien en Israël Hazem Khairat embrasse le président Reuven Rivlin à la résidence du président à Jérusalem, le 22 novembre 2017 (Mark Neiman)

L’Égypte, « berceau de la civilisation et de l’humanité », est responsable de la paix dans la région, « qui devrait être fondée sur la paix, les mesures de confiance et les garanties de sécurité », a-t-il déclaré.

Khairat a également abordé les pourparlers de réconciliation intra-palestiniens, qui sont actuellement en cours au Caire. La fin de la crise entre le Fatah et le Hamas, qui dure depuis plus de dix ans, permettrait non seulement d’alléger les souffrances des civils à Gaza, mais aussi de préparer la reprise des négociations de paix israélo-palestiniennes. « Votre soutien et celui de la communauté internationale pour nos efforts à cet égard est d’une importance primordiale. »

L’Egypte est résolue à « saisir l’occasion en or » de relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens, a-t-il déclaré, citant l’objectif déclaré de l’administration américaine de parvenir à un accord final sur le statut final.

« Nous croyons fermement que les éléments de succès existent, mais ils ont besoin de plus d’élaboration », a déclaré Khairat.

Les responsables israéliens qui ont pris la parole avant Khairat ont centré leurs remarques sur la signification historique de la visite de Sadat et du traité de paix qui a été signé par la suite, tout en ignorant le processus de paix bloqué avec les Palestiniens.

Le Président Reuven Rivlin parle d’un événement qui marque le 40ème anniversaire du discours d’Anwar Sadat à la Knesset, Jérusalem, 22 novembre 2017 (Mark Neiman)

« Samedi soir, le 19 novembre 1977, l’orchestre de l’armée israélienne a joué l’hymne national égyptien pour la toute première fois. Les médias du monde entier les regardaient bouche bée, alors que les ennemis devenaient amis », se souvient Rivlin.

Quatre décennies plus tard, a-t-il dit, l’Egypte est un « allié extrêmement important » d’Israël. « Notre connexion est plus importante que ce que les mots peuvent dire, et elle ne peut jamais être tenue pour acquise. »

La rencontre entre Netanyahu et le président égyptien Abdel-Fattah el-Sissi le 19 septembre à New York était « historique », a-t-il ajouté. « Une réunion ouverte entre le chef d’une puissance régionale arabe et le Premier ministre d’Israël. Une réunion qui a fait comprendre au monde entier que la connexion entre Israël et l’Egypte est très réelle et authentique, et qu’elle peut continuer à se développer. »

Le directeur général du ministère des Affaires étrangères, Yuval Rotem, a déclaré qu’il n’était qu’un adolescent quand Sadat est arrivé en Israël, mais a ajouté qu’il n’oublierait jamais à quel point la nation entière était excitée.

« La visite stupéfiante du président Anwar Sadat, il y a 40 ans, était un moment décisif. Il est inscrit dans les coeurs et les esprits de tous les Israéliens. Le président Sadat nous a tous inspirés avec optimisme, espoir et foi », a-t-il déclaré.

Rotem a ensuite demandé à l’ambassadeur égyptien de transmettre les « meilleurs vœux » d’Israël à la famille de Sadat, assassinée en 1981. « Veuillez leur dire que le peuple d’Israël n’oubliera jamais la chaleur du président Sadat lors de sa visite en Israël. nous chérirons sa mémoire pour toujours », a-t-il dit.

Quarante ans après l’arrivée de Sadat à Jérusalem, la majorité des pays de la Ligue arabe n’ont pas encore reconnu l’Etat d’Israël, a déploré Rotem, exhortant ces pays à « apprendre de Sadat ».

Israël attend avec impatience le jour où les dirigeants arabes et musulmans suivront les traces de Sadat, viendront à Jérusalem et s’adresseront directement au peuple, a indiqué M. Rotem. « Tout dirigeant qui choisit ce chemin sera accueilli par des bras et des cœurs ouverts en Israël. »