Les chefs d’états français et israélien ont commémoré ensemble les victimes de la rafle du Vel d’HIv. C’est la première fois qu’un dirigeant israélien y est présent.

Le 16 juillet et les jours suivants, à la demande des Allemands, plus de 13 000 Juifs – dont 4 115 enfants – sont arrêtés à leur domicile à Paris et en banlieue, par 9 000 fonctionnaires français, dont environ 5 000 policiers sous les ordres de René Bousquet, chef de la police de Vichy.

Cette rafle représente néanmoins à elle seule plus du quart des 42 000 Juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942, dont seuls 811 reviendront chez eux après la fin de la guerre.

« Son cher Bibi » et Emmanuel Macron se sont entretenus pendant plus d’une heure sur la reprise des pourparlers entre les Israéliens et les Palestiniens pour travailler à la mise en place d’une solution à deux états, sur le programme nucléaire iranien, sur l’armement du Hezbollah dans le sud Liban ainsi que la guerre qui sévit en Syrie.

Tous nos articles sur la Rafle du Vel d’Hiv.

Le Times of Israël a suivi pour vous les événements.

Fin du direct

Trois familles juives au 43, rue Vieille du Temple

Les Sebbane, les Polakiewicz et les Zonszajn vivaient dans le 4ème arrondissement de Paris, au coeur d’un quartier juif animé où vivent principalement des immigrants d’Europe de l’Est.

Les instructions données début juillet 42 en prévision de la Rafle du Vel d’Hiv

Interview de Rachel Jedinak, au nom des raflés du Vel d’Hiv

Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l’état français dans la Rafle du Vel d’Hiv

Minute de silence pour les victimes de la rafle du Vel d’Hiv

Le président français salue le président du Crif, Francis Kalifat, l’ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal, le Grand rabbin de France, Haim Korsia et la maire de Paris, Anne Hidalgo.

L’envoyée israélienne, Aliza Bin-Noun, s’est tenue aux côtés du président pour la minute de silence.

Macron remercie Klarsfeld pour « son travail sans relâche »

Le chasseur de nazis Serge Klarsfeld explique le rôle de la France dans la Rafle du Vel d’Hiv.

Le président français Emmanuel Macron remercie Serge Klarsfeld, le chasseur de nazis, pour « son travail sans relâche », qui a pris des dizaines d’années en raison des homonymes, habitant parfois dans le même quartier.

Macron, très à l’écoute et féru d’histoire, pose des questions sur les différentes rafles qui se sont déroulées dans l’Hexagone.

Le président des Fils et Filles des déportés juifs de France explique les différences entre zone libre et zone occupée, engageant ainsi la responsabilité du pouvoir français, sans l’intervention de la police allemande.

Klarsfeld a souligné que la France avait tout de même aidé beaucoup d’enfants.

La France a pu ainsi sauver les trois quarts de sa population juive.

(Depuis la gauche) Joel Mergui, Serge Klarsfeld, Emmanuel Macron et Francis Kalifat, le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d'écran BFMTV)

(Depuis la gauche) Joel Mergui, Serge Klarsfeld, Emmanuel Macron et Francis Kalifat, le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Le Premier ministre israélien est arrivé sous les applaudissements des descendants des raflés

La cérémonie se poursuit avec la deuxième étape après la première partie qui s’est déroulée devant le mur des victimes des raflés des 16 et 17 juillet 1942.

Sara Netanyahu est aux côtés de son époux.

Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu, le 16 juillet 2017 pour les 75 ans de la rafle du Vel d'Hiv (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu, le 16 juillet 2017 pour les 75 ans de la rafle du Vel d’Hiv (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Kaddish et dépôts de gerbe pour les victimes raflées à Paris

Le président français et le Premier ministre israélien déposent une gerbe pour les victimes de la rafle du Vel d’Hiv après avoir écouté le Kaddish.

Une sonnerie aux morts retentit avant une minute de silence et la Marseillaise.

le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Le président de l’Union des Déportés d’Auschwitz rend hommage à Simone Veil

Raphaël Esrail rend hommage à Simone Veil, « notre soeur, récemment décédée.

Il souligne la nécessité des témoignages, pour raconter le « triptyque des nazis ».

Esrail informe sur la création d’un nouveau site créé pour les déportés, « un supplément d’âme » et « sensibiliser les jeunes pour qu’ils soient des remparts contre l’obscurantisme ».

Il appelle à l’aide de la Pologne pour constituer une nouvelle institution à Auschwitz.

Serge Klarsfeld : « L’hommage va bien au-delà des quelque 3 000 justes honorés »

Le chasseur de nazis rappelle le rôle de l’administration préfectorale et policière françaises.

Il déplore un bilan de 40 000 arrestations et de déportations, tout en rappelant le rôle des religieux chrétiens pour protester publiquement contre les lois à l’encontre des juifs pourchassés.

« L’hommage va bien au-delà des quelque 3 000 justes honorés, » souligne t-il, en rappelant que deux Frances s’opposaient, la collaborationniste et celle de Jean Moulin.

Il salue la « lucidité et le courage » de Jacques Chirac et de François Hollande pour avoir reconnu et lutter contre le déni de la responsabilité de l’état.

Serge Klarsfeld (Capture d'écran YouTube)

Serge Klarsfeld (Capture d’écran YouTube)

Francine Christophe, survivante de la Shoah, se confie sur Nicole

La survivante de la Shoah, rescapée de la rafle et déportée à Drancy, raconte le souvenir d’une petite enfant, « Nicole, qui s’est faite arrêtée en allant à l’école. »

« On ne comprendra jamais pourquoi une enfant allant à l’école est un danger, » dit-elle.

« On ne traverse plus le carrefour pour aller à l’école, » dit-elle en évoquant Guy, son « premier amour d’enfant ». « Est-il vrai que vous l’avez tué Guy Sauvage ? » récite-t-elle son poème, émue, mais d’une voix ferme. « Vous l’aviez gazée, 10 ans d’âge, et c’est moi qu’il aimait. »

« Et vous en avez ri, les tous petits que vous avez assassinés, à la face du monde entier. »

« Et c’est à nous de crier, de crier, de crier, de crier, aujourd’hui. Merci de m’avoir laissée crier, » conclut-elle sous les applaudissements.

Rachel Jedinak : ‘la vie ne tient parfois qu’à trois mots’

Sauvée grâce à sa mère, elle rappelle que c’est sa concierge qui l’avait dénoncée, avant d’être aux côtés d’autres juifs parqués au cinéma de la Bellevilloise dans le 20e arrondissement de la capitale.

Elle a compris que les Parisiens n’étaient pas tous d’accord, quand elle voyait des Français faisant un signe de croix, alors que d’autres riaient avec un air « goguenard ».

« Je me suis agrippée fortement à la robe de ma mère ».

Sa mère l’a giflée, « un acte d’amour », compris bien plus tard, explique-t-elle.

« Lorsque je témoigne devant des jeunes, je leur dis ‘la vie ne tient parfois qu’à trois mots, ‘Fichez le camp’. » Une phrase qu’un policier français lui avait dit à sa soeur et elle, les sauvant ainsi.

Rachel Jedinak, au nom des raflés du Vel d’Hiv, le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran)

Rachel Jedinak, au nom des raflés du Vel d’Hiv, le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran)

Pierre-François Veil : « La mémoire va céder le pas à l’Histoire »

Le fils benjamin de Simone Veil, président du Comité français pour Yad Vashem, qui a salué le Premier ministre d’Israël en hébreu, fait la distinction entre les différentes mémoires. Une mémoire d’un « passé qui ne passe pas ».

Une « mémoire retrouvée, celle de la France de Jacques Chirac », qui reconnaissait que la France avait commis l’irréparable, qui avait livré aux bourreaux ses Juifs.

Il appelle à entretenir cette double mémoire, à travers les travaux de Yad Vashem, en remerciant tous les Justes des Nations « au mépris des risques pour leurs vies, ont ouvert leurs portes aux proscrits et restent l’incarnation des droits de l’Homme ».

Un premier groupe de 25 universitaires revient ce matin après avoir participé à un séminaire sur la Shoah, a-t-il annoncé.

Pierre-François Veil (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Pierre-François Veil (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Christophe Cabrol : « Aider son prochain », voilà le message de fraternité transmis par les Justes parmi les Nations

Christophe Cabrol est le petit-fils d’Antoine Tena, Juste parmi les Nations.

Il salue ces « anonymes » qui ont sauvé des Juifs des camps d’extermination en « incarnant l’honneur de la France, ses valeurs de justice et d’héroïsme. »

« Les Tena étaient une vraie famille pour moi, j’allais à l’école, la Libération n’était pas un soulagement pour moi, » confie t-il à propos de la personne juive que sa grand-mère avait sauvée. « Un acte banal, » dira sa grand-mère, « alors qu’il était héroïque, » affrime-t-il.

Il rappelle un récent voyage qui lui a permis de rencontrer l’association « Aloumim » [enfants cachés] et de visiter le mémorial de Yad Vashem, où est inscrit le nom de sa grand-mère, Jeanine Tena.

« Aider son prochain », voilà le message de fraternité transmis par les Justes parmi les Nations, conclut-il.

Christophe Cabrol, petit-fils d’Antoine Tena, Juste parmi les Nations (Crédit : capture d'écran BFMTV)

Christophe Cabrol, petit-fils d’Antoine Tena, Juste parmi les Nations (Crédit : capture d’écran BFMTV)

Chant yiddish entonné : « le loup et l’agneau se côtoieront dans la paix »

« La prophétie dit que le loup et l’agneau se côtoieront dans la paix, emmenés par un petit garçon. La promesse n’a pas été tenue, puisque le petit garçon a péri dans les cendres, » dit une chanteuse en français, dont l’identité n’a pas été indiquée, avant qu’elle entonne avec un orchestre un chant yiddish.

Chant yiddish entonné pour les raflés du Vel d'Hiv, le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Chant yiddish entonné pour les raflés du Vel d’Hiv, le 16 juillet 2017 (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Francis Kalifat : ‘d’Ilan Halimi à Sarah Halimi’, sous de brefs applaudissements

Le président du Crif, Francis Kalifat, commence par honorer la mémoire de Simone Veil, « une femme d’exception ».

Les rafles qui ont touché les Juifs sont avant tout des arrestations massives. « Celle que nous commémorons aujourd’hui a été orchestrée par le régime de Vichy, par la police française, par la brigade spéciale dont tous les hommes étaient des volontaires et ont été confrontés au regard d’un enfant juif, » déclare Kalifat.

Il s’interroge sur les questionnements des victimes. « Autant de pertes pour l’Europe et le monde, dit-il en saluant le travail de Serge Klarsfeld « qui a tant oeuvré. » De même que le comité du Crif en charge du devoir de mémoire et de « la recherche permanente qui nous rassemble ».

Comme Wladimir Jankelevitch le soulignait, « l’extermination des juifs ne fut pas une flambée de violences, elle a été méthodiquement préparée à travers une idéologie qui existe encore aujourd’hui et qui s’appelle l’antisémitisme, le fruit d’une idéologie partagée, exacerbée. »

Kalifat rappelle le chemin qui existe entre le meurtre d’Ilan Halimi et le meurtre de Sarah Halimi en avril dernier.

« Écoutons la vérité sur ce meurtre. » « L’antisémitisme a toujours su se réinventer et prendre des formes nouvelles, celui des religieux, des extrêmes. »

Il remercie les forces de sécurité françaises qui assurent la sécurité de la vie juive en France.

Il fustige les campagnes de boycott à l’encontre d’Israël, en rappelant les dernières résolutions de l’UNESCO, qui ont nié les liens juifs.

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Netanyahu rappelle « la guerre des civilisations »

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a commencé par remercier en français le président français Emmanuel Macron, qui l’a invité à participer au 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv.

L’invitation faite par Emmanuel Macron à Benjamin Netanyahu à participer dimanche à Paris aux commémorations de la rafle du Vel d’Hiv est « un geste très, très fort », a salué le Premier ministre israélien lors de la cérémonie avec le président français.

Cette commémoration « témoigne de l’amitié profonde entre la France et Israël », a dit le chef du gouvernement israélien à la tribune de la cérémonie, organisée à proximité de l’ancien vélodrome où furent raflés des milliers de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. C’est la première fois qu’un chef du gouvernement israélien participe à la commémoration.

« A vous M. le président, à la France, à tout le peuple français, du fond du coeur, je dis merci », a-t-il poursuivi, à la tribune de la cérémonie, organisée à proximité de l’endroit où se tenait le vélodrome où furent raflés des milliers de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.

« Je ne parle pas très bien le français mais ici à Paris aujourd’hui, je tenais à prononcer quelques mots dans votre langue. Le français était aussi la langue de milliers de Juifs à qui nous rendons hommage aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Il a remercié tous les gens qui contribuent au devoir de mémoire, en rappelant que son épouse, Sara, avait perdu toute sa famille lors de la Shoah.

Netanyahu remercie aussi l’ancien président français Jacques Chirac, pour avoir reconnu la responsabilité de l’état français.

Il rappelle l’héroïsme des Français qui ont risqué leur vie pour sauver celles des autres.

« La force d’Israël constitue un rempart contre cette barbarie. Jamais plus nous ne laisserons cela arriver, » déclare Netanyahu sous les applaudissements de l’assistance.

« Nous avons assisté à l’émergence de forces extrémistes, qui veulent détruire toutes les religions, » dit-il en rappelant le discours d’Emmanuel Macron du 14 juillet, qui avait évoqué une « guerre des civilisations, » en soulignant qu’il est « tout à fait d’accord » avec cette analyse.

Le chef du gouvernement israélien rappelle le meurtre « brutal » de Sarah Halimi, défenestré par un voisin musulman en avril dernier.

Benjamin Netanyahu (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Benjamin Netanyahu (Crédit : Capture d’écran BFMTV)

Pour lire le texte complet de l’allocution du Premier ministre israélien, cliquez ici.

– AFP a contribué

Macron : « cher Bibi, merci pour ses mots », rappelle avec force la responsabilité de la France

Le président de la République française a salué la décision de Jacques Chirac de 1995, pour avoir reconnu la responsabilité de la France, avant d’addresser des mots intimes au Premier ministre israélien : « cher Bibi, merci pour ses mots », qui venait de s’exprimer.

« Se taire ce serait pire, ce serait complice, » dit-il sous les applaudissements.

« Je le redis, c’est bien la France qui a organisé la rafle des 13 152 personnes arrachées à leurs domiciles, pour lesquelles je souhaiterais que nous fassions silence, » mais une ambulance résonne aux alentours à ce moment précis.

« Pas un seul Allemand » ne participa à l’organisation de cette rafle, a poursuivi le chef de l’Etat, qui a dit être « ici pour que se perpétue le fil tendu en 1995 par Jacques Chirac », le premier président de la République à reconnaître en 1995 la responsabilité de la France dans les persécutions antisémites et non celle du seul régime de Vichy.

« Je récuse les accommodements et les subtilités de ceux qui prétendent que Vichy ce n’était pas la France, faisant référence aux responsables français, qui ont lors de la campagne présidentielle, remis en cause ce fait. A l’instar de Marine Le Pen et Henri Guaino.

Il rappelle le combat souterrain « pour que rien ne soit oublié » et contre ceux qui font acte de relativisme, et de Gaulle et Mitterrand « qui restèrent mutiques » jusqu’à ce que « les témoins et les survivants parlent, [que] les archives s’ouvrent, [que] les historiens travaillent et que la vérité implacable, irrévocable, soit révélée. »

Il salue ceux « qui osent un examen de conscience, » car « c’est être fort » et « réconcilier son peuple pour que chacun retrouve sa place … et voir avec fierté ceux qui ont dit ‘non’, « cette moisson de héros, » « le ferment de notre fierté nationale. »

Il remercie « solennellement » Serge Klarsfeld qui a patiemment retrouvé les victimes et les enfants déportés, qui sont désormais, les « nôtres, » et qui ont été « humiliés par les cendres. »

Macron : la Justice doit faire la lumière sur le meurtre de Sarah Halimi

Le président français a rappelé lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, les victimes juives de l’attentat contre l’Hyper Casher de Vincennes, Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham.

Les quatre victimes de l'Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

Les quatre victimes de l’Hyper Cacher, de gauche à droite : Yoav Hattab, Yohan Cohen, Francois-Michel Saada, Philippe Braham. (Crédit : autorisation)

Il a aussi récité les noms de celles de l’école juive de Toulouse où Mohammed Merah a tué le rabbin Jonathan Sandler et deux de ses enfants, Gabriel, 3 ans, et Aryeh, 6 ans ainsi qu’une autre petite fille de 8 ans, Myriam Monsonégo en mars 2012 à l’école Ozar HaTorah de la ville.

Reproduction photo of 8-year-old Miriam Monsonego, daughter of school headmaster Rabbi Yaacov Monsonego, who was killed in a shooting attack at the Ozar Hatorah School in Toulouse, France, early Monday morning. (photo credit: Flash90)

Miriam Monsonégo, fille du rabbin Yaacov Monsonégo, tués par Mohamed Merah à l’école juive Ozar Hatorah de Toulouse en mars 2012. (Crédit : Flash90)

Le chef d’état français a appelé, sous de vifs applaudissements, à ce que la justice française fasse toute la lumière sur le meurtre de Sarah Halimi, défenestrée le 3 avril dernier par un voisin musulman.

La justice « doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi », a affirmé Emmanuel Macron dimanche à propos de ce meurtre d’une femme juive commis en avril à Paris par un voisin musulman, pour lequel la qualification antisémite n’a pas été retenue à ce stade.

« Malgré les dénégations du meurtrier, la justice doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi », a dit le chef de l’Etat lors de la cérémonie de commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, sous les applaudissements.

L’absence de qualification antisémite pour ce meurtre a suscité de l’indignation dans la communauté juive.

Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Crédit : autorisation)

Sarah Halimi, défenestrée en avril 2017 à Paris. (Crédit : autorisation)

– AFP a contribué

Le président français rappelle que la voix de Simone Veil ne s’éteindra jamais

Emmanuel Macron appelle à ce que les voix des survivants ne s’éteignent jamais.

Comme celle de Simone Veil pour qui le président français a souhaité, en accord avec la famille l’entrée au Panthéon avec son époux Antoine, d’Elie Wiesel, d’Henry Malberg, qui échappa de peu à la rafle et qui nous a quittés il y a 3 jours.

Il salue la mémoire d’Esther Hillesum.

Simone Veil (Crédit : CC BY 2.0)

Simone Veil (Crédit : CC BY 2.0)

Macron : « ne jamais céder sur l’école et sur le combat de l’ignorance »

Très ému, le président français a rappelé les mots du poète Paul Éluard.

Macron : « nous ne cèderons rien à l’anti-sionisme », qui est la « forme réinventée de l’antisémitisme »

Emmanuel Macron a déclaré dimanche que la France ne « cèderait rien aux messages de haine à l’anti-sionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme », lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, en présence de Benjamin Netanyahu, Premier ministre d’Israël, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Fin de la cérémonie, une conférence de presse conjointe entre Netanyahu et Macron est prévue

Accolade entre Macron et Netanyahu à l’Élysée

Un entretien d’environ une heure à huis-clos va maintenant se dérouler. Puis une déclaration conjointe entre les deux hommes d’état aura lieu.

« Je remercie le président français Emmanuel Macron pour l’accueil chaleureux au Palais de l’Élysée !, » lit-on sur la page francophone du Premier ministre de l’état juif.

La page officielle du Premier ministre d’Israël a mis à jour sa photo de couverture avec Macron

Les deux chefs d’état se réunissent actuellement à l’Élysée avant de donner une déclaration conjointe devant la presse, qui n’aura pas l’opportunité de poser des questions.

L’association EuroPalestine a protesté contre la venue de Netanyahu en France

Selon Al-Jazeera en anglais, la présidente de l’association EuroPalestine, Olivia Zemor, a déclaré à l’agence de presse Associated Press samedi que « déployer le tapis rouge » au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, était « embarrassant ».

« Nous avons appelé à cette manifestation, nous protestons contre l’invitation d’Emmanuel Macron à Netanyahu et à son déploiement du tapis rouge à un criminel, un tortionnaire – la torture d’hommes et d’enfants existe – un voleur de terre, à quelqu’un qui ne respecte pas le droit international et Les droits de l’homme, ce qui est embarrassant « , a indiqué Zemor, toujours dans des propos rapportés par Al-Jazeera en anglais.

Macron viendra bientôt en Israël, adresse ses condoléances pour le meurtre des 2 policiers au mont du Temple

La France condamne systématiquement les actes terroristes, déclare le président français, tout en rappelant la position de la France sur la construction dans les « colonies », qui s’y oppose fermement, lors d’une déclaration commune à l’Elysée avec Benjamin Netanyahu, chef du gouvernement israélien.

Emmanuel Macron a appelé dimanche à une « reprise des négociations » en vue d’une « solution à deux Etats, Israël et Palestine », en rappelant le soutien indéfectible de la France pour la sécurité d’Israël.

« La France se tient prête à appuyer tous les efforts diplomatiques menés dans ce sens », a ajouté le chef de l’Etat, pour qui Israël et la Palestine doivent pouvoir « vivre côte à côte dans des frontières sûres et reconnues, avec Jérusalem comme capitale ».

« Il est important pour cela de s’assurer que les conditions de la négociation et de la paix ne sont pas remises en cause dans les faits et que le droit international est respecté par tous, je pense ici à la poursuite des constructions dans les colonies », a ajouté M. Macron.

« Nous avons échangé sur ce point et j’ai rappelé quelle était la position française et ma position sur ce sujet », a-t-il assuré.

« Je souhaite vraiment que tout puisse être fait pour que les négociations avancent », a-t-il martelé.

Macron a en outre dit « partager les inquiétudes israéliennes sur l’armement du Hezbollah », le mouvement terroriste chiite libanais soutenu par l’Iran et bête noire d’Israël.

« Nous recherchons la stabilité du Liban, » affirme Emmanuel Macron, aux côtés du Premier ministre israélien, avant d’aborder la guerre civile en Syrie, en indiquant la grande convergence des deux pays sur ce sujet.

Emmanuel Macron a assuré dimanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, de sa « vigilance » sur l’accord signé sur le nucléaire iranien, en vue de sa « mise en oeuvre stricte ».

« Le Premier ministre (Netanyahu) m’a également exprimé ses inquiétudes face au régime iranien. Et je l’ai assuré de notre vigilance, en particulier sur la mise en oeuvre stricte sur l’accord sur le nucléaire signé en 2015, dans toutes ses dispositions », a déclaré le chef de l’Etat lors d’une conférence commune à l’Elysée avec M. Netanyahu, disant vouloir « enclencher un dialogue exigeant avec Israël sur le suivi de ce protocole ».

Le président français souhaite le renforcement des relations bilatérales, en revenant sur son voyage en tant que ministre de l’Économie. Une délégation d’entreprises menée par Bruno Lemaire, actuel ministre de l’Économie, arrivera bientôt dans la start-up nation, avant d’annoncer sa venue prochaine, à l’invitation de Netanyahu.

Benjamin Netanyahu et Emmanuel Macron, le 16 juillet 2017, à l'Élysée (Crédit : capture d'écran BFMTV)

Benjamin Netanyahu et Emmanuel Macron, le 16 juillet 2017, à l’Élysée (Crédit : capture d’écran BFMTV)

Emmanuel Macron – Israël, les Juifs de France et le Proche Orient

– AFP a contribué

Netanyahu appelle à un renforcement entre Israël et la France

Le Premier ministre d’Israël, très souriant, a commencé par remercier le président français pour son accueil « chaleureux » en France.

« Cela reflète le fait que la France et Israël sont des alliés, qui font face aux mêmes menaces, » soulignant que la France avait aussi expérimenté le terrorisme lors d’attaques « absolument horribles », ajoutant que « le peuple d’Israël tout entier se tient à vos côtés ».

« Il s’agit d’une véritable lutte de civilisations », en rappelant les propos de Macron prononcés lors de son discours à Nice, pour les victimes de l’attentat au camion-bélier.

« Nous avons passé une matinée absolument bouleversante, […] et j’apprécie votre détermination à combattre le racisme et l’antisémitisme. Votre discours l’a d’ailleurs bien exprimé que l’anti-sionisme est une forme d’antisémitisme. On ne peut pas dire tout simplement ‘je ne suis pas contre les Juifs’, ‘je suis contre le fait que les Juifs ont un état, cet état doit être détruit’. Évidemment, cela doit être contredit. »

« Nous partageons le même désir de voir un Moyen-Orient pacifié. Et les Israéliens et les Palestiniens sont en conflit, mais il y a aussi une possibilité de coopération croissante entre nos deux nations. […] Le terrorisme contre Israël tient au fait que les Palestiniens refusent de reconnaître l’existence d’un état juif, indépendant et quelles que soient les frontières qui devront être déterminées. »

Netanyahu indique que less deux pays ont déjà une coopération dans un pays africain. Il a souhaité leur renforcement avec d’autres pays européens comme l’Allemagne.

Il a rappelé les liens profonds qu’entretient l’état hébreu avec l’Afrique, en rappelant les « énormes opportunités sur le plan technologique.

« C’est avec beaucoup d’admiration que j’observe vos efforts pour introduire des réformes, aussi difficiles soit-elles sur le plan économique en France… Íe pense , et nous le sentons en Israël, que la France a des potentiels énormes sous votre direction. Je dirai la même chose de nos relations qui ont toujours été bonnes et qui ont la possibilité de devenir meilleures et plus fortes encore. »

« J’attends de pouvoir vous rendre cette hospitalité que vous m’avez offerte, quand vous accepterez l’invitation à Jérusalem, » a conclu Netanyahu avant de serrer la main de Macron et d’enlacer le président français.

Texte du discours de Benjamin Netanyahu à la 75e cérémonie d’hommage aux victimes du Vél’ d’Hiv’

Sharansky salue les propos de Macron sur l’anti-sionisme, nouvel antisémitisme

Le président de l’Agence juive, Natan Sharansky, a salué dimanche le discours tenu par le président Emmanuel Macron, où il a dénoncé l’anti-sionisme qui est une « forme réinventée de l’antisémitisme ».

Macron s’exprimait à l’occasion de la cérémonie de commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél’ d’Hiv à Paris, devant le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Quand l’un des plus importants dirigeants d’Europe reconnaît que l’antisémitisme moderne se déguise du voile de l’anti-sionisme, arrachant le masque des antisionistes radicaux, c’est quelque chose de très important », a déclaré Sharansky dans un communiqué.

Il a ajouté que les propos de Macron permettaient de « clarifier encore la nature de l’antisémitisme moderne et de faciliter les efforts pour le combattre. »

Il a poursuivi en appelant tous les dirigeants d’Europe et d’ailleurs à suivre l’exemple « du Royaume-Uni et de l’Autriche en adoptant officiellement la définition de travail de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la commémoration de l’Holocauste. »

Natan Sharansky, président de l'Agence juive pour Israël, avant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 25 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)

Natan Sharansky, président de l’Agence juive pour Israël, avant la réunion hebdomadaire du cabinet dans les bureaux du Premier ministre, à Jérusalem, le 25 juin 2017. (Crédit : Marc Israel Sellem/Pool/Flash90)