Les États-Unis ont longtemps été le plus important allié d’Israël. Il est un partenaire dont le soutien est essentiel à la capacité du petit Israël – démographiquement insignifiant, et qui a seulement une largeur de moins 15km à son point le plus étroit – à survivre dans un Moyen-Orient vicieux.

Israël, pour sa part, est le seul allié démocratique fiable que les États-Unis ont dans cette partie du monde, avec ses 8,3 millions de personnes sur la ligne de front contre les régimes tyranniques et l’expansionnisme de l’extrémisme islamique.

C’est pourquoi toute lumière émanant des fissures de la relation entre les deux pays est profondément inquiétante pour la plupart des Israéliens et de nombreux Américains et est une source d’encouragement pour les ennemis d’Israël.

L’administration Obama a vivement soutenu Israël d’innombrables façons. Elle a fourni un soutien diplomatique ferme – même dans les domaines où elle est en désaccord avec Israël, comme sur l’expansion des implantations. Maintes et maintes fois, les États-Unis ont voté avec Israël et/ou pour protéger Israël aux Nations unies et dans les divers forums de l’ONU, dont certains sont de façon stratégique et obsessionnellement hostiles à Israël.

Sous Obama, les États-Unis se sont assurés qu’Israël conserve son avantage qualitatif militaire ô combien crucial sur les ennemis et ses ennemis potentiels, maintenant son aide militaire même dans les années de grave crise financière.

Les deux pays ont travaillé étroitement pour développer des systèmes d’armes défensives de pointe, et même au moment où la tension politique intérieure américaine et la paralysie étaient à son comble, l’administration s’est montrée désireuse et capable d’assurer un financement supplémentaire d’urgence pour le bouclier contre les roquettes : le Dôme de fer.

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu posent avec le personnel militaire  et une batterie Dôme de fer à l'aéroport Ben Gurion le 20 mars 2013 (Crédit : Avi Ohayon / GPO / Flash90)

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu posent avec le personnel militaire et une batterie Dôme de fer à l’aéroport Ben Gurion le 20 mars 2013 (Crédit : Avi Ohayon / GPO / Flash90)

Les années Obama ont été marquées par la coopération scientifique et sécuritaire. Elles ont été le témoin d’un nombre sans précédent d’allers et venues de hauts responsables politiques, de chefs militaires, d’experts en sécurité des deux côtés, créant des relations de confiance et une action efficace.

Mais la lumière du jour entre les alliés – y compris les différends publiquement réglés sur des questions politiques et centrales – a été l’une des caractéristiques de ces années, presqu’une constante.

Cela provient en partie de la mauvaise relation personnelle qu’entretiennent Obama et le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Mais la majorité de ces cassures provient de leurs différences de fond sur le conflit israélo-palestinien et, en particulier, sur la stratégie appropriée à adopter pour éviter que l’Iran obtienne la bombe.

À certains moments, les liens ont atteint des niveaux lamentablement bas qui devraient faire honte aux deux côtés, avec des responsables américains anonymes traitant Netanyahu de « poule mouillée » par exemple, ou le ministre de la Défense d’Israël, Moshe Yaalon, qui aurait dépeint le secrétaire d’État John Kerry comme un « obsessionnel et messianique » qui se mêle de tout et dont les propositions de sécurité ne valent pas plus que le papier sur lequel elles sont imprimées.

Il y a beaucoup de reproches à faire à Netanyahu qui, manifestement, aurait de loin préféré avoir un partenaire républicain (ou n’importe qui sauf Obama, par ailleurs) à la Maison Blanche ; qui pense clairement que le président n’a pas l’once d’une idée de ce qu’ « est » l’Iran et l’impitoyable Moyen-Orient ; qui a refusé de geler l’expansion des implantations durant les efforts de paix de 2013 menés par Kerry ; et qui a eu recours à des tactiques somme toute assez méprisables – pour lesquelles il s’est ensuite excusé – pour assurer sa réélection le mois dernier.

Mais cela laisse tout de même pas mal de reproches à faire à Obama et à son administration.

Alors qu’Israël célèbre son 67ème anniversaire de l’indépendance, il se trouve menacé par le réarmement du Hamas dans la bande de Gaza.

Dans le sud du Liban, il est confronté au Hezbollah – une armée de terroristes soutenue par l’Iran et qui a 100 000 missiles. Il surveille la spirale de la guerre civile syrienne qui ne cesse de tourbillonner, avec le président Bashar el-Assad qui reste impuni pour avoir utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, et avec l’Iran et le Hezbollah maintenant prêts juste à la frontière du côté syrien du plateau du Golan.

Il voit l’Etat islamique, un groupe terroriste dont personne n’avait entendu parler il y a quelques années, commettre des actes écœurants et barbares en Syrie et en Irak et qui alarme la Jordanie avoisinante. Il tourne son regard vers le Sud, en Égypte, où Abdel Fattah el-Sissi se bat pour marginaliser des groupes terroristes islamistes.

Il surveille sans relâche les progrès militaires de l’Iran, et ne doute pas de la détermination de la République islamique à tricher, charmer et intimider pour obtenir un arsenal d’armes nucléaires.

Une administration américaine différente n’aurait pas pu facilement écraser la totalité ou même une partie de ces menaces. Mais une administration américaine différente aurait probablement été plus efficace pour y faire face, et épaule contre épaule aurait travaillé avec son seul partenaire fiable dans la région.

La cérémonie du Jour du Souvenir au Mur occidental, le 21 avril 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

La cérémonie du Jour du Souvenir au Mur occidental, le 21 avril 2015 (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Israël a réussi à parvenir jusqu’à son 67e anniversaire, mais cela a été une lutte acharnée – et cette lutte montre peu de signes qu’elle deviendra plus facile.

La meilleure relation de travail possible avec l’administration américaine est au cœur de la capacité d’Israël à continuer à fêter les anniversaires d’un Etat juif prospère. La lumière qui apparait entre ces liens, pour le dire brutalement, peut coûter des vies ; c’est tout sauf un hasard si Israël commémore des milliers et des milliers de personnes qui sont tombées au combat pour le défendre un jour avant qu’il ne célèbre chaque anniversaire de son indépendance.

Netanyahu continue à répéter à Obama qu’il y a un meilleur accord à négocier sur l’Iran. Je suis d’accord. Il y a certainement une meilleure façon d’entretenir des relations américano-israéliennes, en particulier si vous pensez qu’Obama lui-même se considère comme un ami d’Israël.

Voici donc, dans l’espoir sincère mais désespéré de voir un changement pour le mieux dans cette relation inutilement difficile pour l’année à venir, et de manière appropriée pour un anniversaire approprié les 67 façons dont le président et sa puissante administration ont, malheureusement, créé des fissures entre les Etats-Unis et Israël.

Soixante-sept façons dont ils se sont eux-mêmes éloignés, ou n’ont pas été d’une grande aide autant qu’ils pouvaient et auraient dû l’être. Pour certaines, Israël porte une part de responsabilité. Certaines sont relativement mineures. Certaines profondément troublantes. Voici soixante-sept éléments inquiétants de séparation.

1. Obama a visité la Turquie et l’Irak en avril 2009, au début de sa présidence, mais pas Israël.

2. Il s’est rendu en Arabie saoudite et l’Egypte, mais pas Israël, en juin 2009 ; lors de ce même voyage a visité le camp de concentration de Buchenwald en Allemagne.

3. Il n’a pas réussi à mettre en évidence les liens historiques entre le peuple juif et la terre d’Israël dans son célèbre discours visant à tendre la main à l’islam à l’université du Caire, le 4 juin 2009.

4. Il s’est rendu en Israël en mars 2013 … a été depuis deux fois en Arabie Saoudite.

Le président américain Barack Obama lors de son discours au Caire le 4 juin 2009 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Le président américain Barack Obama lors de son discours au Caire le 4 juin 2009 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

5. Il a choisi de s’adresser à des étudiants israéliens à l’International Convention Center à Jérusalem lors de ce voyage, plutôt qu’à la Knesset – contrairement à ce qu’il a fait lors de sa visite en Turquie en 2009, lorsqu’il s’est adressé au Parlement et a salué de la « démocratie laïque dynamique » de la Turquie.

6. Il semble volontairement porter un regard aveugle à l’impératif religieux qui se cache derrière l’extrémisme islamique, y compris notamment l’extrémisme islamique de l’Iran, et insiste à faire la sourde oreille aux supplications de ceux – y compris notamment les dirigeants israéliens – qui tentent de lui ouvrir les yeux.

7. Il a horrifié Israël lorsqu’il a initialement soutenu en 2010 les efforts inlassables de l’Egypte pour obtenir un soutien mondial pour un Moyen-Orient exempt d’armes de destruction massive, par lequel Le Caire a longtemps cherché à imposer un contrôle international sur, pour au final, éliminer les capacités nucléaires d’Israël.

8. Le candidat Obama avait déclaré à l’AIPAC en juin 2008 que « Jérusalem restera la capitale d’Israël, et qu’il doit rester indivisible ». Puis il a fait marche arrière en invoquant un « mauvais phrasé ».

Le vice-président Joseph Biden à son arrivée à l'aéroport Ben Gurion, le 8 mars 2010 (Crédit : POOL / Yariv Katz Flash90)

Le vice-président Joseph Biden à son arrivée à l’aéroport Ben Gurion, le 8 mars 2010 (Crédit : POOL / Yariv Katz Flash90)

9. Il avait chargé la secrétaire d’Etat de l’époque Hillary Clinton d’appeler Netanyahu pour le réprimander d’avoir approuvé la tenue d’un comité de planification de nouveaux logements dans le quartier de Ramat Shlomo à Jérusalem, qui se trouve au-delà de la Ligne Verte de 1967, en 2010 pendant la visite du vice-président Joe Biden en Israël.

Netanyahu avait présenté ses excuses pour le timing de sa décision, Biden avait accepté ses excuses mais Clinton a ensuite été envoyée pour rouvrir le différend.

Le contenu de leur conversation téléphonique, y compris l’accusation dévastatrice de la secrétaire d’Etat que ce différend soulevait des questions quant à l’engagement d’Israël dans sa relation avec les États-Unis, a été rapidement divulgué à la presse américaine.

10. Il a fustigé Netanyahu lors d’une interview accordée en mars 2014 à Jeffrey Goldberg de Bloomberg qui devait être publiée précisément au moment où le Premier ministre s’envolait pour le rencontrer.

Il mettait en garde, par rapport au conflit israélo-palestinien, qu’il arrive un moment « où vous ne pouvez plus gérer ça, puis vous commencez à avoir à faire des choix très difficiles : Allez-vous vous résigner à ce qui équivaut à une occupation permanente de la Cisjordanie ?… Allez-vous perpétuer, au cours d’une décennie ou deux décennies, les politiques de plus en plus restrictives en termes de mouvement des Palestiniens ? Allez-vous imposer des restrictions aux Arabes israéliens d’une manière qui va à l’encontre des traditions d’Israël ? ». Des questions, certes, raisonnables, en effet, mais publiées publiquement, dans un entretien qui équivaut à une gifle quand le Premier ministre est en chemin pour se rendre à la Maison Blanche ?

11. Comme c’est le cas si souvent pendant la présidence d’Obama, la critique d’Israël ne s’est pas accompagnée d’une critique publique similaire des politiques palestiniennes – il n’y a eu aucun entretien parallèle prenant à partie Mahmoud Abbas – lorsque le président de l’Autorité palestinienne s’est rendu à la Maison Blanche deux semaines plus tard.

12. L’administration Obama a déclaré en juin 2014 qu’elle serait prête à « travailler avec » le nouveau gouvernement d’union formé par le Fatah et le Hamas, et ce, même si le groupe terroriste du Hamas a clairement affiché qu’il ne s’était pas réformé et qu’il reste attaché à la destruction d’Israël. Le gouvernement « d’unité » a, sans surprise, à peine fonctionné. Des semaines après sa formation, le Shin Bet israélien a révélé un complot du Hamas visant à renverser Abbas et prendre le contrôle de la Cisjordanie.

Une capture d'écran d'une bande dessinée publiée sur la page Facebook du mouvement Fatah représentant trois Juifs tentant de fuir tandis qu'une voiture conduite par des Palestiniens essaie de les écraser en novembre 2014.

Une capture d’écran d’une bande dessinée publiée sur la page Facebook du mouvement Fatah représentant trois Juifs tentant de fuir tandis qu’une voiture conduite par des Palestiniens essaie de les écraser en novembre 2014.

13. L’administration Obama n’a pas réussi à mettre en évidence et à critiquer l’incitation incessante à la violence contre Israël de la faction d’Abbas, le Fatah, y compris notamment par des caricatures publiées par le Fatah sur sa page Facebook l’hiver dernier pour encourager les Palestiniens à mener des attaques à la voiture bélier contre des Israéliens au nom du mont du Temple, à un moment où plusieurs Israéliens ont été tués dans une série de telles attaques.

14. L’administration a également choisi de ne pas faire un enjeu majeur du refus d’Abbas de reconnaître les liens des Juifs au mont du Temple, y compris de son avertissement en novembre dernier que les Palestiniens ne permettront que des extrémistes israéliens « contaminent » le mont, et que permettre la prière juive sur le site serait risquer une guerre religieuse mondiale.

15. En cherchant à relancer les pourparlers de paix en 2013, l’administration a mis la pression sur Israël pour qu’il relâche des dizaines de terroristes palestiniens, les plus impitoyables, y compris ceux qui avaient orchestré des attentats meurtriers. Ces actions pourraient être justifiées au point culminant d’un effort de paix, quand on parvient à une résolution complète et définitive du conflit, mais pas quand une mesure provisoire qui s’est révélée être, sans surprise, une autre tentative infructueuse de faire pression vers un accord.

Le président de l'AP Mahmoud Abbas pose avec les prisonniers libérés le 30 octobre 2013 dans le cadre des négociations de paix israélo-palestinien (Crédit : Issam Rimawi / Flash90)

Le président de l’AP Mahmoud Abbas pose avec les prisonniers libérés le 30 octobre 2013 dans le cadre des négociations de paix israélo-palestinien (Crédit : Issam Rimawi / Flash90)

16. Il a également cherché à faire pression pour qu’Israël libère certains de ses propres citoyens – des Arabes israéliens impliqués dans le terrorisme, dont la libération a été demandée par Abbas – dans le cadre du même effort diplomatique infructueux. La question de ces prisonniers sécuritaires arabes israéliens a été l’un des facteurs à l’origine de l’effondrement du processus mis en place par Kerry au printemps 2004.

17. Cherchant visiblement à faire pression sur Israël pour qu’il se montre plus souple dans les négociations de paix, dans une interview conjointe avec les chaînes de télévision israéliennes et palestiniennes en novembre 2013, Kerry a averti qu’une troisième intifada pourrait éclater si sa diplomatie échouait : « Je veux dire est-ce qu’Israël veut une troisième Intifada ? », s’est-il interrogé.

« Israël dit, ‘Oh, on se sent en sécurité aujourd’hui, nous avons le mur. Nous ne sommes pas dans un conflit quotidien’, a déclaré Kerry. J’ai des nouvelles pour vous. Le statu quo d’aujourd’hui ne sera pas là demain… ». Les voisins d’Israël, a-t-il mis en garde, « commenceront à pousser d’une manière différente ». Kerry n’a pas équilibré ses critiques envers Israël avec des critiques similaires sur l’incitation palestinienne contre Israël ou son entêtement lors des négociations.

18. Trois mois plus tard, Kerry a évoqué les menaces de boycott contre Israël. « Les risques sont très élevés pour Israël », a déclaré le secrétaire lors d’une conférence à Munich en février 2014.

« Les gens parlent de boycott. Cela va s’intensifier en cas d’échec ». Le Département d’Etat a souligné plus tard que Kerry lui-même s’est toujours opposé aux boycotts et avait simplement décrit les actions entreprises par d’autres.

19. Puis, en avril, Kerry a déclaré lors d’une réunion à huis clos avec les dirigeants du monde qu’Israël risquait de devenir « un Etat d’apartheid » s’il ne faisait pas bientôt la paix. Il a indiqué le lendemain qu’il voulait, s’il le pouvait « rembobiner la bande ».

20. « Les responsables de l’administration » – apparemment l’envoyé spécial Martin Indyk – ont placé le blâme principalement sur Israël, dans de vastes conversations avec Yedioth Ahronoth, sur l’échec des négociations de paix israélo-palestiniennes de 2013 à 2014.

L'implantation d'Efrat en Cisjordanie le 17 décembre 2014 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

L’implantation d’Efrat en Cisjordanie le 17 décembre 2014 (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

21. L’administration a mis en garde en octobre 2014 que les derniers projets d’expansions d’implantations d’Israël « attireraient la condamnation de la communauté internationale, distanceraient Israël de ses alliés même les plus proches [et] empoisonneraient l’atmosphère ».

Le problème résidait sur des projets de construction dans le quartier de Givat Hamatos de Jérusalem, entre autres. L’administration Obama a toujours été et s’est publiquement opposée à toutes constructions au-delà des lignes pré-1967, en grande partie évitant les distinctions entre les constructions à l’intérieur de Jérusalem et à l’intérieur des grands blocs d’implantations qu’Israël cherche à maintenir dans le cadre d’un accord permanent, et à l’intérieur des implantations isolées.

22. L’administration Obama n’a fait aucun effort significatif pour lutter contre le terrorisme à la racine – au niveau où les recrues sont endoctrinées.

Empêcher les nouvelles générations et les itérations du terrorisme islamiste exige une réforme de ce que les jeunes musulmans impressionnables apprennent à l’école, de ce qu’ils entendent dans les mosquées, de ce qu’ils regardent et lisent dans les médias.

Les États-Unis devraient être galvanisés par la communauté internationale et devraient en utilisant chaque once de sa propre influence diplomatique et économique marginaliser les éducateurs extrémistes, des chefs spirituels et les médias, et encourager ceux qui enseignent, prêchent et informent avec modération.

23. La position de l’administration était ambivalente, au mieux, au sujet de la chute d’un président des Frères musulmans en Egypte, Mohammad Morsi – dont le mouvement est profondément hostile à Israël et a donné naissance au Hamas – et sur son remplaçant Ahmad el-Fattah Sissi.

Le président égyptien nouvellement élu Abdel Fattah el-Sissi lors de sa prestation de serment, le 7 juin 2014, au Caire. (Crédit : capture d'écran, la télévision égyptienne / AFP)

Le président égyptien nouvellement élu Abdel Fattah el-Sissi lors de sa prestation de serment, le 7 juin 2014, au Caire. (Crédit : capture d’écran, la télévision égyptienne / AFP)

24. Le manque de soutien américain envers el-Sissi – qui a louablement évoqué à plusieurs reprises la nécessité d’une réforme dans la pensée islamique, en avertissant que l’islam est en train de devenir une source de « destruction » et « se fait des ennemis de l’ensemble du monde » – aux risques de pousser le régime égyptien dans les bras de la Russie.

25. Après avoir clamé que l’utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad en Syrie serait franchir la ligne rouge et emporterait « des conséquences énormes », et après que Kerry en août 2013 a prononcé un discours passionné dans lequel il a confirmé cette utilisation et l’a qualifiée d’ « obscénité morale » pour laquelle les responsabilités doivent être prises, Obama a annulé ses projets pour des frappes punitives à la dernière minute.

Au lieu de cela, il a accepté une initiative diplomatique de la Russie pour le démantèlement des armes chimiques de l’arsenal d’Assad – une solution admirable, non-violente si elle s’avère efficace mais inquiétante en termes de message qu’il a envoyé à l’Iran quant à la crédibilité de la notion de ligne rouge américaine et les options militaires.

Le président syrien Bachar al-Assad visite les quartiers de Daraya le 1er août 2013 (Crédit : présidence syrienne / Instagram)

Le président syrien Bachar al-Assad visite les quartiers de Daraya le 1er août 2013 (Crédit : présidence syrienne / Instagram)

26. L’administration a maintes fois divulgué les détails sur des frappes qui seraient israéliennes sur des dépôts d’armes syriennes, des livraisons et des cibles militaires, ce qui a rendu tour à tour perplexe et furieux à Jérusalem.

Deux fois pendant l’été 2013, la CNN, le New York Times et d’autres médias ont cité les responsables de l’administration qui révélaient qu’Israël était derrière ces frappes alors qu’Israël restait silencieux dans l’espoir d’éviter les représailles syriennes. Ces fuites auraient rendu perplexes de nombreux responsables israéliens.

27. En novembre – quand un fonctionnaire de l’administration Obama aurait révélé à CNN que les avions de guerre israéliens ont attaqué une base syrienne à Latakia, et que l’objectif était « des missiles et du matériel connexe » qui devraient être livrés au Hezbollah au Liban – Israël aurait amèrement protesté auprès de la Maison Blanche et s’est plaint que ses fuites mettaient en danger la sécurité nationale des États-Unis.

28. Le Département d’Etat a d’abord refusé de co-parrainer une exposition de l’UNESCO en 2014 qui présentait les 3 000 ans de la relation du peuple juif à la terre d’Israël, citant le « moment sensible dans le processus de paix en cours au Moyen-Orient… après mûre réflexion et l’avis du plus haut niveaux ».

Mise en place par le Centre Simon Wiesenthal, co-organisée avec l’UNESCO, et co-parrainée par Israël, le Canada et le Monténégro, l’exposition a été reportée à la dernière minute en raison de la pression arabe. L’exposition a été renommée (« Israël » a été retiré du titre), et réajustée avant de finalement ouvrir ses portes six mois plus tard, avec le parrainage des États-Unis.

Irina Bokova et le Rabbi Marvin Hier au centre Simon Wiesenthal avec une affiche originale de l'exposition 'Crédit : autorisation du Simon Wiesenthal Center)

Irina Bokova et le Rabbi Marvin Hier au centre Simon Wiesenthal avec une affiche originale de l’exposition ‘Crédit : autorisation du Simon Wiesenthal Center)

29. Obama a omis de fournir un soutien solide aux dissidents dont les manifestations contre le régime iranien ont été brutalement réprimées en 2009 lors des élections présidentielles iraniennes.

Initialement silencieux, le 15 juin 2009, il a déclaré que cela « revenait aux Iraniens de prendre des décisions au sujet de qui les dirigeants iraniens seront », ajoutant que « nous respectons la souveraineté iranienne et nous voulons éviter que les États-Unis deviennent un problème à l’intérieur de l’Iran ». Une semaine plus tard, il a condamné « les menaces, les coups et les emprisonnements de ces derniers jours ».

30. Plus récemment, Obama a choisi de ne pas conditionner son rayonnement diplomatique en Iran en imposant au régime de stopper l’incitation incessante contre Israël, y compris au sujet du plan en 9 points pour détruire Israël que l’ayatollah Khamenei a tweeté.

Une photo publiée par le bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 20 mars 2014, lors d'un discours à la nation à l'occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran. (Crédit : AFP Photo / Cabinet du leader suprême)

Une photo publiée par le bureau du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, le 20 mars 2014, lors d’un discours à la nation à l’occasion de Noruz, le Nouvel An iranien, à Téhéran. (Crédit : AFP Photo / Cabinet du leader suprême)

31. Obama a choisi de ne pas conditionner son rayonnement diplomatique en Iran en imposant au régime de stopper ses concours de caricatures sur l’Holocauste.

32. Ou de les obliger à arrêter d’arborer des bannières « Mort à Israël » lors des défilés militaires.

33. Ou de stopper son orchestration continue des actes de terrorisme international.

34. Ou de stopper ses appels pour armer les Palestiniens en Cisjordanie pour combattre Israël, son soutien aux groupes terroristes à Gaza, son financement et l’armement du Hezbollah au sud du Liban, et sa participation directe de plus en plus évidente à la violence anti-israélienne au Liban et en Syrie.

35. Obama a poursuivi les négociations de Lausanne alors même que l’ayatollah Khamenei appelait à la « Mort de l’Amérique » et repoussait ses appels pour un avenir meilleur.

36. Obama a poursuivi les négociations de Lausanne alors même que le chef de la milice iranienne, le commandant du Basij, Mohammad Reza Naqdi, déclarait que la destruction d’Israël était « non négociable ».

37. D’après les mots utilisés par le ministre des Affaires stratégique d’Israël, Yuval Steinitz, les puissances mondiales dirigées par les Etats-Unis sont inexplicablement passée de « démanteler et neutraliser » les capacités nucléaires de l’Iran à les geler et les inspecter. Pire encore, le « non-accord » à Lausanne, a ajouté Steinitz lors d’une entrevue accordée plus tôt ce mois-ci au Times of israel, ne gèle ni totalement ni n’inspecte pleinement le programme iranien.

38. Une étape majeure dans ce changement de position était la déclaration d’Obama, lors du Forum Saban de décembre 2013 à Washington, qui a affirmé que le régime iranien pourrait être autorisé à avoir un programme nucléaire pacifique avec « une capacité d’enrichissement modeste » en vertu d’un accord permanent.

Benjamin Netanyahu au Congrès le 3 mars 2015

Benjamin Netanyahu au Congrès le 3 mars 2015

39. Il s’est moqué de Netanyahu qui a cherché à organisé un entretien avec lui en mars, deux semaines avant les élections israéliennes, lorsque le Premier ministre s’est adressé au Congrès sur les termes de l’accord émergents avec l’Iran. Accueillant la chancelière allemande, Obama a plaisanté en disant qu’Angela Merkel « n’aurait pas demandé » à organiser une telle rencontre à une date si proche de ses élections.

40. Il a, de manière brusque, rejeté le discours de Netanyahu au Congrès du 3 mars en affirmant qu’il n’avait « rien de nouveau ». (Les Israéliens ont été profondément divisés sur les mérites du voyage du Premier ministre au Congrès, où il a essentiellement fait pression contre le président des États-Unis, et risquait de placer Israël au rang de question partisane dans la politique américaine.

En revanche, ils semblent partager largement les préoccupations de Netanyahu sur l’accord émergent, et sa crainte que l’approche d’Obama tel qu’il est ne contrecarrera pas les ambitions nucléaires de l’Iran. Un sondage réalisé par le Times of Israel, il y a deux mois a révélé que trois Israéliens sur quatre ne font pas confiance à Obama pour empêcher l’Iran d’accéder à la bombe ; la plupart des Israéliens voudraient sans doute que le président prête attention à Netanyahu).

Barack Obama (Crédit : Jim Watson/AFP)

Barack Obama (Crédit : Jim Watson/AFP)

41. Ignorant les suggestions répétées de Netanyahu pour conclure un meilleur accord, Obama a toujours affirmé que Netanyahu n’a pas offert une alternative à l’accord émergent avec l’Iran.

42. Il a salué un accord conclu avec l’Iran à Lausanne qui n’est pas signé, dispose d’aucun texte convenu, et dont les principaux éléments sont contestés par l’Iran.

43. Il n’a pas réussi à s’assurer que les puissances P5 + 1 soient en plein accord sur ce qui a été convenu à Lausanne.

44. Malgré l’insistance post-Lausanne des Etats-Unis que les sanctions sur l’Iran seraient levées par étapes, en conformité avec le respect de l’accord de l’Iran, deux semaines plus tard Obama a ouvert la possibilité de négocier sur la demande de l’Iran sur la levée immédiate des sanctions.

45. Selon les termes de l’accord-cadre de Lausanne, tels que définis par les États-Unis, l’accord permet à l’Iran de conserver plus de 5 000 centrifugeuses à l’usine de Natanz.

46. Il « convertit » mais ne démantèle pas l’installation Fordo.

47. Il « convertit » mais ne démantèle pas le réacteur à eau lourde à Arak.

48. Il autorise la poursuite des recherches en cours sur plus de centrifugeuses avancées.

49. Il ne traite pas des programmes de développement de missiles de l’Iran.

50. Il n’exige pas un rapport complet de l’Iran à l’Agence internationale de l’énergie atomique sur les possibles dimensions militaires de ses activités nucléaires à ce jour.

51. Selon les propres mots d’Obama, il ne prévoit pas d’inspections spontanées des installations militaires iraniennes suspectes, mais plutôt un « mécanisme international » complexe avec lequel l’Iran pourrait chercher à interdire un tel accès.

52. Il semble susceptible de déclencher une course régionale à l’armement nucléaire.

53. Obama a sommairement rejeté l’appel d’Israël que l’Iran soit tenu de le reconnaître dans le cadre de l’accord nucléaire permanente.

54. Il a demandé à son porte-parole de faire un rétropédalage invraisemblable sur sa reconnaissance franche plus tôt ce mois-ci que l’Iran serait en mesure de fabriquer la bombe presque immédiatement lorsque les limitations clés de l’accord émergent feront défauts.

Présentation de la bombe et de la ligne rouge par Netanyahu à l'Assemblée générale de l'ONU le 27 septembre 2012 (Crédit : Avi Ohayun, GPO)

Présentation de la bombe et de la ligne rouge par Netanyahu à l’Assemblée générale de l’ONU le 27 septembre 2012 (Crédit : Avi Ohayun, GPO)

55. Cherchant à faire avancer l’accord avec l’Iran et tentant apparemment de miner son critique le plus éminent : Netanyahu, la Maison Blanche a au début du mois d’avril imité le dessin de la bombe que le Premier ministre a présenté à l’Assemblée générale des Nations unies en 2012 avec une version remaniée, complétée par une ligne rouge.

Là où la bombe du dessin de Netanyahu avait un fil fusible conduisant à une explosion, la version de la Maison Blanche avait le fil du détonateur coupé et l’affirmation sous-titrée que l’accord-cadre « fermait » la voie de l’enrichissement d’uranium de l’Iran pour accéder à la bombe.

Un diagramme publié par la Maison Blanche, similaire à celui utilisé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2012 pour illustrer les dangers d'un Iran nucléaire, souligne les avantages d'un accord nucléaire avec Téhéran, le 8 avril 2015 (Crédit : Autorisation White House website)

Un diagramme publié par la Maison Blanche, similaire à celui utilisé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en 2012 pour illustrer les dangers d’un Iran nucléaire, souligne les avantages d’un accord nucléaire avec Téhéran, le 8 avril 2015 (Crédit : Autorisation White House website)

56. Malgré les craintes israéliennes que les S-300 russes, s’ils sont livrés à l’Iran, compliquerait tout recours à la force contre les installations nucléaires de l’Iran, et que les systèmes de défense antimissile pourrait nuire à la suprématie aérienne d’Israël sur le Liban et sur la Syrie si ces missiles se retrouvaient sur le chemin du Hezbollah et du régime d’Assad, Obama semblait indulgent lorsqu’il a discuté de la décision de Vladimir Poutine de livrer les armes à Téhéran.

Obama a noté le 17 avril que Poutine avait déjà suspendu la vente « à notre demande. Je suis franchement surpris qu’elle ait tenu aussi longtemps, étant donné que des sanctions n’interdisaient pas la vente de ces armes défensives ». Dans le studio de la Dixièmes chaîne israélienne, a indiqué un commentateur, on était « bouche bée ».

57. En défendant l’accord-cadre de Lausanne, Obama a affirmé à tort que Netanyahu ne cherche pas une « résolution pacifique à la question iranienne ».

58. Pendant la guerre de 2014 avec le Hamas, les États-Unis ont retardé la livraison en Israël de missiles air surface de précision Hellfire.

59. Et des obus de chars.

60. Il a également institué des « mesures supplémentaires » dans le processus d’envoi des armes en Israël.

61. Après que Netanyahu a souligné les efforts d’Israël pour atteindre avec une précision extrême les cibles terroristes de Gaza pendant la guerre de l’été 2014, Kerry, ignorant que son micro était en marche, a tourné en dérision l’affirmation israélienne : « C’est une sacrée opération précise, c’est une sacrée opération précise », a répété sarcastiquement Kerry à un conseiller. (En novembre 2011, dans un autre échange par entendu par inadvertance, lors d’un sommet du G-20 à Cannes, le président de l’époque de la France, Nicolas Sarkozy, avait dit à Obama qu’il ne pouvait pas supporter Netanyahu, qu’il a traité de « menteur » et Obama lui a répondu : « Vous en avez marre de lui mais moi je dois traiter avec lui encore plus souvent que vous ».)

John Kerry avec le ministre des Affaires étrangères turques, Ahmet Davutoglu, à gauche, et le ministre des Affaires étrangères qatari, Khalid al-Attiyah à Paris le 26 juilliet 2014 (Crédit : Département d'Etat américain)

John Kerry avec le ministre des Affaires étrangères turques, Ahmet Davutoglu, à gauche, et le ministre des Affaires étrangères qatari, Khalid al-Attiyah à Paris le 26 juilliet 2014 (Crédit : Département d’Etat américain)

62. AU mois de juillet, alors même qu’une proposition de cessez-le-feu égyptienne acceptable pour Israël était sur la table, Kerry s’est lancé dans une mission de concevoir un cessez-le-feu à la guerre entre Israël et Gaza dans des circonstances qui continuent d’être encore débattues entre Israël et les Etats-Unis.

Cela comprenait de tendre la main au Hamas – soutenu par le Qatar et la Turquie, et la transmission d’un texte au cabinet israélien que, bien que le secrétaire ait nié que c’était le cas, a été compris par Jérusalem comme une proposition de cessez-le-feu et une capitulation en faveur Hamas, et a été furieusement rejetée en tant que telle par un vote unanime du cabinet.

63. Après la victoire électorale de Netanyahu du 17 mars 2015, Obama a attendu deux jours avant d’appeler pour le féliciter. L’appel téléphonique aurait été dur en terme de contenu, le président aurait clairement dit qu’il ne croyait pas que Netanyahu était véritablement favorable à une solution à deux Etats et a indiqué que les Etats-Unis ne soutiendrait plus automatiquement Israël à l’Organisation des Nations unies. Obama aurait ensuite déclaré que les Etats-Unis évaluaient ses options pour le processus de paix israélo-palestinien.

64. Il a choisi d’accepter que Netanyahu pensait vraiment ce qu’il disait, le jour précedent les élections, en excluant un Etat palestinien, mais en acceptant pas de croire que Netanyahu pensait ce qu’il disait, deux jours après les élections, lorsqu’il a soutenu « la solution de deux états durables, paisibles ».

Benjamin Netanyahu délivrant un message le jour du scrutin, le 17 mars 2015 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Benjamin Netanyahu délivrant un message le jour du scrutin, le 17 mars 2015 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

65. Il a publiquement mis en garde contre la menace de l’érosion de la démocratie d’Israël, après que Netanyahu s’est plaint que les Arabes arrivaient en masse aux bureaux de vote le jour du scrutin. Il n’a pas mis en évidence de façon similaire les excuses de Netanyahu pour ses remarques.

66. À partir de ce mois, l’administration Obama n’exclut pas d’avancer des résolutions à l’ONU concernant le conflit israélo-palestinien.

67. Obama refuse de rencontrer Netanyahu avant la date butoir du 30 juin pour un accord avec l’Iran, parce qu’il craint qu’une réunion en face-à-face finisse probablement finir avec Netanyahu « faisant part publiquement ses plaintes concernant les politiques du président », selon un article du New York Times publié le 67e Jour de l’Indépendance d’Israël.