L’administration du président américain Donald Trump a commencé à esquisser une proposition de paix israélo-palestinienne sur la base d’une solution à deux états, ont indiqué des responsables et des analystes cités samedi par le New York Times.

Un haut-conseiller à la Maison Blanche a indiqué que le plan de paix au Moyen-Orient de Trump tentera de s’attaquer également à des questions sensibles telles que le statut de Jérusalem et les implantations de Cisjordanie.

Ce cadre, qui pourrait ne se finaliser « qu’au début de l’année prochaine », n’imposera aucun calendrier aux négociations.

« Nous avons passé beaucoup de temps à écouter et à échanger avec les Israéliens, les Palestiniens et les plus importants leaders régionaux au cours des derniers mois pour aider à réaliser un accord de paix durable », a commenté l’envoyé pour le Moyen-Orient Jason Greenblatt, des propos cités dans le Times.

« Nous n’allons pas mettre en place un calendrier artificiel sur le développement ou la présentation d’idées spécifiques et nous n’imposerons jamais non plus un accord ».

L’envoyé américain au Moyen orient Jason Greenblatt rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en marge du sommet de la Ligue arabe à Amman, le 28 mars 2017 (Crédit : Thair Ghnaim/Wafa)

« Notre objectif est de faciliter, et non de dicter, un accord de paix durable pour améliorer la vie des Israéliens et des Palestiniens ainsi que la sécurité dans la région », a-t-il indiqué.

Parmi les conseillers à la Maison-Blanche investis dans l’élaboration du plan, Jared Kushner, gendre de Trump et son haut-conseiller aux affaires du Moyen-Orient, Dina Powel, conseillère-adjointe à la sécurité nationale, et David Friedman, ambassadeur américain en Israël, a fait savoir le journal.

Cette équipe forte de quatre membres consulterait également des responsables du département d’Etat américain ainsi que le consul général américain à Jérusalem, Donald Blome.

L’article du Times a suggéré que les deux parties devraient s’accorder sur des mesures susceptibles de reconstruire la confiance pour faire avancer le processus. « Pour Israël, cela pourrait inclure une limitation de la construction d’implantations au sein des blocs existants sans s’élargir sur de nouveaux terrains, un engagement renouvelé en faveur de la solution à deux états et le réaménagement d’une petite partie de la Cisjordanie pour donner plus de contrôle aux Palestiniens », a dit le journal.

« Pour les Palestiniens », a-t-il continué, cela « pourrait inclure la reprise d’une pleine coopération sécuritaire avec Israël, l’abandon d’une reconnaissance internationale plus poussée et la fin des salaires versés aux familles de Palestiniens emprisonnés pour des attentats terroristes. Les états arabes, et en particulier l’Arabie saoudite, l’Egypte, les Emirats arabes unis et la Jordanie, pourraient ajouter leurs propres engagements – comme le survol de leurs territoires par les avions commerciaux israéliens, l’octroi de visas pour les hommes d’affaires et des liaisons de télécommunications ».

Mais un responsable de la Maison Blanche cité dans l’article a rejeté ces spécificités, affirmant qu’elles n’étaient que des « spéculations ».

L’administration Trump a fait de la réalisation d’un accord de paix israélo-palestinien une priorité tout en soulignant que les négociations prendraient du temps et en s’abstenant de critiquer fortement les activités d’implantations israéliennes.

Le mois dernier, Kushner a fait une visite secrète en Arabie saoudite, sa quatrième dans la région en moins d’un an, pour évoquer les efforts de paix.

Greenblatt s’est également rendu de nombreuses fois dans la région pour rencontrer des responsables israéliens, palestiniens, égyptiens et jordaniens.

Trump a pris ses distances face au positionnement adopté depuis des décennies par les administrations précédentes en soutien d’une solution à deux états et a fait savoir que ce sera aux parties impliquées de décider de l’issue des négociations.

A la fin du mois dernier, un haut-responsable de la Maison Blanche a longuement défendu les efforts continus de l’administration Trump en faveur de la reprise des négociations entre Israël et les Palestiniens.

« Comme le président Donald J. Trump l’a clairement établi, il est personnellement déterminé à aboutir à un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens qui aiderait à amener une période de prospérité et de paix régionale plus grande. Il y a quelques mois, le président a délégué ses conseillers pour continuer les discussions avec les partenaires régionaux sur le meilleur soutien à apporter aux efforts de paix », a dit le responsable.

Le responsable a souligné que tandis que « les pourparlers régionaux joueront un rôle important », Trump « réaffirme que la paix entre Israéliens et Palestiniens ne pourra être négociée que directement entre les deux parties et que les Etats-Unis continueront à travailler étroitement avec les parties pour progresser vers cet objectif. Aucune convention ne sera imposée aux Israéliens et aux Palestiniens. Nous nous engageons à faciliter un accord qui améliorera les conditions pour les deux parties ».

La Deuxième chaîne israélienne avait fait savoir le 22 octobre que la Maison Blanche pourrait être sur le point de révéler un « accord régional global ».

Mais un haut-responsable de la Maison Blanche a dit plus tard au Times of Israël qu’il n’y a pas « de plan imminent » autre que la discussion.

« Cela vaudrait le coup d’être publié si nous n’étions pas en train de travailler en faveur d’une paix durable », a dit la source. « Nous nous sommes engagés dans un dialogue productif avec toutes les parties concernées sur un accord de paix durable mais nous n’allons pas déterminer un calendrier artificiel sur quoi que ce soit. Nous n’avons aucun plan imminent au-delà de la continuation de nos conversations. Comme nous l’avons toujours dit, notre mission est de faciliter un accord qui fonctionnera pour les Israéliens comme pour les Palestiniens, pas de leur imposer quoi que ce soit ».

Les informations se sont multipliées ces derniers mois sur le fait que l’administration serait en train d’assembler une proposition, demandant aux Israéliens comme aux Palestiniens de s’abstenir de toute initiative unilatérale ou incendiaire susceptible de nuire aux efforts de paix.

Le Secrétaire d’Etat John Kerry donne un discours consacré à la paix au Moyen Orient au Département d’Etat, à Washington, le 28 décembre 2016. (Crédit : Zach Gibson/Getty Images/AFP)

Le processus de paix entre Israël et les Palestiniens est dans l’impasse depuis 2014, après l’effondrement d’une initiative de paix lancée par le secrétaire d’Etat de l’époque, John Kerry, dans un contexte de récriminations mutuelles.

Dans des enregistrements qui ont été rendus publics la semaine dernière, Kerry a fustigé la résistance du gouvernement israélien face à l’établissement d’un état palestinien, une réticence qui, selon lui, aurait nui aux perspectives d’un accord, tout en avertissant Israël que l’Etat juif pourrait devoir affronter un soulèvement palestinien violent à l’avenir si aucun progrès ne survenait dans les négociations de paix.