Sur qui pensez-vous que l’on pourrait compter pour trouver le ton juste et les bons sentiments lors de la visite d’une famille israélienne qui vient de perdre un enfant à la guerre ou dans un acte de terrorisme ?

Qui aurait la finesse d’aplanir certaines pagailles inattendues lors d’une visite diplomatique de haut rang ?

Qui saurait instinctivement ce qu’il faut dire et ce qu’il faut faire en cas de confrontation, comme c’était le cas à Davos il y a cinq ans, face à un leader régional rival enragé et fulminant ?

Qui pourriez-vous considérer comme un rassembleur affable et astucieux pour représenter symboliquement la nation ?

Le 10 Juin, nos 120 membres du parlement choisiront, lors d’un scrutin secret, un successeur au président Shimon Peres.

En aucun cas, Peres n’était une figure consensuelle quand il est entré en poste il y a sept ans.

Peres s’est avéré être l’homme juste pour les moments décrits plus haut – une figure qui divise mais qui déconcerte ses détracteurs à tel point que même la plupart de ses adversaires politiques les plus bellicistes vont facilement reconnaître la valeur que sa présence à Beit Hanassi [résidence du Président] a apporté à Israël.

Imaginez comment, avec son prédécesseur faisant en ce moment de la prison pour viol, la proposition de dernière minute du Premier ministre Benjamin Netanyahu d’abolir la présidence aurait été reçue si Peres n’avait pas su revitalisé cette position.

Oui, Monsieur le Premier Ministre, nos législateurs auraient demandé en chœur, s’il vous plaît débarrassez-nous de cette présidence turbulente.

Mais ayant honteusement et de manière prévisible ratée sa tentative mal avisée, effort de la dernière heure, d’abandonner un poste auquel Peres, défiant son âge a apporté un nouvel éclat, Netanyahu semble inexplicablement maintenant avoir l’intention d’aggraver ses erreurs.

Il a tout à fait raison de secouer la tête de désespoir quand il regarde la liste des candidats réalistes.

Quel groupe déprimant sont-ils – ils sont soit des politiciens sans intérêt qui ne sont plus dans leur première jeunesse ou n’ont jamais eu de jeunesse. Son choix est compliqué par le fait que l’un d’eux – le favori du Likud Reuven Rivlin – est à la fois un risque international en raison de son opposition à un Etat palestinien et a apparemment insulté sa femme.

Un autre – un compagnon du Likud, Silvan Shalom – a été récemment touché par des allégations non prouvées d’agression sexuelle.

Un troisième – Binyamin Ben-Eliezer du parti travailliste – est un opposant politique acharné. Ce n’est pas étonnant que le Premier ministre serait heureux qu’une plaie visite l’ensemble de leurs maisons.

Mais, bon, il est le Premier ministre, vous vous souvenez ? Élu pour diriger. Qu’est-ce qui empêche Netanyahu de penser en dehors du cadre, ou plus précisément de chercher à l’extérieur de la Knesset.

Sa propre timidité.

Selon le Bureau central des statistiques, la population d’Israël au Jour de l’Indépendance il y a cinq semaines s’élève à 8,18 millions. N’y a-t-il vraiment personne parmi tous les autres Israéliens – les 8 179 880 Israéliens qui ne siègent pas au parlement – qui serait un meilleur président?

Que diriez-vous d’un rabbin ou d’une Rebbetzin [épouse d’un rabbin], un ex-politicien ou un gourou de la technologie, une icône sioniste ou un romancier, un ex- diplomate, un militaire ou le chef des
renseignements ?

Un des anciens juges (Dalia Dorner) et un lauréat du prix Nobel (Dan Shechtman) ont déjà posé leur candidature.

Qui pensez-vous pourrait faire l’affaire ? Et pouvons-nous nous permettre de rejeter ces candidats quand les alternatives « réalistes » sont si désagréables ?

Les analystes politiques avisés suggèrent que les préoccupations de Netanyahu sur Rivlin « présidetn », et sa préférence apparente pour un Shalom président qui lui devrait beaucoup pour le poste, tourneraient autour de la crainte qu’un jour, après une élection générale serrée, il pourrait avoir à compter sur la discrétion du président pour le renouveler en tant que Premier ministre.

Mais les chances d’un tel scénario où un président serait appelé à prendre une décision de front pas très claire, poser un jugement limité sur ​​qui aurait les meilleures chances de former un gouvernement est extrêmement faible. (Les élections de 2009 ne renvoyait pas à une telle situation, il était clair que les 27 sièges du Likud avec à sa tête Netanyahu avait une meilleure chance que les 28 sièges de la dirigeante de Kadima Tzipi Livni de former une coalition, et Peres ne pouvait pas la charger de cette tâche.)

Et l’initiative aventureuse de Netanyahu de recommander un candidat inattendu et nouveau est exactement le genre de geste qui pourrait relancer sa popularité en baisse, montrer, enfin, un esprit de décision qu’il a rarement affiché, et donc en théorie l’aider à s’épargner la nervosité postélectorale qui l’attend.

Donc soyez audacieux, Monsieur le Premier ministre. Vous avez déjà fait clairement part de votre dédain pour le poste et ses candidats qui cherchent à l’avoir.

Donnez-nous un président, dont vous et nous pouvons être fiers, en jetant un regard au-delà des limites de la Knesset.

Demandez-vous, lors de la visite du Pape la semaine prochaine, qui aimeriez-vous voir debout à côté de ces honorables visiteurs étrangers après le 28 Juillet, lorsque le président Peres ne sera plus le résident de Beit Hanassi.