Lundi, Israël a posé dix questions aux négociateurs qui ont travaillé sous la houlette américaine lors des discussions avec l’Iran qui soulignaient « l’étendue des concessions irresponsables accordées à l’Iran » par l’accord-cadre conclu jeudi dernier. Israël a souligné « à quel point l’accord de principes est dangereux pour Israël, la région et le monde ».

Les questions ont été répertoriées dans un document distribué par le ministre des Affaires stratégiques d’Israël, Yuval Steinitz, un membre du Likud et confident du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le document (voir PDF) a réitéré l’affirmation de Netanyahu : « un meilleur accord » peut et doit être signé.

Il assure que l’accord-cadre conclu à Lausanne, en Suisse, qui a été salué par le président Barack Obama comme étant un accord « historique », « ignore la menace que représente pour Israël le programme nucléaire de l’Iran ».

En revanche, accuse-t-il, « une grande considération » a été donnée à l’Iran, « un ennemi des États-Unis, dont le régime, même pendant les négociations, a continué de mener [des actes] d’agression dans la région et à appeler à la destruction d’Israël ».

Il poursuit en affirmant que « l’accord-cadre ne bloque pas le chemin de l’Iran vers la bombe. En supprimant les sanctions et en levant les principales restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran pendant une dizaine d’années, cet accord ouvre la voie de l’Iran à la bombe ».

Faisant écho aux critiques formulées par Netanyahu depuis que l’accord a été conclu, le document insistait encore sur le fait que « pas une seule installation nucléaire ne sera fermée. L’Iran sera autorisé à poursuivre ses recherches et le développement de ses centrifugeuses avancées, et [la question de] son programme de missiles balistiques intercontinentaux reste sans réponse ».

En dehors de ce qu’il a appelé « les différences importantes de l’interprétation du cadre par les parties – différences qui se reflètent dans les déclarations contradictoires et les « fiches »  publiées par les parties », le document israélien a posé les 10 questions suivantes :

« 1. Pourquoi les sanctions qui ont été mises en place sur des années ont-elles été enlevées immédiatement (comme les Iraniens le prétendent) ? Cela enlèverait le levier principal de la communauté internationale et rendrait le respect iranien moins probable.

2. Étant donné les antécédents de l’Iran de dissimulation de ses activités nucléaires illicites, pourquoi le cadre n’exige-t-il pas explicitement que l’Iran accepte des inspections de toutes ses installations où l’on soupçonne que le développement d’armes nucléaires est en cours ? Pourquoi les inspecteurs ne peuvent-ils pas mener des inspections n’importe où et n’importe quand ?

3. Est-ce que l’Iran sera un jour contraint de dire la vérité sur son activité passé d’armement nucléaire ?

4. Quel sera le sort de la réserve d’uranium enrichi de l’Iran ?

5. Pourquoi l’Iran est-il autorisé à poursuivre la recherche et le développement sur des centrifugeuses beaucoup plus avancées que celles qui sont actuellement en sa possession ?

6. Pourquoi l’accord-cadre ne traite-t-il pas des missiles balistiques intercontinentaux de l’Iran, dont la seule utilité est de transporter des charges nucléaires ?

7. À la suite de violations iraniennes, l’accord-cadre sera-t-il efficace pour rétablir le mécanisme des sanctions ?

8. Quel message l’accord-cadre envoie-t-il aux Etats dans la région et dans le monde quand il fait des concessions de grande envergure à un régime qui pendant des années a défié les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ? Pourquoi n’encouragerait-il pas plutôt la prolifération nucléaire ?

9. L’accord-cadre semble avoir beaucoup en commun avec l’accord nucléaire conclu avec la Corée du Nord. Comment cet accord diffère-t-il du cas nord-coréen ?

10. Pourquoi la levée des restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran dans une dizaine d’années n’est-il pas conditionné à un changement de comportement de l’Iran ?

Selon l’accord-cadre, l’Iran pourrait rester le commanditaire de la terreur dans le monde et voir toutes les restrictions levées. Au lieu de cela, la suppression de ces restrictions devrait être liée à une cessation de l’agression de l’Iran au Moyen-Orient, du terrorisme dans le monde et des menaces d’annihiler Israël. »

Le document se conclut en affirmant que « l’alternative à ce cadre est un meilleur accord, celui qui démantèlera de manière significative l’infrastructure nucléaire de l’Iran, qui mettra un terme à son agression dans la région et à ses activités terroristes à travers le monde, ainsi que la fin de sa volonté de détruire Israël. L’accord-cadre ne bloque pas le chemin de l’Iran vers la bombe. En supprimant les sanctions et en levant les principales restrictions sur le programme nucléaire de l’Iran dans une dizaine d’années, ce cadre ouvre la voie de l’Iran vers la bombe. Le résultat sera une augmentation spectaculaire des risques de prolifération nucléaire et une augmentation des chances d’une guerre terrible ».