L’épouse de Jonathan Pollard, un espion israléo-américain emprisonné depuis 30 ans aux Etats-Unis, s’est félicitée mercredi de sa prochaine libération attendue le 20 novembre.

L’annonce de sa libération a également été saluée par des responsables israéliens et fait la Une des quotidiens du pays.

Pollard, un ancien analyste civil du renseignement à la Navy, arrêté en 1985 et condamné deux ans plus tard pour espionnage au profit d’Israël, doit bénéficier d’une libération conditionnelle.

« Jonathan aura purgé sa peine jusqu’au dernier jour, jusqu’à la dernière minute. Je suis soulagée et heureuse que ce calvaire prenne fin », a déclaré Esther Pollard qui a épousé son mari en prison.

« Je compte les jours, les heures, les minutes, les secondes jusqu’à ce que je puisse le prendre dans mes bras et que nous puissions (…) commencer à rebâtir notre vie », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse à Jérusalem.

La libération de Pollard devrait mettre pratiquement fin à une affaire ayant sérieusement altéré les relations entre Washington et Israël, son principal allié au Proche-Orient.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a assuré que la libération conditionnelle de Pollard ne constituait pas une compensation accordée à Israël après l’accord du 14 juillet sur le nucléaire iranien auquel Israël est hostile.

Le ministre de la Sécurité intérieure et des Affaires stratégiques Gilad Erdan, un proche du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu, a critiqué la « cruauté » dont ont fait preuve, selon lui, les autorités américaines envers Jonathan Pollard.

« Il n’y a aucune preuve qu’il ait porté atteinte à la sécurité des Etats-Unis, il aurait dû être libéré depuis des années », a affirmé le ministre à la radio publique.

Esther Pollard n’a pas précisé si son mari avait l’intention de s’installer en Israël dont il a obtenu la nationalité. En vertu de la loi américaine, il ne pourra pas quitter le territoire américain durant une période de cinq ans, à moins que le président des Etats-unis ne l’y autorise.

« Le fait qu’il soit devenu un héros en Israël, notamment dans certains milieux de droite, a été l’un des éléments qui ont repoussé sa libération », a écrit pour sa part l’ancien chef de cabinet de l’ex-Premier ministre Yitzhak Rabin, Eitan Haber, dans le quotidien à grand tirage Yediot Aharonot.