L’envoyé israélien appelle les Suédois à protester contre un film anti-Israël diffusé sur une chaîne publique
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L’envoyé israélien appelle les Suédois à protester contre un film anti-Israël diffusé sur une chaîne publique

Le documentaire, “L’occupation de l’esprit américain”, est raconté par Roger Waters et regroupe des détracteurs de l’Etat juif les plus connus

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le site internet du documentaire "L'occupation de l'esprit américain : la guerre des relations publiques d'Israël aux Etats-Unis". (Crédit : capture d'écran)
Le site internet du documentaire "L'occupation de l'esprit américain : la guerre des relations publiques d'Israël aux Etats-Unis". (Crédit : capture d'écran)

L’ambassadeur d’Israël en Suède a appelé la population suédoise à le rejoindre dans sa protestation contre la chaîne pédagogique publique du pays qui a diffusé un documentaire anti-Israël partial.

Ce mois-ci, Utbildningsradion, la compagnie de radiodiffusion pédagogique suédoise, a diffusé « L’occupation de l’esprit américain : la guerre des relations publiques d’Israël aux Etats-Unis », dans lequel figurent certains des détracteurs de l’Etat juif les plus connus.

Raconté par l’ancien chanteur des Pink Floyd et militant anti-Israël Roger Waters, le film comprend des entretiens avec Amira Hass, Noam Chomsky, Norman Finkelstein, Max Blumenthal, Stephen Walt, Rashid Khalidi, Yousef Munayyer, et d’autres « observateurs du conflit israélo-palestinien », selon son site internet.

Le documentaire d’une heure présente des vidéos d’entretiens que d’importants responsables israéliens ont accordé à des médias américains pendant la guerre de 2014 dans la bande de Gaza, parsemées de commentaires d’ « experts » qui analysent le succès de Jérusalem dans la manipulation de l’opinion publique américaine en faveur d’Israël.

« Ce qui est complètement sorti du cadre [de la couverture américaine du conflit israélo-palestinien], c’est le fait que depuis presque 50 ans, les Palestiniens ont été systématiquement dépossédés de leurs terres et se sont vus nier les droits humains les plus fondamentaux », affirme l’une des personnes interrogées. Une autre affirme que les Israéliens « ont été autorisés à défendre l’indéfendable devant la population américaine par des campagnes de désinformation et de ‘dés-éducation’, par des points de discussion efficaces. »

L'ambassadeur d'Israël en Suède Isaac Bachman (Capture d'écran: YouTube / Israel’s Ambassadors)
L’ambassadeur d’Israël en Suède Isaac Bachman (Capture d’écran: YouTube / Israel’s Ambassadors)

Après la diffusion du film sur Utbildningsradion (il restera disponible sur son site internet jusqu’en mars 2018), l’ambassadeur d’Israël à Stockholm, Isaac Bachman, a écrit une lettre irritée à la directrice de la chaîne, Christel Willers, et à Hanna Stjärne, qui dirige SVT, la compagne de télévision publique suédoise.

« De manière très problématique, nombre d’experts participants [au film] tombent clairement en-dehors du spectre des opinions acceptées et respectables », a écrit Bachman. Il a également déploré l’affirmation du film, selon lequel la dernière présence juive en terre d’Israël remonte à 3 000 ans. Cette affirmation « est manifestement fausse et absurde », a-t-il déclaré, attaquant également l’affirmation selon laquelle les Palestiniens n’ont aucun droit.

« Le documentaire suggère une dominance confortable, achevée par des moyens sournois, du narratif pro-israélien aux Etats-Unis. Rien ne pourrait être plus éloigné de la réalité », a déclaré l’ambassadeur israélien dans sa lettre, datée du 11 novembre.

Au contraire, il est quasiment impossible de parler au nom d’Israël sur les campus britanniques et américains « face aux menaces, violences et intimidations incroyables », a poursuivi Bachman.

Le diffuseur suédois a présenté le film après un avertissement reconnaissant sa tendance partiale, a-t-il écrit, mais s’il y avait tant de réserves sur la justesse du travail, « l’on pourrait se demander pourquoi un film si partial et biaisé a finalement été diffusé. »

Pour le bien de l’équilibre, la chaîne devrait à présent présenter « une perspective opposée, pro-israélienne », a demandé Bachman.

Vendredi, deux semaines après avoir envoyé la lettre, Bachman s’est plaint sur Facebook de la « lettre extrêmement courte » qu’il avait reçue d’un avocat représentant SVT, qui lui a déclaré qu’il pourrait adresser « toute inquiétude possible au bureau des plaintes de la chaîne ». Clairement, a écrit le diplomate, les cadres de la chaîne ne sont pas intéressés par une conversation avec lui sur le sujet.

THE IMBALANCED AND UNPROFESSIONAL TREATMENT OF ISRAEL BY NONE OTHER THAN SWEDISH STATE MEDIA – YET ANOTHER FRESH…

Posted by Isaac Bachman on Friday, 25 November 2016

« Ce n’est pas ainsi que l’on traite la lettre officielle d’un représentant étranger, et encore moins les préoccupations très sérieuses soulevées dans cette lettre », a-t-il écrit.

En anglais, Bachman a poursuivi en affirmant qu’il est « plus acceptable que les contribuables suédois » se plaignent de la diffusion du documentaire controversé.

« Cependant, l’expérience nous dit que ces plaintes officielles n’ont généralement pas de résultat, a-t-il écrit. Etant donné le mauvais traitement répété d’Israël par les médias publics suédois, je ne vois malheureusement aucun autre moyen que d’exhorter la population et les contribuables suédois, qui sont ceux qui financent les activités de SVT et d’Utbildningsradion, à choisir un autre moyen d’exprimer leurs préoccupations très légitimes. »

Ceci est particulièrement urgent puisque « L’occupation de l’esprit américain », un film qu’il a dit être « terrible, incitant [à la haine] », restera disponible pendant un an sur le site internet de la chaîne.

Il a appelé ses abonnés à se plaindre directement à la direction de SVT et d’Utbildningsradion et à ajouter leurs adresses e-mail. « Nous devrions tous protester contre cette honte ! », a-t-il conclu.

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